L'oeuvre du temps. Poétique de la discordance narrative
Baroni Raphaël
SEUIL
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EAN :9782020982290
Les essais réunis dans ce volume interrogent aussi bien le temps des oeuvres que le temps à l'oeuvre, c'est-à-dire sa formulation narrative mais également son pouvoir d'érosion et de genèse qui affecte les hommes, les livres qu'ils écrivent ou qu'ils lisent et les genres littéraires qu'ils pratiquent. Si l'on veut explorer l'oeuvre du temps, on ne peut s'en tenir à l'hypothèse que les intrigues se contentent de mettre en ordre l'histoire et de la doter d'un sens, il nous faut à l'inverse définir les fondements d'une poétique de la discordance narrative qui permette de suivre le glissement du sens dans le temps. Cette réflexion sur le temps soulève une question subsidiaire mais non moins essentielle: "D'où vient le récit et où va-t-il? Tenter de répondre à cette question exige de sortir de l'emprisonnement textualiste pour penser la manière dont la narration émerge de la vie et retourne à elle. Il s'agit aussi de marquer la différence qui existe entre les récits qui visent à clarifier le passé, ceux qui veulent en témoigner fidèlement, et ceux enfin qui mettent en scène des histoires inachevées, tournées vers un avenir à vivre ou à lire. Face à la crise que connaissent aujourd'hui les études littéraires et à l'inquiétude que génèrent les usages médiatiques, politiques ou économiques du storytellin, il s'agit de rappeler que la théorie narrative permet de reconnaître dans la littérature le plus fascinant des laboratoires du récit. Si l'homme n'est pas autre chose qu'un faisceau d'histoires, alors l'analyse narratologique des oeuvres littéraires demeure la voie royale pour accéder à son humanité. Biographie de l'auteur Raphaël Baroni est l'auteur de La Tension narrative (Seuil, 2007) et il a co-dirigé Le Savoir des genres (PUR, 2007) et Littérature et sciences sociales (Antipodes, 2006). Il est maître d'enseignement et de recherche à l'université de Lausanne."
Nombre de pages
327
Date de parution
19/02/2009
Poids
347g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020982290
Titre
L'oeuvre du temps. Poétique de la discordance narrative
ISBN
2020982293
Auteur
Baroni Raphaël
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
347
Date de parution
20090219
Nombre de pages
327,00 €
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Suspendus aux lèvres d'un conteur, incapables d'interrompre la lecture d'un roman, captivés par un film haletant, nous faisons tous l'expérience quotidienne de ce plaisir apparemment paradoxal que nous tirons de notre insatisfaction provisoire face à un récit inachevé. Bien qu'une mode esthétique et théorique ait tenté de nous convaincre que ce plaisir était honteux, on peut néanmoins avoir l'intuition que le c'ur vivant de la narrativité réside précisément dans ce n'ud coulant, toujours plus serré à mesure que nous progressons dans l'histoire, qui nous attache à l'intrigue et creuse la temporalité par l'attente impatiente d'un dénouement. Si le récit a quelque chose à voir avec la manière dont nous éprouvons le temps, cette expérience n'apparaît jamais avec autant d'éclat que dans le suspense, la curiosité ou la surprise qui font la force des intrigues fictionnelles. La compréhension des fonctions narratives engage donc non seulement l'analyse littéraire, linguistique et sémiotique, mais aussi l'analyse cognitive et la psychologie des émotions.
Notre culture est entrée il y a près de 50 ans dans l'ère numérique. Transformant ses techniques de production, ses canaux de diffusion et ses modes de consommation, cette évolution a notamment redécoupé les frontières traditionnelles des arts et des médias. Premier ouvrage en français offrant un aussi vaste panorama de la mutation des productions artistiques depuis l'arrivée des technologies numériques, cette introduction à l'étude des cultures numériques est une synthèse qui vise non seulement à retracer l'évolution spécifique de différents médias (littérature, théâtre, bande dessinée, photographie, cinéma, télévision et jeux vidéo), mais aussi à envisager le phénomène de la convergence médiatique. Il s'agit enfin d'offrir un aperçu des principaux paradigmes (transfictionnalité, remédiatisation, interactivité, immersion, effets spéciaux, etc.) liés à l'essor des cultures numériques et de leur impact sur les formes narratives et fictionnelles, l'enseignement et la critique. Chaque chapitre est une porte d'entrée sur une problématique historique ou théorique très générale, tout en permettant un approfondissement ultérieur par le renvoi à une riche bibliographie.
A quoi reconnaître un genre et sous quel angle le décrire ? Aujourd'hui notre intérêt pour ces questions est avant tout d'ordre pragmatique : constamment sollicités, les genres servent à quelque chose et à quelqu'un ; ils définissent un " voir comme ", et constituent une médiation essentielle dans nos pratiques de lecture, de classement, de valorisation ou d'interprétation. La question n'est plus, par exemple, A la recherche du temps perdu est-il un roman policier, une comédie ou un traité de morale ? mais : que fait-on quand on le lit ou quand on le classe comme tel ? Enchevêtrement complexe de connaissances, de reconnaissances, d'appropriations, le regard générique puise à un répertoire de formes et d'idées qu'il nourrit en retour. Ce qui se dessine alors. c'est un savoir des genres, mêlant expérience, affects et cognition : savoir dont disposent les acteurs (compétences, préférences, méconnaissances) et savoir que modélisent les ?uvres, lorsqu'elles élaborent des cadres, des instruments d'intelligibilité ou des programmes de vie à leur tour généralisables, dont les traces se sédimentent en une mémoire générique.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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