Quinze nouvelles de Christiane Baroche qui, avec Les feux du large et Chambres avec vue sur le passé (Goncourt de la nouvelle 1978) s'est imposée dans ce genre difficile. Ici, malgré la diversité des sujets, ce qui reste dans la mémoire, ce sont des portraits de femmes. Souvent l'héroïne est une inconnue rencontrée par hasard et la narratrice, qui a aussi son mystère, mène une sorte d'enquête policière pour savoir ce qui se cache derrière une silhouette entrevue. C'est par exemple Emilie, vieille fille bien convenable de Lodève, qui sera amenée à gérer une "maison" de la rue de Provence. Ou cette femme qui, depuis dix ans, visite des villas dans le Midi, sans jamais les acheter. Ou Mme le Ministre, femme forte qui a probablement exécuté de sa main ses ravisseurs, mais allez donc le prouver. Ou cette jolie Brésilienne qui se tue en auto et prononce un seul mot en mourant : "Saudade" : tristesse. De quoi rêver, imaginer tout un roman. Parfois d'ailleurs la richesse de ces textes en fait des romans en miniature. Telle cette histoire qui se déroule à Chamonix avec Giovanna, possédée par la haine de l'escalade qui a tué son mari. Pour renouer avec la vie, il faudra d'abord qu'elle se réconcilie avec la montagne, avec l'homme aussi.
Nombre de pages
264
Date de parution
16/04/1980
Poids
325g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782070213412
Titre
Pas d'autre intempérie que la solitude
Auteur
Baroche Christiane
Editeur
GALLIMARD
Largeur
141
Poids
325
Date de parution
19800416
Nombre de pages
264,00 €
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Chacune de ces nouvelles est un microcosme atroce ou étrange que l'auteur anime sur le ton qu'on lui connaît : brutal, féroce, impitoyable. La demi-putain de Plier bagages, la femme défigurée du Passé devant soi, les coups de fil obscènes d'une narratrice anonyme dans Méfiez-vous de la vérité..., l'aubergiste meurtrière d'Une robe dans l'armoire, la grande bastide en ruine de L'étoile noire, la voyageuse de l'Orient-Express dans La petite Baronne, l'homme sous la tronçonneuse de La scie, etc. : tous ces textes nous proposent des tableaux saisis hors d'une réalité apparemment banale. Mais le talent noir et l'observation percutante de l'auteur, toujours à l'affût des singularités de la nature humaine, leur apportent le relief de certaines gravures mordues par un acide déchirant.
L'hiver de beauté est un roman-prolongement. Laclos, à la fin des Liaisons dangereuses, lance la Merteuil sur les routes du Nord, où, pense-t-il, ne l'attendent qu'exil, misère et abandon. Mais après le détour presque initiatique de la variole et de la perte d'un oeil, l'indomptable Merteuil reconstruit sa vie à Rotterdam, une vie pleine et entière que nous raconte sa lointaine descendante, défigurée pareillement. Et Queria découvrira, à réinventer la marquise, comment guérir ses propres incertitudes. Roman d'aventures et de réflexion sur la laideur, sur les existences qui s'en accomodent avec force ou l'effacent, L'hiver de beauté oscille du XVIII? au XX? siècle, de la Hollande au Brésil, de la paix à la guerre, et des vides du coeur à l'amour retrouvé.
A la fin d'un matin de deuil, j'ai senti le besoin, triste et joyeux à la fois, d'un ultime hommage aux deux ancêtres qui vivaient encore quand je suis née. Puis des amis aussi ont disparu. Leurs souvenirs se sont transformés en nouvelles, à mi-chemin entre l'humour et les larmes : "... Ce sont amis que vent emporte Et il ventait devant ma porte Les emporta." " Christiane Baroche.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.