La passion d'Isaac relate une souffrance. Point seulement celle du père de la narratrice, s'il avait pu en témoigner lucidement, mais aussi du compagnonnage de sa maladie. La narratrice, Caroline Barbier-Beltz, a trouvé la force de la relater, de l'intérioriser et de la livrer, dans sa radicalité et dans l'humanité qui la tend. Elle écrit, d'emblée, dans la première page de son texte : "Mon père est mort le 19 juin au matin. Ma mère nous attendait, très calme, dans le salon. Durant la crémation, dont nous l'avions écartée, elle s'adressa à son médecin et lui fit une déclaration qu'il nous a rapportée précisément. Cette exactitude ne dut qu'à son expérience professionnelle alertée. - Pierre m'a attendu toute la vie, je ne serai pas en retard. Ma mère mourut le 24 juin à l'hôpital." De cette maladie, portant le nom de celui qui l'a le mieux décrite, Aloïs Alzheimer, Caroline Barbier-Beltz a voulu, et avec pudeur, que nous la partagions, à travers le poème en prose qu'elle dédie au disparu. S'il est vrai que le diagnostic suit généralement la vague d'effroi que ressentent le patient et ses proches, conscients du processus neurodégénératif qui s'ensuivra, la valeur de ce livre tient à sa construction, en somme à la rédemption que l'écriture fait affleurer, à la paix de l'esprit qu'elle induit.
Nombre de pages
148
Date de parution
28/12/2017
Poids
237g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791030901375
Titre
La passion d'Isaac
Auteur
Barbier-Beltz Caroline
Editeur
ORIZONS
Largeur
155
Poids
237
Date de parution
20171228
Nombre de pages
148,00 €
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Le mot Slam dans le titre insiste sur l'oralité, réclame la relation. C'est une langue parlée dans la certitude de l'Autre. Poésie mystique, poésie érotique, c'est l'Amour qui affame, bouleversant les règles du dialogue. La clarté traverse des moments luxuriants ou arides.
Une écriture hardie qui croise érudition, érotisme et humour, le récit ricoche entre profondeurs sombres et lumière irisée. Une femme, d'abandons en renaissance, s'ouvre à la littérature et la vie. Fragments erratiques, son temps comme son corps sont la proie des autres jusqu'au "redémarrage" qui la fait advenir auteure de sa propre existence.
Noisiel, la chocolaterie Menier et sa cité ouvrière, c'est là l'univers du P'tit Claude. Il nous réveille dans l'enfance en un clin d'oeil. Des souvenirs, il en a beaucoup, d'amers, de rebelles, joyeux et tristes. P'tit Claude enfant, bègue, timide et rêveur avec ses difficultés, sa solitude. Les mots d'enfants, entre rire et larmes, sont parfois drôles, durs, violents. Les mots sont aussi silence. Il mélange le réel et l'imaginaire. Nous sommes à la fin des années cinquante. Le père, électricien à la chocolaterie, ne s'est jamais remis de la déportation dans les camps nazis. P'tit Claude, le deuxième des trois enfants ne supporte pas cet adulte autoritaire. Il se replie sur lui-même, ne parvient pas à se défaire de sa timidité. Heureusement il y a Noisiel avec les copains, qu'on appelle ici " les mômes chocolatés ". Mais il y a surtout Marie, la première amoureuse avec laquelle il va découvrir le sel de la vie et un inimaginable secret.
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.