Voici le dernier livre d'une série entreprise sur Paris chez les écrivains français depuis 188(1. II s'agit ici du Paris d'après 1945, vu par des écrivains qui en font le personnage principal, parfois de leur ?uvre entière, parfois d'une de leurs ?uvres majeures. Ils peuvent être connus, comme Aragon, Butor, Simon, Jacques Réda, ou moins connus, comme René Fallet ou André Hardellet. Le Paris de l'époque est travaillé par ses lièvres propres et par celles d'un monde troublé, dans lequel son rôle est désormais sujet à interrogation. Sa figure architecturale et sa population se modifient profondément ; d'où une tendance au désarroi chez des écrivains qui projettent en lui leurs propres anxiétés : Perec et Modiano marqués par la guerre, Aragon, J.-F Vilar, Olivier Rolin par des déceptions politiques, beaucoup de poètes par un mal-être existentiel. Mais il en est très peu (tel Jacques Rouhaud) pour ne pas aimer la ville. Ils sont attachés à cette capitale parcourue et reparcourue, qui inscrit historiquement et sensuellement leur inquiétude et leur recherche du bonheur. Que de lieux pourtant fameux se révèlent insolites, que de petits secrets de la ville prennent de l'importance !... Paris n'a perdu pour ces écrivains ni son charme, ni sa force, fût-elle teintée de nostalgie comme chez Sabatier, ou d'un lyrisme noir comme chez Venaille.
Nombre de pages
378
Date de parution
14/09/2006
Poids
426g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782729115982
Titre
Paris dans la littérature française après 1945
Auteur
Bancquart Marie-Claire
Editeur
DIFFERENCE
Largeur
130
Poids
426
Date de parution
20060914
Nombre de pages
378,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre propose des extraits de romans ou de " proses " qui ont eu du succès et de l'influence durant la période qui va des années 1880 au début du XXe siècle. De Remy de Gourmont au Sâr Péladan, de Jean Lorrain à Marcel Schwob, les écrivains réunis ici partagent tous le besoin d'un " ailleurs ". Le mysticisme du temps en est la manifestation la plus évidente. Mais les " ailleurs " ne sont pas nécessairement à chercher dans l'interprétation ésotérique du monde : ne sont-ils pas aussi bien en nous, dans les innombrables possibilités de notre organisme nerveux et de notre imagination ? Sur des chemins parfois déviants, où la névrose et l'art coexistent souvent, se crée une étonnante littérature du fantastique intérieur. Cette littérature fin-de-siècle joue un rôle de précurseur, lance des recherches et des interrogations, innove dans les techniques romanesques, de la mise en abyme au monologue intérieur. Elle n'est nullement la littérature expirante et passée de mode que l'on imagine parfois, mais au contraire une littérature de sursaut : elle inaugure le siècle nouveau.
Comme l'écrivait Yves Florenne dans Le Monde à la sortie de la première édition de ce livre, en 1980 : " Ils sont tous là, fidèles au rendez-vous : Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans, Francis Poictevin, Jean Lorrain, mais également les frères Concourt avec les frères Rosny, et Gourmont, et Péladan, et Dujardin. Avec, dessus, constructeur d'une cathédrale, Émile Zola. Tous, ils regardent la ville. Tous, ils l'interrogent. Ce que montre Marie-Claire Bancquart, dans cette très fine et décisive approche du phénomène " fin-de-siècle ", c'est à quel point cette période nous concerne. À quel point notre temps est analogue à ce temps-là. Au fond comment le Paris de notre immobilier, défiguré et cependant prometteur, ressemble à ce Paris mutilé par les travaux d'Haussmann et le drame de la Commune. "
Depuis sa publication chez Seghers en 1973, ce texte était devenu inaccessible. Le voici, avec les forts remaniements et la mise à jour qui s'imposaient après trente ans. L'extraordinaire importance de Paris dans la littérature après la guerre de 1914 y est analysée à travers les ?uvres d'Aragon, Breton, Péret, Desnos, Soupault. Chez ces jeunes écrivains français révoltés par la guerre, qui rejoignent le mouvement Dada, puis fondent le surréalisme, le refus de l'ancienne civilisation s'accompagne de la volonté de refaire l'homme, en donnant de lui une définition totale, englobant l'inconscient et le spontané. Le langage, instrument de la révolte, doit être rendu neuf, pur, surprenant... Nulle projection géographique de ces ambitions et de ces espoirs n'était plus propice que Paris, cette ville pleine de mystères séculaires et de dynamisme moderne, complexe à l'image de l'homme. Dans l'explosion euphorique de l'après-guerre, elle était toute prête à accepter les nouveautés d'une révolte dans la psychologie et dans l'écriture, voire même à les susciter.
Chef-d'?uvre inachevé, à classer entre le Manuscrit trouvé à Saragosse et Les 120 Journées de Sodome, Le Grand Romande Ladislav Klima, écrit entre 1907 et 1915 et fort maltraité par l'histoire, a été découvert par le public français en 1991, cinq ans avant sa première édition intégrale en Tchéquie. La réédition que nous proposons aujourd'hui dans le cadre des ?uvres complètes de Klima ajoute au texte, devenu introuvable, un apparat critique qui éclaire tout ensemble les racines philosophico-fantasmatiques, la double naissance, la mort programmée et la résurrection des membra disjecta de cette superbe folie, " non plus ultra d'immoralité, de malfaisance et d'extravagance ", qui remplit une lacune de taille dans la révolution du roman moderne communément associée aux noms plus connus de l'Autriche-Hongrie finissante. " Grand ", dit le titre. " Hénaurme ", comme dirait l'autre. Entre le roman noir, le fantasme nu, la féerie et l'exercice pratique de métaphysique appliquée, entre les enfers et les " surmondes ", l'Italie, l'Inde et les déserts d'Arabie, le romantisme échevelé et un picaresque teinté de scatologie, la fresque férocement irréaliste et gaiement anachronique n'obéit qu'à sa propre démesure, touchant à tout, depuis les réincarnations successives de la Vierge jusqu'à l'aménagement sanitaire de la drôle de machine volante inventée, semble-t-il, par l'empereur Guillaume Ier. Au lecteur de se laisser emporter, à ses risques et périls, par l'irrépressible surenchère de l'imaginaire, dans un mouvement de progression à l'infini, ponctué d'abîmes.
Rabindranath Thakur dit Tagore (1861-1941). Né à Calcutta dans une famille de lettrés opposés au système des castes, Tagore devient célèbre à seize ans en rédigeant une oeuvre qu'il fait passer pour celle d'un poète indien du XVIIe siècle. Il écrit aussi la première nouvelle en langue bengalie. Après des études de droit en Angleterre, il revient au Bengale en 1880. Infatigable voyageur, engagé en faveur de l'indépendance de l'Inde et d'un changement de la condition des femmes, il reçoit en 1913 le prix Nobel de Littérature qui assoit durablement son oeuvre parmi les plus importantes de la littérature mondiale. Ayant touché à tous les genres (poésie, romans, théâtre, musique et même peinture) c'est néanmoins sa poésie qui fit l'admiration de André Gide, Maurice Maeterlinck, Pierre Jean Jouve, Henri Bergson, Thomas Mann, Bernard Shaw et de beaucoup d'autres. La poésie est la première parole. Mythes, épopées, oracles, voix des mystères et des mystiques, puis de l'amour, de l'indignation, de la révolte, de l'espoir ou de l'humour, de la vie quotidienne et de la solitude. Introuvables ou retraduites, classiques ou contemporaines, familières ou méconnues, ce sont ces voix innombrables que la collection Orphée souhaite faire entendre parce que plus que jamais elles sont nôtres.
Un jeune homme a commis un attentat au gaz : 184 morts, 30 blessés, parmi lesquels 70 écoliers, 20 enfants en bas âge dont le plus jeune n'avait pas trois mois. La mère de ce jeune homme est seule en scène. Elle raconte sa grossesse, la petite enfance de son fils, l'adolescence. Qu'a-t-elle fait de mal ? Pourquoi son fils s'est-il laissé embrigader dans cette spirale djihadiste ? Il n'était pas pire qu'un autre. Elle était une mère aimante. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? L'attentat monstrueux qu'il a commis rend même sa douleur irrecevable. Écrivain engagé, Tom Lanoye prend la plume dans les journaux de son pays, milite pour les droits des homosexuels, s'insurge contre les Flamands qui veulent diviser la Belgique et reste abasourdi devant le fait que plus de 3.000 jeunes gens de nationalité belge aient basculé dans l'intégrisme militant et soient partis en Syrie. (Le pourcentage le plus élevé en Europe) Commandée pour commémorer la toute première attaque au gaz de combat menée par les Allemands en 1915 à Tielt, ville de Flandre occidentale, cette pièce a été jouée au Théâtre Malpertuis de Tielt en avril 2015, un siècle plus tard.