Les oeuvres d'Anatole France sont adaptées pour la télévision ; elles entrent dans la « Bibliothèque de la Pléiade » : preuves d'un intérêt renaissant dans tous les publics. Pourquoi un pareil intérêt pour l'écrivain ? C'est que ce merveilleux prosateur, dont les livres sont imprégnés de culture sans tomber dans le pédantisme, reflète toute une époque, dont il a compris et tenté de résoudre les problèmes. Voilà le vrai « scepticisme » : ce don d'examiner lucidement des situations dans lesquelles on va prendre un parti. Et le prendre avec passion. Car, antipanamiste, dreyfusard, ami de Jaurès, défenseur des minorités ethniques, Anatole France s'enflamme dans l'énoncé de ses convictions.A travers son oeuvre, nous retrouvons un grand morceau d'histoire de France, de Louis-Philippe à cet après-guerre de 1914 qui vit se poser des questions devenues bien pressantes pour nous. Il n'en est que plus intéressant de relire ou de découvrir un écrivain qui réfléchit sur les événements avec cette hauteur de pensée dont nous avons plus que jamais besoin. Les choix devant lesquels se trouve notre civilisation lui apparurent déjà comme déchirants.L'homme privé, avec ses contradictions, ses violences et son charme, ne peut être séparé de l'homme public. Du jeune homme pauvre au Prix Nobel partout honoré, du petit garçon qui adorait sa mère à l'amant fou de Mme de Caillavet et au « patriarche de la Béchellerie », on verra vivre ici un Anatole France peu connu : le temps s'est écoulé sur des épisodes que l'on peut maintenant mettre au jour. Cette existence manifeste un appétit de vivre, qui s'inscrit aussi dans l'oeuvre de l'écrivain : voilà de quoi modifier une certaine image convenue d'Anatole France.
Nombre de pages
440
Date de parution
01/04/1994
Poids
624g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782702113240
Titre
Anatole France. Un sceptique passionné
Auteur
Bancquart Marie-Claire
Editeur
CALMANN-LEVY
Largeur
160
Poids
624
Date de parution
19940401
Nombre de pages
440,00 €
Disponibilité
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Ce livre propose des extraits de romans ou de " proses " qui ont eu du succès et de l'influence durant la période qui va des années 1880 au début du XXe siècle. De Remy de Gourmont au Sâr Péladan, de Jean Lorrain à Marcel Schwob, les écrivains réunis ici partagent tous le besoin d'un " ailleurs ". Le mysticisme du temps en est la manifestation la plus évidente. Mais les " ailleurs " ne sont pas nécessairement à chercher dans l'interprétation ésotérique du monde : ne sont-ils pas aussi bien en nous, dans les innombrables possibilités de notre organisme nerveux et de notre imagination ? Sur des chemins parfois déviants, où la névrose et l'art coexistent souvent, se crée une étonnante littérature du fantastique intérieur. Cette littérature fin-de-siècle joue un rôle de précurseur, lance des recherches et des interrogations, innove dans les techniques romanesques, de la mise en abyme au monologue intérieur. Elle n'est nullement la littérature expirante et passée de mode que l'on imagine parfois, mais au contraire une littérature de sursaut : elle inaugure le siècle nouveau.
Gourmande, la fin du XIXe siècle français l'a été sans complexe d'hygiène ou d'esthétique. Les ouvrages de l'époque destinés aux maîtresses de maison de toutes conditions montrent qu'on mange alors beaucoup, et autrement que nous, pourvu toutefois qu'on ait quelque argent. Les différences entre les classes sont très marquées. Les manières de table ont aussi une grande importance. Une " morale alimentaire " s'épanouit donc : elle est personnelle, sociale, politique et religieuse. Les écrivains étaient bien entendu concernés par tout ce qui touche à cette " gourmandise " régnante : à travers la nourriture, ils pouvaient marquer fortement leurs interrogations sur les rapports avec le corps, la femme, la société, la religion. Par ce moyen privilégié, Vallès dit son Opposition à toute discipline. Jules Renard vomit les mets comme une mort. Laforgue exprime son obsession régressive, Apollinaire sa joie de vivre, mais aussi sa hantise de l'imposture. Daudet montre son ambiguïté devant son Midi natal, Dujardin l'aboulie contemporaine. C'est Maupassant et Huysmans qui offrent la plus riche palette de thèmes et de genres : le premier dit l'aliment comme délice gourmand et érotique, mais retourne sa célébration en critique sociale, en fantastique, sadisme, promesse de mort ; le second va du réalisme aux raffinements, au satanisme, puis à l'exaltation de l'hostie.
Comprendre le sens et l'évolution de la poésie en France, depuis la fin de la Première Guerre mondiale jusqu'à nos jours, n'est pas aussi difficile qu'on le croit d'ordinaire, en évoquant la rupture avec les anciennes conventions prosodiques et rythmiques et la disparition des « genres ». À travers la richesse des expressions poétiques, la multiplicité des écoles et surtout des individualités, n'en apparaissent pas moins quelques interrogations essentielles. Donner la première place à l'inconscient, ou faire de la poésie une fête de l'intellect ? Écrire une poésie politique, ou une poésie plus dégagée des problèmes immédiats ? Quelle place accorder au corps, à la vision du quotidien ... La réponse à ces interrogations diffère suivant l'évolution de l'histoire, car les poètes sont pleinement de leur temps. Mais elle est très étroitement liée aussi au problème du langage, inséparable de la poésie. Que peuvent les mots ? Cette question traverse les soixante-dix années de création retracées ici, et elle se pose parfois avec tant d'acuité qu'elle prend la première place, mettant en cause l'exercice même de la poésie. Des surréalistes aux contemporains, en passant par Michaux, Saint-John Perse, Char, Frénaud et tant d'autres : c'est une époque de tourments et de somptuosités poétiques, qui nous intéressent particulièrement parce qu'ils conduisent chacun à examiner le sens de sa propre vie.
Peut-on encore être européen ? Trop de scandales, comme l’embauche de José Manuel Durão Barroso, l’ancien président de la Commission, par la banque d’affaires Goldman Sachs. Trop de compromissions, comme l’élection de Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen, lui qui a transformé son pays, le Luxembourg, en paradis fiscal. Trop d’échecs, de l’économie au contrôle des frontières extérieures en passant par le social ou la défense. Trop de libéralisme débridé. Et trop peu de démocratie.Il est facile de dresser un acte d’accusation implacable contre l’Union en dissimulant la responsabilité des gouvernements nationaux dans ces dérives. Les salauds de l’Europe, ce sont à la fois les États, les maîtres de l’Union, qui ont trahi le rêve des pères fondateurs, et les démagogues qui essayent de faire croire qu’un retour vers le passé résoudrait tous les problèmes. Il est temps de redire ce que l’Union nous a apporté à l’heure où elle n’a jamais paru aussi fragile, menacée de l’extérieur par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump, et de l’intérieur par le Brexit et la montée des partis extrémistes.Dans ce livre percutant, l’un des meilleurs spécialistes de l’Europe reprend un à un les arguments de ses opposants en démêlant le vrai du faux et rappelle que la construction communautaire, aussi perfectible soit-elle, reste la dernière utopie pacifiste d’une planète au bord de l’abîme.
Arendt Hannah ; Fradier Georges ; Ricoeur Paul ; A
Comment l'humanité, qui était au sommet du progrès technique, a-t-elle pu se laisser happer par la barbarie totalitaire et finir par y sombrer ? Telle est la question de Condition de l'homme moderne. Cette faillite est la conséquence de l'oubli par l'homme moderne d'un monde de valeurs partagées et discutées en commun avec autrui, dès lors qu'il n'a plus envisagé les choses qu'au travers du prisme de leur utilité pour son bonheur privé. Indifférent aux autres, l'homme moderne ne forme plus avec eux qu'une foule d'individus sans lien véritable et sans défense contre la voracité des dictateurs et des leaders providentiels. Seule une " revalorisation de l'action ", nous dit Arendt, cette intervention consciente avec et en direction d'autrui, permettra à l'homme moderne d'échapper aux dangers qui pèsent toujours sur sa condition.
Quand le crime conspire contre l'innocence à Rouen au temps de Corneille. Rouen, 1632. Simon del Prado, jeune maître confiseur, est choisi par les édiles de la ville pour composer la création sucrée qui sera offerte au roi Louis XIII à l'occasion de sa visite prochaine en Normandie. Cette consécration ne manque pas d'exciter la jalousie d'Adrien de Mèchefeux, négociant influent, qui voit d'un mauvais oeil l'amitié que porte à Simon le premier échevin, dont il convoite la fille, Adeline. Simon n'a pas le temps de fêter son succès qu'il découvre que la cargaison de sucre en provenance du Nouveau Monde sur laquelle il comptait a été mystérieusement saccagée à son arrivée au port. Pour pouvoir exécuter sa commande, il lui faut s'approvisionner chez son ancien maître d'apprentissage, Salvador, un juif converti ayant fui les persécutions en Espagne, et qu'une cabale a relégué loin de Rouen. Démarche funeste, car elle va précipiter Simon, lui-même un converso, dans les griffes de l'Inquisition...
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