Fin des années 1950, c'est le jour de la rentrée dans la faculté de médecine de Santiago, au Chili. Le président livre un discours inaugural dans lequel il annonce aux jeunes étudiants qu'ils font désormais partie de l'élite de la nation et les alerte sur la responsabilité qui en découle. Il insiste sur ce point en s'adressant directement aux deux seules femmes qui se sont assises cette année-là sur les bancs de l'université. Elles devront faire leurs preuves dans un milieu quasi exclusivement masculin. Aurora, l'une des deux, s'inquiète plus des préjugés des hommes que de ses capacités : brillante et rigoureuse, elle est arrivée troisième au concours d'entrée. Heureusement, une fois l'année commencée, elle sera vite remarquée par ses camarades, qui la nommeront cheffe de groupe en cours d'anatomie. Mais alors qu'elle dissèque le coeur des cadavres qui sont mis à la disposition des étudiants, le sien se met à battre pour l'assistant du professeur. Dans un monde d'hommes où une femme doit se montrer dure pour être respectée, Aurora laissera-t-elle entrer l'amour dans sa vie ...Notes Biographiques : Antonia Bañados est née en 1990 à Santiago, au Chili. Elle y a étudié l'art, avant de suivre un master en art contemporain à Édimbourg. Elle a progressivement inclus plus d'éléments narratifs dans son travail jusqu'à la fin de l'année 2017 où elle a commencé à faire directement des bandes dessinées. Elle a obtenu le fonds national du livre (Chili) pour réaliser le roman graphique Al Otro Lado del Vidrio qui a été publié en 2021 au Chili. Son travail d'artiste visuelle a été exposé au Chili, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et au Portugal, entre autres. Anatomie d'un coeur est sa première bande dessinée publiée aux éditions Sarbacane.
Petit garçon espiègle et plein d'imagination, Daniel grandit dans la pension de famille que tient sa mère, Madeleine, au coeur de Lima. Femme libre des années soixante-dix, mère célibataire, elle multiplie les boulots et les aventures. Daniel reste souvent tout seul. Jusqu'à l'arrivée de Vicente. Son grand cousin. Beau, charismatique, solaire. Vicente prend le petit garçon sous son aile, et devient son meilleur ami. Le centre de sa vie. Pour Daniel, c'est un tourbillon de bonheur. Il ne sait pas encore que son enfance est sur le point de basculer brutalement...
Un vendredi soir comme un autre au Dakota, la boîte de nuit à la mode du moment. Les jeunes, venus des quatre coins de la campagne environnante, se retrouvent, boivent, dansent, s'éclatent. Parmi eux : Poussin, Griez et Sko, trois amis qui ont grandi dans le même village et habitent la même rue ; aussi différents que potes à la vie à la mort. Quand, sur une départementale connue par coeur, l'accident arrive, il enlève avec lui, en un fracas de tôle, jeunesse et amour naissant. Restent alors les vivants.
Otto, né avec le blason des garçons - deux petites noix - est gentil, doux et intelligent. Cela réjouit son père, mais pas sa mère. Car dans sa famille à elle, on a toujours été des gros costauds redoutables, pour briser les os bien comme il faut. Or, non seulement le garçon est plutôt gringalet, mais il trouve sa cotte de maille hideuse. En cachette, il enfile les jupons de sa cousine (ah, le taffetas et la crinoline !) et s'adonne à la haute couture. Quand la guerre avec le royaume voisin est déclarée, un duel est organisé : Otto doit affronter le fils du roi, Baldur. Un gros costaud redoutable bien comme il faut... Mais Otto a un plan.Notes Biographiques : Émilie Chazerand a publié plusieurs albums notamment aux éditions Sarbacane. Côté romans elle connait un succès public avec La Fourmi rouge, Falalalala, et Annie au milieu dans la collection EXPRIM' et dans la collection Pépix avec Le génie de la lampe de poche ou encore La Société des Pépés à Adopter. Stéphane Kiehl a fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Nancy et illustré de nombreux albums dont La vie en design (Pépite art & documentaire du Salon du Livre de Montreuil), la série Chauve-souris et Copains pour les tout-petits ou encore Mot à mot, un point c'est tout. Sa série Mon amie Carla chez Grasset a été remarquée en 2020.
C'est l'histoire d'un vieux monsieur cloué au lit par la maladie. Mais ce n'est pas n'importe qui : c'est Matisse, le grand peintre de la couleur. Tout ce blanc autour de lui, quelle tristesse ! Il tente d'abord de peindre ses draps - trop mous ! Puis les murs de sa chambre d'hôpital, avec une canne à pêche. Trop lourd ! Trop loin ! Alors il a une idée de génie : il remplace son pinceau par des ciseaux et découpe des formes dans du papier coloré à la gouache. Il indique à son assistante comment les épingler au mur... Il vient d'inventer la technique du papier découpé. Les murs de sa chambre sont la toile de son tableau. Et il est heureux : il sculpte la couleur ! Comme il l'a toujours cherché ! Dans son fauteuil roulant d'escargot, monsieur Matisse se promène dans le jardin qu'il a créé, entre une perruche et une sirène, née d'un courant d'air malicieux...
Le soleil tape fort, la pente s'élève. Deux vautours tournent dans le ciel en silence. Un jeune homme, souple et beau comme on l'est à trente ans, suit sans forcer un vieux montagnard. Il sourit. Enrôlé dans une guerre fratricide, il a rejoint un groupe de partisans républicains pour dynamiter un pont et favoriser une attaque de grande ampleur contre les troupes fascistes. Il a soixante-douze heures devant lui. Ses chances de réussir sont minces, il le sait et n'en a cure.
Mathis est en terminale et est complètement perdu : une mère presque absente, un beau-père qui le pousse sans cesse au conflit, une fin d'année difficile entre réussir son bac et entrer dans cette école d'animation qui lui importe tant. Et au-delà de tout ça, un père porté disparu depuis des mois... Un jour, poussé par ses amis, il fait le pari de "pécho" Léa, dont il est secrètement amoureux. Car oui, Mathis aspire à une forme de virilité au point d'en oublier que Léa n'est pas un objet à posséder. Le retour de flamme est violent et les maladresses s'enchaînent. Que faire ? Qui devenir ? Léa va-t-elle lui pardonner ? Mathis va-t-il intégrer cette école rêvée ? Et surtout, comment réagir quand une lettre de son père lui parvient enfin ...
Le chat du Rabbin", c'est Alger et le quartier Juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c'est "le chat du Rabbin". Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n'a pas plutôt un chien : "... Ca fait tellement longtemps que les Juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats". Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu'avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n'en plus finir. Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie : "c'est la condition, si je veux rester avec elle. Ca vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux". Ceci ne l'empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l'école du Rabbin, car l'un d'entre eux a le désir d'épouser la jolie Zlabya...
Ce chat qui parle, pense et critique des idées religieuses fait couler beaucoup d'encre. Le premier tome, Le Chat du rabbin était une excellente surprise, ce second ne devrait pas vous décevoir. C'est un véritable conte initiatique d'une grande beauté, où l'on apprend bien des choses sur l'usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d'émotion et d'ironie.
Dans la plus belle ville du plus beau pays, princes et princesses d'Europe sont en quête d'émerveillement, de salut et de gloire.Les néons de Brecht Evens se fondent dans les illusions de ses héros. Ils sont dans la fleur de l'âge... et c'est une nuit d'été.Notes Biographiques : Brecht Evens a vingt-deux ans quand il sort de l'école Saint-Luc de Gand (Belgique) avec, sous le bras, Les Noceurs, son projet de fin d'études. Son style inimitable, qui se caractérise par une maîtrise remarquable de la couleur et des transparences, l'éclatement des perspectives et le goût du détail, suscite immédiatement l'enthousiasme. Publié en 2010, Les Noceurs obtient le prix de l'Audace au Festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême. Avec la parution des Amateurs (2011) et de Panthère (2014), la notoriété de Brecht Evens n'a cessé de croître, en France, où il vit désormais, comme à l'étranger, et dépasse aujourd'hui largement les frontières du monde de la bande dessinée. En 2018, il publie Les Rigoles chez Actes Sud BD, impressionnant roman graphique de plus de 300 pages, qui raconte les errances de trois noctambules dans une ville chimérique et sublime. Pour cette bande dessinée, Brecht Evens reçoit le Fauve - Prix Spécial du Jury au Festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême 2019. Entre deux livres, Brecht Evens travaille pour la presse, la mode, et est représenté par la galerie Martel à Paris. Ses romans graphiques sont publiés par Actes Sud BD.