La question du regard et de ses modalités au théâtre revêt aujourd'hui une actualité nouvelle face aux diverses expérimentations multimédiales contemporaines, qui multiplient les images sur les scènes européennes. Le présent ouvrage aborde le sujet en tirant un fil de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours, afin de réinscrire ce théâtre dans une histoire culturelle de la perception, à la croisée des études théâtrales et des études visuelles. Le propos s'appuie sur des analyses précises, à partir de la pièce "La Boîte de Pandore. Une tragédie-monstre" de Frank Wedekind (1894), ainsi que de ses mises en scène par Peter Zadek (1988) et par Michael Thalheimer (2004). Il s'agirait de la sorte de revisiter la "crise" du drame et la naissance de la mise en scène modernes en les envisageant comme autant de manifestations d'un changement de paradigme, marqué par l'avènement d'une logique de l'image, qui insisterait sur la part du corps dans le regard et sur la matérialité du sensible, sur la présence plutôt que sur la représentation.
Date de parution
26/11/2013
Poids
440g
Largeur
155mm
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EAN
9782745326508
Titre
LE REGARD INTERROGE. LULU OU LA CHAIR DU THEATRE
Auteur
BAILLET FLORENCE
Editeur
CHAMPION
Largeur
155
Poids
440
Date de parution
20131126
Disponibilité
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Dramaturge de RDA, Heiner Müller (1929-1995) fut bien souvent en butte à la bureaucratie de son pays. Ses pièces, qui sont d'un abord jugé parfois difficile, empruntent leur thématique tant à la tragédie grecque qu'à des épisodes de l'histoire allemande et aux conflits sociaux. Source de scandale dans les deux Allemagnes puis dans l'Allemagne réunifiée où on associe son pouvoir critique à l'École de Francfort comme à la philosophie française moderne, l'auteur de Mauser ou d'Hamlet-Machine est devenu une des principales figures cultes du théâtre allemand.
Odön von Horvath (1901-1938) est un auteur majeur à (re)découvrir. Ecrivain de langue allemande au passeport hongrois, d'origine à la fois magyare, croate, allemande et tchèque, il témoigna du métissage culturel caractérisant l'Europe centrale et combattit sa vie durant toute forme de nationalisme. "Chroniqueur" de son temps, selon sa propre formule, il traversa la République de Weimar, vécut la montée du nazisme, s'exila, tout en posant un regard acéré et ironique sur son époque. D'où une oeuvre captivante, comprenant aussi bien des contes et des romans que des pièces de théâtre. Horvâah a su en particulier renouveler la tradition du théâtre populaire pour en développer une veine critique, qui n'a rien perdu de son actualité. Biographie de l'auteur Florence Baillet ancienne élève de l'ENS-Ulm, maître de conférences à l'université de Paris 8, est spécialiste du théâtre contemporain de langue allemande. Elle a déjà publié dans cette collection une monographie sur Heiner Müller.
Le théâtre d?Einar Schleef (1944-2001) a longtemps fait scandale en RDA, en RFA et en Autriche, mais n?en est pas moins resté dans toutes les mémoires. Son oeuvre est marquée par l?histoire allemande dans toute sa complexité, et sa pratique artistique met à l?épreuve acteurs et spectateurs, physiquement. Chez Schleef, la matérialité des corps et de la langue est placée au premier plan, interrogeant de la sorte une certaine économie occidentale de la représentation. Ce volume réunit des contributions de chercheurs d?horizons variés afin d?aborder, à partir de la question de la matérialité, l?oeuvre de Schleef dans ses diverses dimensions. Non seulement ses mises en scène, ses pièces et ses textes sur le théâtre sont abordés, mais également des aspects moins connus, par exemple son roman, ses peintures et ses photographies, ainsi que les liens susceptibles de se tisser entre ses différents travaux artistiques.
Naufrage des utopies ", " mort de l'utopie ", tel est le diagnostic récurrent, voire irritant que dresse la critique théâtrale des deux Allemagnes à partir des années 1970, comme si l'utopie avait déserté la scène théâtrale allemande, comme si était trépassé un certain théâtre " politique ", susceptible de porter un regard critique sur la société qui l'entoure. Ce discours sur la " fin des utopies " ne revêtait évidemment pas la même signification en RDA et en RFA. À l'Est du Mur, il aurait exprimé les désillusions engendrées par la fossilisation du projet utopique dont témoignait le socialisme réel, notamment après la répression du Printemps de Prague en 1968 et l'affaire Biermann en 1976. A l'Ouest du Mur, où l'on n'assistait pas à l'effondrement d'une perspective utopique servant de fondement à tout un régime, le procès fait à l'utopie traduisait davantage (et traduit sans doute aujourd'hui encore) le sentiment plus diffus d'une longue et lente crise, ranimée par l'après-1968, lorsque furent déçus les rêves d'une autre société suscités par la contestation étudiante. Cet ouvrage est consacré à la critique des utopies telle qu'elle se manifeste, de manière différente, dans le théâtre de la RFA et dans celui de la RDA des années 1970 et 1980. Quatre pièces sont au cœur du propos : Hamlet-machine (1977) de Heiner Müller, Mercedes (1983) de Thomas Brasch, Grand et petit (1978) de Botho Strauss et Ni chair ni poisson (1980) de Franz Xaver Kroetz. Dans ce théâtre allemand contemporain, la question de l'utopie recoupe en effet les interrogations de l'écriture dramatique, à la jonction de l'esthétique et du politique.