Dix ans après la signature du traité instituant l'Accord de libre-échange de l'Amérique du Nord (ALENA) et à l'heure où le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) semblait devoir se concrétiser pour 2005, il était temps de dresser, pour la première fois en France, un bilan des effets, tant sociaux et culturels qu'économiques, de cet accord et des débats qu'il a suscités au Canada, aux États-Unis et au Mexique. L'ALENA est ici traité comme un exemple particulièrement démonstratif des nouveaux processus d'intégration régionale qui ont connu une intensification remarquable pendant la dernière décennie, tant en Amérique que dans le reste du monde. Les questions importantes soulevées au moment de sa signature et de sa ratification restent d'actualité : questions politiques au sens large, qui portent sur la souveraineté des États contractants, la protection des droits des travailleurs et de l'environnement, mais aussi conséquences économiques, territoriales et sociales d'une nouvelle configuration géopolitique, représentant un " bloc " de 400 millions d'habitants. Ces questions sont abordées ici dans une perspective pluridisciplinaire, favorisée par la diversité des points de vue portés sur l'intégration nord-américaine par une vingtaine d'universitaires et de chercheurs mexicains, canadiens, américains et français.
Malmenés par les chocs des années 1970, le Royaume-Uni et les Etats-Unis tentent d'endiguer leur déclin relatif en renouant avec les principes d'un libéralisme que quelques décennies de consensus keynésien avaient conduit à délaisser. Aussi l'accession au pouvoir de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan est-elle emblématique de cette volonté de rupture qui fait entrer la " relation spéciale " dans une nouvelle ère et se traduit par une inflexion sensible des politiques économiques mises en ?uvre. L'analyse comparée fait toutefois apparaître, au delà des similitudes apparentes, tout ce qui sépare les deux versions de la " révolution libérale " et quelles mutations se sont produites de part et d'autre de l'Atlantique depuis la fin des années 1970. Le lecteur trouvera dans l'ouvrage matière à réflexion sur cette expérience ainsi que quelques clés pour comprendre les perspectives qui s'ouvrent aujourd'hui.
Etude comparée des évolutions qui se sont produites en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Le bilan dressé ici permettra à tous ceux qui s'intéressent aux économies anglo-saxonnes de mieux cerner les perspectives qui s'ouvrent à elles pour l'avenir.
La globalisation, nous dit-on, impose le modèle anglo-saxon, libéral par nature, à l'ensemble de la planète. L'ouvrage entend retoucher cette image, en montrant notamment que la globalisation soumet les économies anglo-saxonnes à une épreuve dont l'issue pourrait bien être la mise en cause du modèle auquel elles ont donné naissance.
Kobryn Olga ; Ovtchinnikova Macha ; Soulez Guillau
Issues d'une recherche collective menée depuis 2018 dans le cadre du programme international "Les lieux du virtuel" (IRCAV, Sorbonne Nouvelle, France / Université de Gérone, Espagne / Université de Chicago, Etats-Unis), les études ici réunies proposent une réflexion autour du concept de virtuel dans les champs disciplinaires variés (esthétique, histoire et sociologie du cinéma et des formes filmiques et médiatiques contemporaines, philosophie, histoire des techniques, théories des nouveaux médias) à partir de la question de son ancrage dans les lieux aussi bien concrets (dispositif technologique, corps, site, réseau son spatialisé) que conceptuels (théories et esthétique). Sans vouloir réduire le virtuel au "digital", il s'agit de rendre compte du potentiel d'action et de pensée que porte cette notion. Ainsi ce recueil retrace en premier lieu la généalogie du concept de virtuel appréhendé comme un outil théorique de l'analyse filmique, propose de l'historiciser à travers les études du cinéma des premiers temps et "expérimental", pour l'appliquer ensuite à l'analyse des formes actuelles : cinéma numérique, réalité virtuelle, mixte et augmentée, performance, alternate reality games, jeux vidéo, le cyberspace, le streaming, le web, le réseau.
Le récit de voyage comme compte rendu d'une expérience de l'Autre et de l'ailleurs pose te problème à la fois des capacités d'appréhension et des moyens de construction de cette altérité. Le voyageur ou la voyageuse est cette figure paradoxale qui se fait l'intermédiaire entre deux mondes : au coeur des récits de voyage, dans les descriptions comme dans la narration, se trouve cette tension constante vers l'expression du nouveau ou du différent qui, toutefois. passe généralement par le recours à des outils linguistiques et culturels familiers. En cela, l'écriture et le récit viatiques sont souvent plus révélateurs de l'identité des voyageurs, des voyageuses et de leurs destinataires que des altérités que l'ailleurs embrasse et incarne dans leurs textes. Etudier d'un point de vue stylistique, culturel et politique Les récits de voyage permet d'analyser ces assignations à l'altérité. Il s'agit de fournir des clés de lecture sur la négociation, dans les textes, des enjeux que les modalités discursives et idéologiques de ces constructions recoupent. La prise en compte d'un vaste corpus allant du Moyen Age à l'époque contemporaine amène à questionner ces mises en altérité dans un temps long et à identifier la manière dont elles évoluent, se consolident ou volent en éclats à travers les siècles. L'hybridité même des ouvrages étudiés invite à une approche interdisciplinaire mêlant littérature, histoire littéraire, stylistique, histoire des idées et des représentations voire, dans le dernier chapitre, analyse audiovisuelle.
Vidua. La veuve, à la différence du veuf, génère immédiatement des représentations dans l'imaginaire collectif, oscillant constamment entre deux pôles extrêmes, la bonne veuve et la mauvaise veuve. L'étau des attentes sociales, morales et familiales se referme sur celles qui vivent une situation commune mais rarement identique. L'ouvrage propose un panorama des représentations des veuves dans la littérature italienne, du début du XVe siècle aux années soixante du XVIe siècle, afin d'analyser les enjeux économiques, moraux et sociaux qui pèsent sur cette figure de femme seule, et qui conditionnent la façon dont celle-ci est mise en mots. Les discours des moralistes et des religieux, les nouvelles, toujours écrites par des hommes, et les textes littéraires écrits par des autrices veuves dialoguent ici avec les connaissances historiques sur les conditions de vie réelles des veuves. Ces différentes perspectives constituent un système de représentations qui tente de fixer par l'écriture l'essence du veuvage, comme pour mieux canaliser un statut insaisissable, échappant au contrôle masculin, en le fixant sur le papier. La veuve littéraire est toujours fictive, tout en restant en contact avec les veuves réelles. Si les stéréotypes alimentent les discours et les textes littéraires, ces derniers sont également influencés par la réalité - et peuvent, à leur tour, influencer la vie concrète et la pensée des femmes et des hommes qui constituent cette réalité.
Découvrez comment la réception et l'interprétation différenciées de la variation linguistique résulte des - et nourrit les - discriminations sociales. Cette étude profondément originale combine les méthodes et apports de la linguistique énactive, de l'anthropologie linguistique et de la sociophonétique pour montrer que ce que l'on nomme communément "l'accent" des uns est différemment perçu en fonction des stéréotypes sociaux en vigueur chez les autres et comment ces différentes interprétations contribuent à ces stéréotypes. Mené dans un contexte de "contact linguistique" qui compte très peu d'études - celui de la Caraïbe colombienne -, ce travail constitue une contribution importante au champ de la sociophonétique mais aussi du "contact linguistique" , dans la mesure où, au-delà des conséquences typologiques du contact de langues, on voit combien ces changements sont réinterprétés et réutilisés au crible des dynamiques discriminatoires en vigueur.