La chirurgie d'affirmation de genre pour les personnes trans en Iran a été légalisée en 1986 par l'ayatollah Khomeini, au lendemain de l'instauration de la République islamique. Cette reconnaissance légale de la transition de genre apparaît comme un paradoxe du fait des politiques répressives et des discriminations qui visent les minorités sexuelles et de genre dans le pays. Ce livre, fondé sur des enquêtes de terrain, décrit le protocole médico-légal proposé aux personnes trans en Iran comme le résultat de l'interaction complexe entre la loi, la religion, la médecine, la psychiatrie et la politique. La transidentité y est considérée comme une dysphorie qui doit être soignée, ceci afin de garantir l'ordre binaire et hétéro-patriarcal dominant.
Nombre de pages
337
Date de parution
12/06/2025
Poids
610g
Largeur
150mm
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EAN
9782384093076
Auteur
Azadi Bahar ; Beaubatie Emmanuel
Editeur
KARTHALA
Largeur
150
Date de parution
20250612
Nombre de pages
337,00 €
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L'histoire moderne des Kurdes est celle d'une résistance et d'un espoir. Résistance à la domination coloniale exercée successivement par l'Empire ottoman puis par quatre États (Turquie, Irak, Iran, Syrie) dont les frontières sont issues des découpages dictés par l'impérialisme français et britannique après la Première Guerre mondiale. Espoir de faire advenir une forme politique à même de préserver les droits, la langue et la culture d'une population d'environ 40 millions de membres qui habite cette région montagneuse du Moyen-Orient depuis des siècles. L'auteur de ce livre propose une lecture fanonienne de l'histoire kurde, depuis les premières révoltes au xixe siècle jusqu'à ses développements les plus récents. Il montre comment le peuple kurde colonisé s'est forgé dans le combat pour la libération, où chaque génération a su tirer les enseignements des précédentes. Dans les années 1960, le nationalisme kurde a « manqué » le moment des décolonisations, en partie parce qu'il n'était pas mûr, mais surtout en raison de sa situation singulière : à l'intersection de quatre États aux agendas divergents et en proie à des alliances défavorables, il n'a pas bénéficié du soutien international indispensable. Les Kurdes en ont tiré cette conviction amère qui s'est muée en éthique politique : « Pas d'autres amis que les montagnes. » Le tournant vers les thèses marxistes puis la lutte armée opéré par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) dans les années 1980 a permis l'émergence d'un mouvement kurde transfrontalier qui a payé ses succès au prix fort d'une répression meurtrière et de conflits internes. Cette séquence se clôt avec l'arrestation en 1999 du leader du PKK Abdullah Öcalan, détenu encore aujourd'hui par le régime turc. Elle aboutit aussi à un changement de paradigme politique et l'abandon progressif d'un projet « État-nation-frontières » pour celui d'une autonomie administrative, linguistique et culturelle à l'échelle de tout le Kurdistan. C'est cette voie qu'expérimente depuis 2012 le Rojava au nord-est de la Syrie, avec sa structure fédérale et ses conseils populaires. Alors que la lutte des Kurdes peine à trouver en France un véritable écho dans le camp décolonial, qu'elle fait parfois l'objet d'instrumentalisations douteuses voire réactionnaires, ce livre rappelle combien leur combat pour l'indépendance et l'émancipation reste une source d'inspiration et un exemple de résilience stratégique.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.