Quelle qu'elle soit, la domination est régie par une logique dont les principes et les enjeux survivent à la disparité de ses modalités historiques. La logique de la domination et ses enjeux sont les mêmes tant dans l'ancien ordre colonial et impérial de domination que dans les nouveaux modes d'existence du colonialisme et de l'impérialisme. Dans tous les cas, le maître se prend à la fois pour le facteur exclusif de l'histoire et le vecteur directeur de celle-ci, quand le dominé apparaît comme celui dont l'humanité et la citoyenneté sont aspirées par un maître qui lui impose la nécessité de sa volonté et de ses appétits. Asservi et exploité par son maître dans une chaîne de servitude qui est, à proprement parler, la chaîne d'aliénation et de réification de son être, le dominé vit l'expérience de l'étouffement de son aspiration à vivre et à exister. Contre "l'idéologie missionnaire" selon laquelle la colonisation et l'impérialisme sont porteurs de civilisation, l'auteur de cet essai établit que la domination est, en réalité, un crime contre l'humanité parce qu'il s'agit d'une entreprise dont la fin est l'asservissement et l'exploitation du dominé. Il pense que la construction d'un monde sans maîtres ni esclaves est possible grâce au fraternalisme adossé à l'égalitarisme.
Nombre de pages
254
Date de parution
23/07/2026
Poids
390g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782336615950
Auteur
Ayissi Lucien
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Date de parution
20260723
Nombre de pages
254,00 €
Disponibilité
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Cet essai est une analyse phénoménologique et étiologique de la corruption. L'analyse phénoménologique de la corruption met en relief son aspect ludique et poétique: dans son aspect ludique, la corruption est un jeu cynique qui se déroule surtout dans les gouvernances dont la médiocrité et la permissivité s'expliquent par les multiples pannes institutionnelles, définies par les vides juridiques et la porosité d'une normativité qui fait le lit de la connivence et de l'impunité. Dans son aspect poétique, la corruption a la magie de transformer les corrompus et les corrupteurs en héros, le normal en pathologique, les crétins en surdoués, les vertueux en vauriens, les gagne-petit en richissimes, les valeurs épistémologiques en valeurs marchandes, l'Etat en un vaste système mafieux déterminé dans sa gouvernance par la volonté prébendière des truands. L'ampleur de ce phénomène dont les causes sont d'ordre économique, socio-politique, psychologique ou moral, peut être réduite par la promotion d'une éthique républicaine. Celle-ci doit être sous-tendue par une pédagogie citoyenne dont le principal objectif est de promouvoir l'existence de la raison dans les institutions publiques, afin qu'elles soient protégées contre l'expression néfaste des préférences appétitives des corrompus et des corrupteurs.
Dans le cadre de sa philosophie de la gouvernance, l'auteur de cette réflexion s'interroge sur la capacité de la gouvernance camerounaise actuelle à lutter efficacement contre la pauvreté. Pour lui, la médiocrité politique de cette gouvernance, remarquable à travers la prospérité des activités illicites désormais banalisées, ritualisées, moralisées et systématisées et le développement du phénomène de la pollution éthique, compromettent sa lutte contre la pauvreté. La pression que les prédateurs sociaux exercent sur les institutions soumet l'Etat camerounais à la logique d'une rationalité prédatrice qui s'accompagne de l'altération de sa substance politique et de l'appauvrissement de l'humanité et de la citoyenneté des Camerounais. Elle a aussi pour conséquence l'appauvrissement du Cameroun par une minorité avide et corrompue et la paupérisation des masses. Pour que soit corrigée la médiocrité politique de la gouvernance camerounaise actuelle, l'auteur suggère que l'Etat camerounais se libère de la pression usurière des institutions de Bretton Woods et qu'il éduque, par l'exercice constant et rigoureux des normes publiques de référence, les Camerounais à la citoyenneté, afin qu'ils puissent articuler, avec bonheur, l'expression de leurs préférences particulières autour de l'intérêt général.
L'actuelle crise sanitaire est l'occasion, pour l'auteur de cet essai, de méditer sur la pertinence de l'anthropocentrisme. Le fait que tous les hommes soient sujets à souffrir et à mourir devrait amener ceux qui se croient supérieurs aux autres à s'efforcer à réduire la vanité de leur superbe et de leur arrogance. Parce que le monde que le virus Corona continue de mettre en mode panique est une propriété commune, il pense que nous devons, suivant l'éthique de l'humilité, de l'égalité, de la solidarité et de la responsabilité collective, collaborer effectivement au déconfinement historique des pauvres.
Quel est le fondement de la superstition ? Pourquoi l'homme, qu'il soit primitif ou civilisé, est-il prédisposé à la superstition ? Ce sont les principales questions auxquelles l'auteur de ce livre répond à partir de l'hypothèse selon laquelle la superstition est due à la crise. Il ressort de la vérification de cette hypothèse que l'homme est prédisposé à la superstition quand il n'arrive plus à relever les défis de la vie et de l'existence. C'est notamment le cas lorsque ses malheurs survivent à sa connaissance et à sa sagesse. Le fait que la maladie et la mort frappent impitoyablement, et à plusieurs reprises, à sa porte, avec un cynisme dont le niveau de cruauté est toujours très élevé, le prédispose à croire que des forces occultes sont déterminées à lui nuire. Aussi croit-il devoir solliciter, à coups de sacrifices rituels et de pratiques cultuelles, l'intervention bienveillante d'autres forces occultes pour le protéger.