Cet essai est une analyse phénoménologique et étiologique de la corruption. L'analyse phénoménologique de la corruption met en relief son aspect ludique et poétique: dans son aspect ludique, la corruption est un jeu cynique qui se déroule surtout dans les gouvernances dont la médiocrité et la permissivité s'expliquent par les multiples pannes institutionnelles, définies par les vides juridiques et la porosité d'une normativité qui fait le lit de la connivence et de l'impunité. Dans son aspect poétique, la corruption a la magie de transformer les corrompus et les corrupteurs en héros, le normal en pathologique, les crétins en surdoués, les vertueux en vauriens, les gagne-petit en richissimes, les valeurs épistémologiques en valeurs marchandes, l'Etat en un vaste système mafieux déterminé dans sa gouvernance par la volonté prébendière des truands. L'ampleur de ce phénomène dont les causes sont d'ordre économique, socio-politique, psychologique ou moral, peut être réduite par la promotion d'une éthique républicaine. Celle-ci doit être sous-tendue par une pédagogie citoyenne dont le principal objectif est de promouvoir l'existence de la raison dans les institutions publiques, afin qu'elles soient protégées contre l'expression néfaste des préférences appétitives des corrompus et des corrupteurs.
Nombre de pages
210
Date de parution
08/02/2008
Poids
234g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296049840
Titre
Corruption et gouvernance
Auteur
Ayissi Lucien
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
234
Date de parution
20080208
Nombre de pages
210,00 €
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Dans le cadre de sa philosophie de la gouvernance, l'auteur de cette réflexion s'interroge sur la capacité de la gouvernance camerounaise actuelle à lutter efficacement contre la pauvreté. Pour lui, la médiocrité politique de cette gouvernance, remarquable à travers la prospérité des activités illicites désormais banalisées, ritualisées, moralisées et systématisées et le développement du phénomène de la pollution éthique, compromettent sa lutte contre la pauvreté. La pression que les prédateurs sociaux exercent sur les institutions soumet l'Etat camerounais à la logique d'une rationalité prédatrice qui s'accompagne de l'altération de sa substance politique et de l'appauvrissement de l'humanité et de la citoyenneté des Camerounais. Elle a aussi pour conséquence l'appauvrissement du Cameroun par une minorité avide et corrompue et la paupérisation des masses. Pour que soit corrigée la médiocrité politique de la gouvernance camerounaise actuelle, l'auteur suggère que l'Etat camerounais se libère de la pression usurière des institutions de Bretton Woods et qu'il éduque, par l'exercice constant et rigoureux des normes publiques de référence, les Camerounais à la citoyenneté, afin qu'ils puissent articuler, avec bonheur, l'expression de leurs préférences particulières autour de l'intérêt général.
L'actuelle crise sanitaire est l'occasion, pour l'auteur de cet essai, de méditer sur la pertinence de l'anthropocentrisme. Le fait que tous les hommes soient sujets à souffrir et à mourir devrait amener ceux qui se croient supérieurs aux autres à s'efforcer à réduire la vanité de leur superbe et de leur arrogance. Parce que le monde que le virus Corona continue de mettre en mode panique est une propriété commune, il pense que nous devons, suivant l'éthique de l'humilité, de l'égalité, de la solidarité et de la responsabilité collective, collaborer effectivement au déconfinement historique des pauvres.
Quel est le fondement de la superstition ? Pourquoi l'homme, qu'il soit primitif ou civilisé, est-il prédisposé à la superstition ? Ce sont les principales questions auxquelles l'auteur de ce livre répond à partir de l'hypothèse selon laquelle la superstition est due à la crise. Il ressort de la vérification de cette hypothèse que l'homme est prédisposé à la superstition quand il n'arrive plus à relever les défis de la vie et de l'existence. C'est notamment le cas lorsque ses malheurs survivent à sa connaissance et à sa sagesse. Le fait que la maladie et la mort frappent impitoyablement, et à plusieurs reprises, à sa porte, avec un cynisme dont le niveau de cruauté est toujours très élevé, le prédispose à croire que des forces occultes sont déterminées à lui nuire. Aussi croit-il devoir solliciter, à coups de sacrifices rituels et de pratiques cultuelles, l'intervention bienveillante d'autres forces occultes pour le protéger.
Après avoir traité du lien entre corruption et pouvoir, l'auteur s'attaque ici à l'idée dominante selon laquelle la corruption serait une stratégie vitale d'autoconservation. Il montre que, si la pauvreté matérielle constitue un terreau favorable, c'est surtout la pauvreté morale qui engendre la corruption, et ce dans toutes les classes de la société.