Politique africaine N° 152, décembre 2018 : Biomaîtriser les identités ?
Awenengo Séverine ; Banégas Richard ; Cutolo Arman
KARTHALA
20,00 €
Epuisé
EAN :9782811126162
Depuis le tournant du siècle, une expansion rapide des nouvelles technologies d'identification des personnes. Alors que près de la moitié de la population du continent ne serait pas dotée d'une identité légale, la biométrie apparaît comme la solution miracle pour lutter contre la fraude électorale, certifier les comptes bancaires, compenser les faiblesses de l'état civil et, surtout, contrôler les flux de population. Si le souci sécuritaire est central dans cette dynamique globale, la biométrisation des identités se pare aussi des atours démocratiques de l'accès aux droits, de la "bonne gouvernance" et du développement. Par-delà l'opposition classique entre surveillance et reconnaissance, le dossier interroge les effets actuels du tournant biométrique sur le fonctionnement des Etats et l'exercice de la citoyenneté au sud du Sahara. Les enquêtes menées en Afrique du Sud, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Tchad, en Guinée et au Maroc soulignent l'encastrement social et politique de cette révolution technologique et la résilience de l'Etat documentaire. Elles montrent que la biométrie, loin de sécuriser les identités, peut contribuer au renforcement de l'exclusion et à la polarisation des débats sur l'appartenance citoyenne et nationale.
Nombre de pages
183
Date de parution
08/04/2019
Poids
320g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811126162
Auteur
Awenengo Séverine ; Banégas Richard ; Cutolo Arman
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20190408
Nombre de pages
183,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce cahier est principalement issu de la table-ronde Écrire l'histoire de l'Afrique autrement ? organisée à l'initiative de " jeunes " chercheurs et chercheuses en histoire africaine du laboratoire " Sociétés en développement dans l'espace et le temps " (SEDET/CNRS) de l'Université Paris 7-Denis Diderot. Les contributions rassemblées s'interrogent sur la construction et le renouvellement possibles du savoir historique sur l'Afrique subsaharienne, spécialement en France. Au moment d'un inévitable renouvellement des générations, un certain nombre de questions réapparaissent dans un contexte idéologique et scientifique différent : celle des rapports entre écriture, enjeu et fonction de l'histoire de l'Afrique ; celle des relations entre historiens du Nord et du Sud ; celle de la circulation et de l'adaptation des savoirs. Dans une première partie, les auteurs reviennent sur la prégnance du moment colonial et sur la nécessité de dépasser un certain nombre de blocages et de résistances. À partir d'exemples variés (la traite et l'esclavage ; les intellectuels africains ; les Colonial Studies) se dégagent des perspectives renouvelées de recherche et d'écriture de l'histoire de l'Afrique. Des itinéraires historiographiques composent la deuxième partie. Ils examinent les rapports entre écriture de l'histoire et construction nationale et posent la question de la fonction sociale et politique des chercheurs à partir d'études de cas portant sur le Burkina Faso, Madagascar, le Gabon, l'Afrique du Sud, ainsi que sur la diaspora africaine en Amérique du Nord. La troisième et dernière partie propose une réflexion plus épistémologique qui, en s'interrogeant sur la circulation et l'acclimatation des savoirs entre les continents et les disciplines, aborde la question de la place de l'histoire africaine en France et de ses rapports avec la production anglophone. Les articles de ce cahier ne présentent pas une vision unique et uniforme d'une " autre " écriture de l'histoire de l'Afrique, mais reflètent des voies multiples - et parfois discordantes - de l'appréhender. Ils montrent ainsi la nécessité du questionnement et la fécondité des réflexions en cours.
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A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
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