Ce cahier est principalement issu de la table-ronde Écrire l'histoire de l'Afrique autrement ? organisée à l'initiative de " jeunes " chercheurs et chercheuses en histoire africaine du laboratoire " Sociétés en développement dans l'espace et le temps " (SEDET/CNRS) de l'Université Paris 7-Denis Diderot. Les contributions rassemblées s'interrogent sur la construction et le renouvellement possibles du savoir historique sur l'Afrique subsaharienne, spécialement en France. Au moment d'un inévitable renouvellement des générations, un certain nombre de questions réapparaissent dans un contexte idéologique et scientifique différent : celle des rapports entre écriture, enjeu et fonction de l'histoire de l'Afrique ; celle des relations entre historiens du Nord et du Sud ; celle de la circulation et de l'adaptation des savoirs. Dans une première partie, les auteurs reviennent sur la prégnance du moment colonial et sur la nécessité de dépasser un certain nombre de blocages et de résistances. À partir d'exemples variés (la traite et l'esclavage ; les intellectuels africains ; les Colonial Studies) se dégagent des perspectives renouvelées de recherche et d'écriture de l'histoire de l'Afrique. Des itinéraires historiographiques composent la deuxième partie. Ils examinent les rapports entre écriture de l'histoire et construction nationale et posent la question de la fonction sociale et politique des chercheurs à partir d'études de cas portant sur le Burkina Faso, Madagascar, le Gabon, l'Afrique du Sud, ainsi que sur la diaspora africaine en Amérique du Nord. La troisième et dernière partie propose une réflexion plus épistémologique qui, en s'interrogeant sur la circulation et l'acclimatation des savoirs entre les continents et les disciplines, aborde la question de la place de l'histoire africaine en France et de ses rapports avec la production anglophone. Les articles de ce cahier ne présentent pas une vision unique et uniforme d'une " autre " écriture de l'histoire de l'Afrique, mais reflètent des voies multiples - et parfois discordantes - de l'appréhender. Ils montrent ainsi la nécessité du questionnement et la fécondité des réflexions en cours.
Nombre de pages
280
Date de parution
01/11/2004
Poids
400g
Largeur
155mm
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EAN
9782747568890
Titre
Cahier Groupe "Afrique Noire" N° 22 : Ecrire l'histoire de l'Afrique autrement ?
Awenengo Séverine ; Banégas Richard ; Cutolo Arman
Depuis le tournant du siècle, une expansion rapide des nouvelles technologies d'identification des personnes. Alors que près de la moitié de la population du continent ne serait pas dotée d'une identité légale, la biométrie apparaît comme la solution miracle pour lutter contre la fraude électorale, certifier les comptes bancaires, compenser les faiblesses de l'état civil et, surtout, contrôler les flux de population. Si le souci sécuritaire est central dans cette dynamique globale, la biométrisation des identités se pare aussi des atours démocratiques de l'accès aux droits, de la "bonne gouvernance" et du développement. Par-delà l'opposition classique entre surveillance et reconnaissance, le dossier interroge les effets actuels du tournant biométrique sur le fonctionnement des Etats et l'exercice de la citoyenneté au sud du Sahara. Les enquêtes menées en Afrique du Sud, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Tchad, en Guinée et au Maroc soulignent l'encastrement social et politique de cette révolution technologique et la résilience de l'Etat documentaire. Elles montrent que la biométrie, loin de sécuriser les identités, peut contribuer au renforcement de l'exclusion et à la polarisation des débats sur l'appartenance citoyenne et nationale.
Depuis quarante ans, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance argue d'un droit à la séparation avec le Sénégal qui aurait été acquis pendant la colonisation. Reposant sur des archives publiques, des archives privées inédites et de nombreux entretiens, cette enquête nous propose une nouvelle manière de penser l'histoire de la Casamance et celle de la formation de l'État au Sénégal. Elle montre que l'autonomie de cette partie méridionale du territoire sénégalais a été l'un des projets non advenus de la colonisation et de la décolonisation, un projet qu'ont envisagé aussi bien des agents français que des militants politiques casamançais.