
La ballade du mauvais garçon
Extrait Hier ma voisine est venue prendre le café et m'a dit : «Ma soeur a lu Bleu de chauffe. Elle l'a trouvé très bien, elle m'a dit : "C'est Nan, tout simplement, c'est lui, comme s'il était en train de nous parler."» Encore une fois je me suis rebiffé. «Tu sais, ce n'est pas si simple que ça, il y a quand même trente-cinq ans de travail derrière cette simplicité apparente... Il ne s'agit pas de langage parlé, il s'agit de l'écriture d'un roman.» Pour Queneau, l'origine du langage pouvait être le fait d'un type qui avait mal au ventre et qui voulait le dire. C'est pour ça qu'après on a eu les plus grandes difficultés avec les jeux de mots, je suppose; c'était très sérieux à l'origine, très douloureux certainement, une sorte de cri d'alerte. L'écriture, ensuite, c'est autre chose : le commerce, les Phéniciens, le cunéiforme. C'est comme ça qu'on en est arrivé au roman, un mélange d'huile d'olive en jarre et de douleurs intestines. Je voyais comme un ciel d'orage dans les yeux de ma voisine, quelque chose faisait naufrage dans ses pupilles dilatées. J'ai hésité avant de lui asséner l'axiome central de mon théorème : «Un roman, c'est cent pour cent de transpiration et un pour cent d'inspiration. Le souffle, tout est là. De la sueur, du souffle et des larmes, beaucoup de larmes, crois-moi...» Elle a fait demi-tour et elle est repartie en vacillant. Qu'allait-elle dire à sa soeur ? Que j'étais le genre de type avec des problèmes intestinaux et qui écrivait ses livres avec une boîte de Doliprane ? Possible. Malgré qu'on prenne le temps de leur expliquer, les gens comprennent tout de travers à propos de l'écriture. Pour Bleu de chauffe, ça s'était passé sans douleur. Je l'avais écrit en six semaines, mais quand on me demande combien de temps j'ai mis, je réponds «trente-cinq ans». Je venais d'être licencié par ce fameux Dolto et je m'étais mis au chômage afin de pouvoir retrouver mes marques. Cela me prend en général trois ou quatre mois, le temps d'oublier les furieux, le temps de me recentrer. Je venais donc de passer plus d'un an à travailler pour Dolto, à la Cramps, une boîte de sanitaires, et je m'étais remis à l'écriture. Je vivais depuis deux ans dans l'Allier, dans la petite maison de mes parents qui étaient morts tous les deux. J'écrivais un roman. Une jeune femme, en ôtant la vieille moquette de la chambre, trouvait une trappe. Elle l'ouvrait, distinguait dans la pénombre un escalier, l'empruntait courageusement et se retrouvait dans un appartement abandonné à l'étage du dessous.
| Nombre de pages | 332 |
|---|---|
| Date de parution | 17/09/2014 |
| Poids | 415g |
| Largeur | 135mm |
| EAN | 9782234074835 |
|---|---|
| Titre | La ballade du mauvais garçon |
| Auteur | Aurousseau Nan |
| Editeur | STOCK |
| Largeur | 135 |
| Poids | 415 |
| Date de parution | 20140917 |
| Nombre de pages | 332,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Bleu de chauffe
Aurousseau NanRésumé : " Mon patron s'appelle Dolto. C'est un petit homme suave d'une quarantaine d'années assez rond à l'extérieur mais géométriquement pourri et sans pitié à l'intérieur. Aidé par trois garçons baraqués, il vient de déménager le coffre-fort de l'entreprise. Le coffre-fort de son entreprise. Et cela de nuit, un mardi, alors qu'il était censé être en vacances. J'ai pris des photos. Le coffre a été embarqué dans une camionnette blanche que j'ai photographiée aussi. Il se croit malin Dolto, mais avec moi il a tout faux, il est tombé sur un os, un os de Mamout. Mamout c'est mon nom, moi je ne descends pas du singe comme je dis toujours. Avec ses lunettes à double foyer Dolto vous regarde toujours par en dessous et quand il vous parle on dirait qu'il vous suce. Mais il s'agit juste d'une impression parce qu'en réalité il est en train de vous enculer et ça, vous ne le sentez pas. Vous avez mal après. Mais après il est trop tard... "EN STOCKCOMMANDER21,90 € -

Du même auteur
Aurousseau NanQuelqu'un a sonné à ma porte un matin. J'ai enfilé une chemise à la va-vite pour aller ouvrir. C'était ma voisine du dessous, à poil avec un colt 45 à la main. (...) C'était pas pensable, j'avais connu la taule, mais depuis des années je me tenais à carreau. J'avais changé de vie, passant du braquage à l'écriture. Mon premier roman marchait bien, et voilà que j'allais me retrouver avec cette fille sur les bras, mon ex, les flics, mon avocat et une équipe de voyous, des vrais pieds-nickelés. Une histoire pas croyable. Nan Aurousseau nous entraîne dans un polar insensé, qui en dit plus que de longs discours sur la perte de la mémoire et de l'intimité. Du même auteur : Bleu de chauffe.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER19,05 € -

Le ciel sur la tête
Aurousseau NanDans l'escalier retentissait en écho la voix d'un éducateur qu'on empêchait d'intervenir:"Ne les frappez pas! Ne les frappez pas!"Les mutins avaient résisté toute la journée. Le groupe d'intervention n'était parvenu à les maîtriser qu'à la nuit tombée, sous un tir nourri de grenades lacrymogènes. En détention, les mômes avaient tout cassé et, par solidarité avec les mutins, certains avaient brûlé leurs cellules. Les gardiens étaient intervenus dans les étages et ç'avait chauffé. Une cinquantaine de détenus se retrouvait au mitard et les trente plus durs, ceux qui avaient résisté jusqu'au bout, avaient été expédiés au quartier disciplinaire des adultes, bloc 3. L'éducateur, unique membre de l'institut des cellules d'éducation de service ce jour-là, ne pouvait plus rien pour eux. Pourtant, il s'était bien mouillé la chemise pendant la mutinerie. Il était parvenu à rejoindre les mutins sur le toit dans l'espoir de les raisonner. Mais ils avaient tous pété les plombs. Ils étaient allés au massacre joyeusement. C'était dingue." Roman noir, mais profondément humain, Le ciel sur la tête est une saisissante plongée dans l'univers carcéral. Biographie de l'auteur Né en 1951, Nan Aurousseau a passé son enfance dans le XXe arrondissement de Paris. Il a publié en 2005 Bleu de chauffe, un premier roman remarqué et salué par la presse, et en 2007 Du même auteur.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER20,20 € -

Quartier charogne
Aurousseau NanMon père était un salaud. Il est mort dans les chiottes, en poussant. C'est le coeur qui a lâché. J'écris salaud comme j'écrirais saint, parce que les salauds sont des saints, eux aussi, une fois morts. Il faut pardonner aux morts et j'ai pardonné à mon père le mal qu'il nous a fait.Il était dur, mon père. Il frappait ma mère en rentrant du travail, ivre à rouler par terre.«Travailleur de force! Six litres par jour! J'vais vous en faire baver, moi! Arbeite! Vasistas?!» qu'il gueulait en cassant les chaises rue des Maraîchers, dans notre petit trois pièces du quartier Charonne.Il parlait pas allemand, pourtant, c'étaient les restes de la guerre, les souvenirs des camps, du travail forcé dans les ateliers de mécanique, là-bas en Allemagne. Il en parlait beaucoup, mon père, de ce temps-là. Il avait vu Maurice Chevalier recevoir des patates plein la tronche à Zwickau, dans la Saxe. Il avait pas pu chanter, Chevalier, il s'était sauvé. Et Pétain qui avait refusé la Croix-Rouge aux prisonniers... Qu'est-ce que ça voulait dire, la croix rouge? J'y comprenais rien.Des nuits entières à délirer, les coudes sur la table, la bouteille de gros rouge à moitié vide, à se resservir un verre tous les quarts d'heure.Souvent, le soir, après le boulot, il s'arrêtait au bistrot, il buvait un coup, puis un autre, et après il oubliait de rentrer.«Va chercher ton père, me disait ma mère, il doit être chez Saïd.»Je le trouvais au comptoir en train de raconter des bobards à une bande de poivrots subjugués. Il avait travaillé au Canada, lui, en Amérique, à Bâton Rouge, à Montréal. Conducteur d'engins géants, il avait mis à plat la montagne, il en restait plus rien, du mont Réal, qu'il leur disait...«Mais alors, Lulu, c'est comment là-bas, au Canada? On gagne bien sa vie?»Ils y croyaient, eux tous. Parce qu'il était fort en gueule, mon père, costaud encore, et grand baratineur quand il avait un coup dans l'aile. Je le tirais par la veste. «P'pa, y a maman qui veut que tu rentres.» Il me répondait pas, alors j'attendais. Je savais bien, moi, qu'il y avait jamais foutu les pieds, au Canada.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER21,30 €
Du même éditeur
-

Où les étoiles tombent
Sapin-Defour CédricLe vendredi 12 août 2022, au bout d'une vallée étincelante dans la province de Bolzano, un couple affranchi de toute contrainte s'envole l'un à la suite de l'autre, en parapente. Cédric et Mathilde, deux passionnés de montagne, ont mille fois fait le geste de se jeter dans l'air pur. Cédric se tourne, il ne voit plus Mathilde. Dans le halètement des minutes incertaines le menant jusqu'au lieu de la chute, seules des questions. A-t-elle survécu ? Que faire ? Découpé en scènes à suspense, ce récit qui vous saisit à la gorge est roman-vrai d'un couple à l'unisson de son désir de liberté et mémoire d'une reconstruction qui prendra plusieurs années. Mathilde doit tout réapprendre. C'est une page blanche que l'amour imbibe, sur laquelle s'écrit une existence à réinventer et qui nous interroge. Tandis que l'autre renaît, qu'est-ce qui meurt en soi ? Comment ensemble se reconstruire ? Ode à la beauté de l'instant, ce livre puissant est avant tout un hymne à la vie.EN STOCKCOMMANDER22,60 € -

Toutes les vies
Warrior RebekaUne nuit, dans notre bicoque sur la plage, j'ai fait un drôle de cauchemar. La mort contournait la moustiquaire et tentait perfidement de s'introduire dans notre lit. Elle attendait tapie dans l'ombre que je m'endorme pour s'infiltrer et prendre Pauline. C'était elle qu'elle voulait. Elle s'en fichait de moi. Je lui mettais des bâtons dans les roues. Ca ne lui plaisait pas. Je passais la nuit à monter la garde. La mort était mécontente. Au petit matin, je m'étais assoupie, elle était venue souffler près de mon visage. Elle avait murmuré quelque chose, mais je n'avais pas compris quoi. Elle parlait latin ou suédois. Juste pour me faire chier". Premier roman virtuose, Toutes les vies est le récit d'une histoire d'amour sublime, d'un deuil impossible et d'une quête spirituelle qui sauve.EN STOCKCOMMANDER21,00 € -

Une drôle de peine
Lévy JustineEst-ce que tu me vois, maman ? J'ai deux crédits à la banque, deux enfants que j'étouffe, quatre chats dont deux débiles et une estropiée, des rides en pattes d'araignée autour des yeux et des oignons aux pieds, le même amoureux qui me supporte et tient bon depuis vingt ans, quelle dinguerie, je ne suis ni parfaitement féministe, ni tout à fait écologiste, ni vraiment révoltée, pas encore alcoolique, plus du tout droguée, j'ai un abonnement à la gym, une carte de métro et une autre du Carrefour Market, je ne me fais pas les ongles, je ne me coiffe ni ne me teins les cheveux, je mets du rouge à lèvres une fois par an et surtout sur les dents, je suis toujours aussi raisonnable, aussi peu fantaisiste : je mets beaucoup d'énergie à essayer de ne pas te ressembler, maman. Je n'ai pas pu être une enfant et je ne sais pas être une adulte."EN STOCKCOMMANDER19,10 € -

Départ(s)
Barnes Julian ; Aoustin Jean-PierreLe narrateur, un dénommé Julian, nous prévient dès les premières pages : il y aura bien une histoire dans ce livre. Une histoire d'amour, celle de deux amis d'université qui se sont aimés puis séparés dans les années 1960. Quarante ans plus tard, Julian tente à nouveau de les réunir. Départ(s), c'est aussi une réflexion sur la nature malicieuse de la mémoire, le temps qui passe, la place du bonheur dans nos vies et quand vient le temps de dire au revoir. Julian Barnes, l'un de nos plus grands romanciers contemporains, signe un roman perçant sur le lien entre fiction et réalité, entre chance et destin. Traduit de l'anglais par Jean-Pierre AoustinEN STOCKCOMMANDER21,00 €
De la même catégorie
-

Les années glorieuses : Les belles promesses
Lemaitre PierreTout commence par un incendie, un bébé... et un sanglier. Paris est transformé par des travaux titanesques, le coeur d'un homme est écartelé, le monde rural menacé, des femmes sortent de l'oubli, et les membres de la famille Pelletier, toujours plus proches de nous, marchent inexorablement vers leur destin. Au terme d'un effroyable dilemme moral, ce sera l'effondrement ou l'apothéose. Par bonheur, le chat Joseph veille encore. Passionnant, déchirant, enthousiasmant. Un grand roman de Pierre Lemaitre. Les romans de Pierre Lemaitre ont été récompensés par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Après l'immense succès du Grand Monde, du Silence et la Colère, et d'Un avenir radieux, il clôt avec Les Belles Promesses sa plongée mouvementée et jubilatoire dans les Trente Glorieuses.EN STOCKCOMMANDER24,00 € -

La maison vide
Mauvignier LaurentEn 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.4e de couverture : En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.EN STOCKCOMMANDER25,00 € -

Je suis Romane Monnier
Delphine de ViganLes gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus". Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.EN STOCKCOMMANDER22,00 € -

Le Chat du Jardinier
Schlesser Thomas1ère sélection du grand Prix RTL-Lire Apres son best-seller Les Yeux de Mona, I'expert de l'art confirme avec Le Chat du jardinier son grand talent de passeur pour une matiére au moins aussi complexe que la peinture : la poésie. Les Echos "La poésie, c'est le plus joli surnom que l'on donne à la vie". Une tempête vient de ravager l'arrière-pays provençal. Louis, jardinier hypersensible, ne parvient plus à faire face aux épreuves qui s'accumulent et plonge dans une souffrance muette. Il va alors faire la connaissance d'une femme extraordinaire. Thalie, professeure de français fraîchement retraitée, à la fantaisie solaire et communicative, va lui proposer un pacte : Louis soignera les oliviers et les lauriers-roses de son domaine voisin dévasté tandis qu'elle l'initiera aux pouvoirs de la poésie. De Sappho à Hugo et Rimbaud, de Pessoa à Neruda, un hymne aux mots des plus grands poètes, à l'amitié et à la vie. Au verso de la jaquette, découvrez le manuscrit du célèbre poème de Rimbaud, L'Eternité.EN STOCKCOMMANDER23,00 €
