Traverser les Appalaches, descendre le fleuve Ohio, puis gagner Saint Louis par le Mississippi, et de là remonter le Missouri aussi loin que possible sur un bateau de trappeurs, s'enfoncer en territoire indien jusqu'à la Yellowstone River et, si le sort est favorable, peut-être même gagner les Rocheuses, en dessinant tout au long les espèces sauvages - qui ne rêverait devant pareil projet ? Depuis son voyage au Labrador, en 1833, Audubon n'a guère entrepris de grande expédition. La livraison des planches de ses Oiseaux d'Amérique, les problèmes financiers, malgré sa renommée, sans compter la mise en chantier de son Omichological Biography, lui ont pris tout son temps ces dix dernières années. Pourtant un autre projet, né en 1839 : s'enfoncer dans l'ouest lointain, au coeur du "Wilderness", au plus près de la pure "sauvagerie", et puis en revenir avec ce qui sera, il en est persuadé, sa grande oeuvre : Les Quadrupèdes vivipares d'Amérique du Nord. Là-bas, passé les derniers campements de trappeurs, quelque chose l'appelle, songe-t-il, une force obscure, terrifiante et splendide, légère comme le frisson du vent sur les eaux d'une rivière, dans le premier matin du monde, mais formidable aussi, capable de tout détruire, comme le tourbillon furieux des grands buffalos martelant la prairie - cette force même, maintenant il le sait, qui l'a mené toute sa vie, à laquelle chacun de ses dessins n'aura été qu'une esquisse de réponse.
Date de parution
13/02/1990
Poids
310g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782710304111
Titre
JOURNAL DU MISSOURI
Auteur
AUDUBON JOHN JAMES
Editeur
TABLE RONDE
Largeur
135
Poids
310
Date de parution
19900213
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Avant d'avoir des amis, les objets de la nature matérielle frappèrent mon attention et émurent mon coeur. Avant de comprendre les rapports de l'homme avec son semblable, je connus, je sentis les rapports de l'homme avec la nature". Entre 1846 et 1853, The Viviparous Quadrupeds of North America est publié en 3 volumes de 150 planches de 56 x 71 cm, imprimées et coloriées à la main par J. T. Bowen de Philadelphie, et 3 volumes de textes. Cette planche 91 a été "dessinée d'après nature par J. W. Audubon" , le fils qui prend souvent à cette époque le relais de son père dont la santé décline et reproduit son style à s'y méprendre, en particulier dans le traitement pictural des décors naturels. Ursus maritimus y est raconté sur douze pages par son cosignataire John Bachman (1790-1874), pasteur luthérien anti-esclavagiste et naturaliste spécialiste des animaux du sud des Etats-Unis, dont le Unity of the Human Race, publié en 1850, contribuera au développement de la théorie de l'évolution. On découvre ainsi que les auteurs, bien qu'ayant exploré les régions septentrionales, se basent honnêtement et quasi intégralement sur les témoignages et descriptions de leurs prédécesseurs : "Nous avons voyagé ensemble, cher lecteur, dans les vallons profonds et les forêts sauvages, par-delà les marais et par-dessus les montagnes, maîtrisé les courants du Mississippi, vogué sur nos vastes lacs et nos côtes interminables, du Labrador au Mexique ; nous avons poursuivi le bison dans les grandes prairies, chassé le daim timide, piégé le castor et pris le renard ; en sommes, nous avons capturé, représenté et décrit la plupart de nos animaux ; mais avec votre permission, nous allons vous envoyer en expédition avec les navigateurs les plus intrépides des mers polaires à la recherche de l'ours blanc, car nous n'avons pas vu ce remarquable habitant des régions glacées de nos côtes évoluer dans ses froids déserts natifs... "
Immortalisé par John Woodhouse Audubon, second fils de John James le renard arctique d'hiver et d'été (volume 3, planche 121) pose sur un fond brossé par son frère aîné Victor, également responsable de la réalisation, de l'impression et de la commercialisation du projet. En 1843, John James Audubon parcourt 2 000 km dans la Prairie américaine pour documenter à ses frais les nombreux mammifères qui la peuplent. Après cinq ans d'un travail intense et familial auquel participe l'éminent lithographe John T. Bowen (1801-1856) et que soutiennent 300 souscripteurs, paraissent sur un format "éléphant" les trois volumes de The Viviparous Quadrupeds of North American, le plus vendu des grands livres illustrés dans les Etats-Unis du XIXe siècle.
La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément, elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble, et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Eglise ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul ? [... ] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'Eglise. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, donc véritable subversion", Jacques Ellul.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Lorsque le jeune Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre une épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. Dans ce roman, Thackeray ridiculise de sa plume incisive les faiblesses et les travers des grands de ce monde, dont l'affaire Madoff de 2009 est l'un des plus récents avatars. La satire morale de Thackeray semble plus que jamais pertinente.
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.