Jérôme d'Astier, dans ce texte vibrant, fixe avec grâce, cette fragile alchimie entre deux êtres épris d'absolu, bientôt séparés par le lent mouvement de la vie. Et dans cette perte, il se peut qu'il n'y ait pas de gagnant. Un hiver, comme une parenthèse enchantée et lumineuse dans la vie de deux garçons, Jean et Joseph, qui partent ensemble, fuyant leur famille, leur quotidien. Ils partent sur un coup de tête vers le Lubéron, prêts à tout recommencer, à moins que tout ne commence enfin. Portés par leur amitié amoureuse, ils se réfugient dans une maison abandonnée, au milieu de la nature endormie. Là, ils vivent comme des Robinsons, et rien, ni le froid, ni la précarité de leur bivouac, ni le manque d'argent ne les atteint. Portés par leurs rêves, tous leurs sens en alerte, ils se nourrissent d'absolu, de beauté et de liberté. Mais ils ne sont pas là par hasard. Jean écrit, la poésie est sa nourriture quotidienne. Il veut approcher celui dont les livres l'accompagnent dans un éblouissement de chaque instant. Une lettre envoyée dans la fièvre, et c'est la rencontre avec celui qui deviendra une sorte de mentor. Joseph qui, au début, partage ce bouleversement, sera bientôt délaissé, condamné à être le spectateur impuissant de l'éloignement de son ami. Leur complicité solaire faiblira. Jérôme d'Astier, dans ce texte vibrant, fixe avec grâce cette fragile alchimie entre deux êtres épris d'absolu, bientôt séparés par le lent mouvement de la vie. Et dans cette perte, il se peut qu'il n'y ait pas de gagnant.
Nombre de pages
122
Date de parution
11/05/2023
Poids
166g
Largeur
133mm
Plus d'informations
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EAN
9782363083357
Titre
Tendre hiver
Auteur
Astier Jérôme d'
Editeur
ARLEA
Largeur
133
Poids
166
Date de parution
20230511
Nombre de pages
122,00 €
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Un gars s'élance pour que la lame repasse dans la plaie, pour en écarter encore les bords. Sa réussite va me remettre le nez dans la honte. Il attrape la corde, se hisse à la force des bras, ramène les jambes et cale son appui solidement entre ses baskets, prêt à répéter l'opération. C'est si facile. Si facile, si facile, si facile. Une voix diabolique me le serine. Il s'élève lestement vers le paradis, vers la lumière, vers l'approbation du professeur. Alex. En une poignée de secondes, le voilà arrivé tout en haut. La tête m'en tourne. Mon diaphragme se contracte. Quelque chose remonte dans mon oesophage. Il nous regarde en souriant. Heureux. Beau. Je voudrais vomir ma débilité, ma nullité, mon nom, mon moi, vomir mon corps. Me retourner comme un gant dans un spasme de rejet. Jamais je ne me prénommerai Alex, jamais je n'aurai ce sourire, jamais la force de ces cuisses et de ces bras-là. Condamnation sans appel. Son inaccessibilité est une pointe dans ma chair. Mon coeur retombe comme une balle après avoir été lancé vers lui. Une acide envie me corrompt".
Plus tard, beaucoup plus tard, je rencontrerai un jeune homme. Il m'accueillera dans sa soupente. Nous parlerons. Je verrai sa souffrance et il me semblera la comprendre. La nuit tombera, tandis que nous parlerons, et la soupente se fera obscure. Quand nous nous tairons, je lèverai les yeux et je regarderai la fenêtre oblique, un carré de ciel percé dans la toiture, où bouge un feuillage. Ce sera l'été. Il aura pleuré dans mes bras. Les feuilles me parleront, sur le ciel à peine moins sombre qu'elles. Cette nuit-là sera une nuit d'enfance, mais vécue beaucoup plus tard. Parce qu'on n'a jamais vécu son enfance entièrement. Il en reste toujours quelques heures, quelques matins ou quelques nuits, pour l'avenir."
La nuit, il n'y a plus de troupeau. Il n'y a que des individus. La pression se relâche. Et je marche la nuit. Je marche dans Paris. Je me sens tellement dépouillé. Mon père vient de mourir. La fille que j'aime est prise. J'ai dix-sept ans et au lieu de m'amuser, je n'arrête pas de sentir des choses louches. Comme si quelqu'un me suivait. Un zombie. Et une odeur. Je n'arrête pas de penser à ce qui se passe dans un cercueil. Celui où repose mon père.J'attends que Zita m'appelle. Toutes les nuits, elle va danser. Elle prend des suppositoires et des comprimés. Je la trouve si belle. Même quand elle vomit. La vie est un bric-à-brac. Je pourrais faire la liste des images spéciales de cet été-là: un chien empaillé qu'un jeune homme à cheveux blancs tient en laisse. Un cimetière italien avec un orgue où les gaz des cadavres se changent en musique. Les suppositoires de ma bien-aimée. Un livre de médecine légale. La pipe de mon père, désormais inutile. Un chien vivant qui pousse des soupirs. Les fesses de Zita, tellement rondes et serrées. J'ai quand même vécu quelques belles nuits dans ce désordre. Parce que j'ai tout de même couché avec Zita. Mais la conséquence de nos étreintes, je ne l'ai découverte que quinze ans plus tard. Par hasard.
Deux siècles après leur composition (1819-1823), dans un monde confronté à de nouveaux enjeux de taille, Stéphane Lambert se penche sur l'extraordinaire cycle des peintures noires de Goya pour sonder leur inépuisable actualité. Par cette plongée dans l'imaginaire de ses hantises les plus entêtantes, le peintre espagnol avait transfiguré tous les genres picturaux de l'époque et bouleversé durablement la vision de notre humanité. Goya (1746-1828) a tout traversé, les humiliations et les honneurs, les assauts de la maladie, la guerre et les remous de l'Histoire, avec le fabuleux don de transformer les ravages en occasions de révolutionner son art. Revenant sur le riche et long parcours d'un artiste de génie, le livre prend la forme d'un voyage à travers une oeuvre professant la vitalité inébranlable de la création face à la menace du chaos.
Résumé : On l'appelait della Francesca du nom de sa mère. Son père était un cordonnier dont Vasari nous dit qu'il mourut lorsque sa femme était encore enceinte ce qui est faux. On dit que l'enfant fut très tôt doué pour les mathématiques, et que très tôt il sut qu'il serait peintre. Son désir était de représenter ce que ses yeux voyaient, sans restriction, et sans idéalisation : uniquement le visible, mais tout le visible.
Aujourd'hui, internet nous accompagne toujours et partout. Où que nous soyons, grâce à nostéléphones portables, nous pouvons nous connecter à tout moment. Conséquence : nous nesavons plus nous déconnecter. D'où une addiction maladive aux messages, un oubli dela présence de l'autre, un état de distraction chronique, voire un manque d'efficacité et deprésence au monde...Pour certains, la connexion est un réflexe mécanique : elle a perdu toute signification. On seconnecte... sans même savoir pourquoi !Le temps est venu d'apprendre à vivre avec les nouvelles technologies. Un mouvement enfaveur de la " déconnexion " est en train d'émerger dans nos sociétés. Ici et là, des individuscommencent à ralentir le rythme. Ils n'hésitent plus à " débrancher " temporairement leursappareils électroniques. Leur objectif ? Reprendre le contrôle de leur vie.S'appuyant sur ses lectures, de Sénèque à Sylvain Tesson, en passant par Thoreau et tantd'autres, Rémy Oudghiri pense que cette déconnexion salutaire est une possibilité de seretrouver soi-même et de remettre les livres et l'esprit au coeur de notre vie.
Deux soeurs se retrouvent à Ville-d'Avray, un dimanche alors que fléchit la lumière. L'une révèle à l'autre son errance avec un inconnu : une brève histoire, inquiète et trouble comme les eaux des étangs tout proches, mystérieuse et violente comme notre insatiable besoin de romanesque.