Qu'est-ce donc que ce livre, bizarrement intitulé La Littérature à contre-nuit ? Un essai regroupant des études, dont les angles d'attaque et l'écriture varient, consacrées aux liens que la littérature a. tissés, de très longue date (peut-être même depuis ses origines), avec le Mal ? Un ouvrage évoquant parmi bien d'autres noms, des auteurs tels que Georg Trakl, Joseph de Maistre, Ernesto Sàbato, Georges Bernanos, Cormac McCarthy, Paul Gadenne, Ernest Hello ou encore Arthur Rimbaud ? Ce livre est d'abord une plongée dans le gouffre: pour y chercher, fidèle au mot d'ordre de l'intrépide poète, quelque nouveauté et surtout, tenter de rapporter celle-ci pour l'exposer sous la lumière crue du jour. Car, si facile est la descente. nous savons quel terrible prix Orphée dut payer aux gardiens intraitables des Enfers pour en revenir : Il s'arrêta écrit Virgile dans ses Géorgiques. et au moment où ils atteignaient déjà la lumière, oubliant tout, hélas et vaincu dans son coeur, il se retourna pour regarder Eurydice. Aussitôt s'évanouit le résultat de tous ses efforts. Que nous désirions, à notre tour, nous retourner pour contempler, une dernière fois, ce que nous n'avons pu sauver des feux dévorants, jamais piège plus diabolique ne nous fût tendu.Juan Asensio, essayiste et critique littéraire collaborant à plusieurs revues (L 'Atelier du roman, Liberté politique, Libres, Nunc, etc.), est l'auteur de deux ouvrages : un essai sur George Steiner (La Parole souffle se- notre poussière, L'Harmattan, 2001) et La Critique meurt jeune (Le Rocher, 2006). Il a en outre participé à plusieurs ouvrages collectifs comme le Cahier de l 'Herne sur George Steiner, les Dossiers H sur Joseph de Maistre et Pierre Boutang, l'Enquête surale roman parue aux Éditions du Grand Souffle et dirigé un numéro hors série de La presse Littéraire évoquant les' écrivains infréquentables. Spécialiste de l'oeuvre de Georges Bernanos à laquelle il a consacré plusieurs articles parus dans les Études bernanosiennes, il a créé en mars 2004 un site. érudit et polémique intitulé Stalker; dissection du cadavre de la littérature.
Nombre de pages
258
Date de parution
22/08/2007
Poids
370g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782351220276
Titre
La Littérature à contre-nuit
Auteur
Asensio Juan
Editeur
SULLIVER
Largeur
150
Poids
370
Date de parution
20070822
Nombre de pages
258,00 €
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La critique meurt jeune si on compare sa longévité artificielle et bavarde aux oeuvres qu'elle est censée éclairer de ses nombreux savoirs. Aujourd'hui, à vrai dire, toutes ces sciences et pseudo-sciences (linguistique, psychanalyse, structuralisme, déconstruction, etc.) qui en ont enrichi. - et aussi brouillé - (exercice difficile, si elles semblent lui avoir procuré une caisse de résonance commode auprès des universitaires, mais aussi des journalistes, font hélas éloignée de sa nature première, après tout éminemment suspecte: la critique littéraire est un saut périlleux qui s'exécute sans filet. Surtout si l'on admet que le but des textes recueillis dans ce livre, consacrés dans leur majeure partie à des romanciers comme Nabe, Dantec, Semprun, Calasso ou encore Imré Kertesz dont les oeuvres sont écrites en ce moment même, sous nos yeux, ne vise à rien d'autre qu'à accompagner ces écrivains dans leur expérience radicale, celle du gouffre qu'est la littérature. On pourra donc lire les critiques recueillies dans ce volume, comme autant d'exercices dangereux, d'admiration ou de détestation, nécessairement voués à l'oubli. Ce serait pourtant compter sans la béquille - ou la lanterne sion admet que le critique littéraire est ce lanternarius chargé, aux temps des banquets romains, de raccompagner les convives à leur demeure, la nuit venue- dont la littérature ne saurait bien longtemps se passer à moins de se condamner à une cécité volontaire ou de se rendre, pieds et poings liés, aux hurlements des belles âmes qui, en détestant critique prétendument impuissante, n'aiment la littérature qu'à la moitié. Il faut donc, sans crainte, répéter les vers qu'Horace écrivit pour son Art poétique et qui doivent être lus comme une définition précise, à la fois modeste et redoutable, en un mot virile, de ce que doit ou plutôt devrait être la critique littéraire: "Je jouerai le rôle de la pierre à aiguiser, /Capable de rendre la lame coupante sans être elle-même apte à couper".
Premier ouvrage en français sur le grand penseur de tous les paradoxes, ce livre se veut un commentaire de l'?uvre de Steiner ainsi qu'un dialogue avec des auteurs tels que Karl Kraus, Léon Bloy, Sören Kierkegaard, Herman Broch ou Pierre Boutang qui fut son ami. Il tente de conserver le mystère dont s'est auréolé l'auteur de Réelles présences, tout en questionnant l'énigme d'une pensée qui ne cesse de sonder le Mal dont le vingtième siècle a été le miroir monstrueux.
Dans ce texte déroutant à bien des égards, Juan Asensio évoque l'une des figures les plus connues de l'imaginaire occidental : Judas. Cependant, ce livre n'est point une froide étude littéraire ou théologique qui se proposerait de relever quelques-unes des occurrences les plus marquantes du personnage de Judas dans les oeuvres de Perutz, Claudel, Gadenne et de tant d'autres. En effet, la légende médiévale (et ses prolongements littéraires jusqu'à l'époque contemporaine) bâtie autour du personnage abhorré du Traître, l'apôtre Judas Iscariote vendeur du Christ, n'est que la façade, le texte si l'on veut, alors que le prétexte, le motif secret inscrit dans la trame du tapis, est une méditation angoissée sur l'exigence propre de la parole que doit mener jusqu'à son terme absolu celui qui fait acte d'écriture, afin, en la sacrifiant, de la sauver. On jugera probablement que l'extrême prétention de pareille tâche n'a d'égale que l'apparente faillite de l'entreprise. Car vouloir trahir, vouloir se trahir, trahir sa propre parole, cela suppose la volonté surnaturelle de l'imposture, qu'il n'est sans doute donné à personne de désirer réaliser jusqu'à son plus haut degré de malfaisance : la damnation. L'écrivain véritable fait-il autre chose, en laissant advenir en sa bouche l'amertume, voire la véritable malédiction du dire, que de s'effacer peu à peu de la préoccupation des hommes, de sa propre vie même ...
Une pandémie d'origine inconnue a décimé la population nord-américaine (et sans doute celle de toute la planète). Ish, qui a survécu au mal mystérieux, entame une traversée de l'Amérique qui va ancrer en lui la conscience que rien ne pourra plus être comme avant. Il parviendra à fonder une famille, quelques survivants s'agrégeront et formeront une petite communauté autour de lui, une "Tribu" qui, confrontée à l'Après, sera partagée entre la détresse, l'apathie et l'espoir, entre l'exploitation de l'héritage laissé par la civilisation effondrée (ses ressources, règles, croyances, etc.) et la nécessité de tout réinventer pour redonner goût et sens à la vie. Si La Terre demeure (traduction du titre original Earth Abides qui cite l'Ecclésiaste) relève a priori de la fiction post-apocalyptique et dystopique, le livre excède les limites du genre par la profondeur et l'actualité du regard qu'il porte sur le sort des êtres et des choses qui composent un monde, sur ce qu'est une société humaine en crise.
« C'est une figure presque parfaite de la modernité que celle de l'abandon soumis, superstitieux et aveugle, à ce pseudo-fatalisme né du progrès dont témoigne désormais la prolifération nucléaire : elle est permise, et même encouragée, par le marché. » Ce pamphlet nous rappelle que les grands moyens technologiques sont nés dans l'affrontement auquel sont inévitablement conduits les États sous la domination de l'économie, et comment ils sont ensuite réutilisés en réponse à des situations d'urgence toujours plus étendues.