Art et littérature populaires et commerciaux faits de chromos, de couvertures de magazines, d'illustrations, d'images publicitaires, de littérature à bon marché, de bandes dessinées, de musique de bastringue, de danse à claquettes, de films hollywoodiens, etc. ". C'est ainsi que Clement Greenberg définissait le kitsch. Suffit-il pour autant de dénigrer le kitsch, de le vilipender pour le rendre détestable aux yeux de celui qui, selon l'expression d'Hermann Broch, aime à le " produire " et à le " consommer " quel qu'en soit le prix ? Certes non, car rien, à l'heure où triomphent le libéralisme libertaire et l'individualisme postmoderne, n'est en mesure de freiner son expansion et d'atténuer sa puissance séductrice. Et c'est bien cette offensive que Valérie Arrault tente de démasquer. Subtilement, elle analyse avec humour les rapports parfois ambigus, d'attraction et de répulsion mêlées, qu'exercent le phénomène Las Vegas, le richissime objet transitionnel qu'est la poupée Barbie et Disneyland, ce monde féerique et fantasmatique de Mickey dans lequel, comme le notait déjà Walter Benjamin, l'homme d'aujourd'hui est assuré de ne vivre aucune véritable expérience esthétique et intellectuelle. Mieux encore : l'art contemporain le plus actuel se fait kitsch, comme le montrent les oeuvres et les actions de Jeff Koons ou de Pierre et Gilles, attestant la puissance hégémonique du phénomène et signant ainsi sa victoire planétaire.
Nombre de pages
300
Date de parution
17/04/2010
Poids
476g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782252037522
Titre
L'empire du kitsch
Auteur
Arrault Valérie
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
476
Date de parution
20100417
Nombre de pages
300,00 €
Disponibilité
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Ce livre s'inscrit dans une tradition de critique de l'aliénation et du spectacle, qu'il ravive en démontrant comment les derniers avatars de la culture de masse nous domestiquent.
Plus communicant et interconnecté avec autrui qu'il le fut jamais -comme nous tous ! - l'artiste du XXle siècle est peut-être aussi esseulé, sinon plus, que ses anciens prédécesseurs. Un remède à cette solitude, forme contemporaine de déréliction artistique dans le monde rationalisé du tout fonctionnel ? Peut-être une philosophie de l'expérience esthétique, pour autant, comme le disait John Dewey, que cette expérience est toujours plus qu'esthétique; une philosophie attentive à ces bricoleurs que sont la plupart des artistes, créateurs d'objets improbables, sortes d'excroissances du monde pratique, parfois incongrus, dans l'entre-deux, à la limite du fonctionnel et de l'inutile. C'est ainsi qu'on peut voir l'artiste, en équilibre sur la frontière qui sépare l'univers de la fonctionnalité d'où il est issu mais dont il se détourne, et l'utopie dont il se méfie mais qu'il désire secrètement. C'est en ce sens que son geste reste, quoi qu'on fasse et quoi qu'on dise, éminemment politique. Marc Jimenez
Aujourd'hui, en art, tout est possible. Ce que fait l'art dit contemporain en qualifiant tout et n'importe quoi d'artistique ?une tache, une boîte de conserve, un corps sanguinolent, des excréments? est une négation radicale des codes et des règles, de la tradition et des critères de jugement qui, pourtant, imprègnent et structurent encore la plupart des consciences. Délivré des idéaux humanistes et de leur dimension progressiste, cet art épouse le projet du libéralisme libertaire, celui d'une classe sociale dominante, et non celui de tous. Celui d'un monde vide, où règnent le cynisme, l'opportunisme et l'égoïsme. Les pratiques artistiques qui y sont valorisées visent à bouleverser les comportements et les mentalités dans la jubilation d'une régression narcissique qui transgresse les interdits nécessaires à la construction de soi et à la vie en société. Tous les préceptes civilisationnels sont devenus des objets phobiques et des entraves insupportables à une création adepte de la subjectivité, du relativisme, de la spontanéité et de la jouissance. Situés dans la sphère freudo-marxiste, les auteurs de ce livre adoptent une approche qui combine sociologie, psychanalyse et histoire. En analysant, à l'aide de cette méthode, des oeuvres d'art considérées comme majeures, ils éclairent le renversement de valeurs opéré par un capitalisme postmoderne qui célèbre le vide, le banal, l'absurde, le déchet, le scatologique, le pornographique et le morbide.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.