Détails sur la fin du monde ou les aventures d'une famille bourgeoise confrontée à ses propres dérèglements. Amalia a, depuis la disparition de sa jeune soeur, toujours été fascinée par la mort. Sa volonté de survivre à cet épisode tragique l'a dotée d'une imagination si fertile qu'elle passe constamment de la vie réelle à la vie rêvée. Parents, mari, enfants ont chacun développé leur propre stratégie pour faire face à cette situation. Enfance sauvée par le rêve, adolescence aussi péremptoire qu'hasardeuse, mariage en forme d'arrangement avec les apparences, chaque génération s'accommode comme elle peut de sa confrontation au monde réel. Mais le vrai matériau de ce récit est la profondeur, indiscernable à première vue, des événements quotidiens les plus banals. Avec un humour féroce, une cruauté et une tendresse mêlées pour ses personnages, Aranitsis brosse le portrait d'une famille méditerranéenne d'aujourd'hui comme parabole du monde.Evjenios Aranitsis est né en 1955 à Corfou. Poète et romancier, auteur de nouvelles et d'essais, admirateur de Nabokov et Gombrovicz, c'est un intellectuel engagé dans son époque, éditorialiste au quotidien Elefthérotypia, à qui la revue Porfyras vient de consacrer un numéro spécial. Détails sur la fin du monde est son premier roman traduit en français.
En 1949, alors que Chypre est encore sous domination britannique, le Ledra Palace ouvre ses portes, dotant l'île d'un hôtel grandiose où affluera bientôt une richissime clientèle. Dans les couloirs, la salle de bal ou le jardin aux jasmins, se croiseront au fil des ans Elizabeth Taylor, Youri Gagarine, le poète Georges Séféris, ainsi que toute une kyrielle d'illustres anonymes : un concierge, des femmes de chambre, des maquisards, puis des Casques bleus, lorsque l'hôtel se retrouvera sur la Ligne verte coupant l'île en deux. Car on ne vient pas seulement au Ledra Palace pour déguster ses célèbres Brandys sour au bord de la piscine. On peut aussi y entendre quelques confessions et secrets, plus ou moins sensibles ou douloureux. Et pourtant, dans la langue d'une infinie douceur de Constantia Sotiriou, les allées du Ledra Palace conservent toute leur fraîcheur, une fraîcheur douce-amère, comme celle de la nostalgie des uns et des autres et des rêves les plus fous.
Sous la direction d'Hélène Monsacré, directrice du Département des Sciences humaines des Editions Albin Michel et qui a publié, notamment, Les Larmes d'Achille (1984, 2010). Avec les contributions de Victor Bérard, Manon Brouillet, Eva Cantarella, Michel Casevitz, Adrian Faure, Xavier Gheerbrant, Giulio Guidorizzi, Jean Humbert, Christine Hunzinger, Pierre Judet de La Combe, Gérard Lambin, Silvia Milanezi, Hélène Monsacré et Heinz Wismann.
L'exil, le déracinement, la vie problématique de milliers de Grecs vivant à l'étranger depuis la guerre civile ou le coup d'Etat d'avril 1967, les nouvelles aventures du Placier errant, amorcées dans Le Fusil-harpon, tels sont quelques-uns des thèmes de ce nouveau recueil de Vassilikos. On y découvre un monde d'exilés, celui de la Grèce de l'ombre, qui s'étend déjà sur deux générations. Dans l'extrême diversité des cas particuliers se retrouve un thème constant, celui de la lancinante nostalgie, de l'impossible oubli de cette Grèce que l'on a fuie. Il donne à ce livre sa véritable unité et sa profonde et communicative conviction.
Quand le généticien Albert Zimmermann fait état de sa dernière découverte au congrès d'Ottawa, ce n'est pas seulement la communauté scientifique qui s'en trouve bouleversée, mais toute l'industrie culturelle. Car Zimmermann affirme avoir identifié, au terme de. ses recherches, le gène de l'artiste. Il se fait fort désormais d'indiquer à tout un chacun s'il est né musicien, peintre, écrivain - ou non. Le monde de l'art est en émoi. Chaque artiste, ou prétendu tel, se . voit contraint de passer le test de Zimmermann afin de prouver ses prédispositions géniques. Dans le milieu littéraire surtout, ce changement fait des ravages. On ne publie plus que les auteurs " certifiés", tandis que les autres, déboutés par la science, deviennent de parias. Les éditeurs, tout comme les critiques littéraires, sont au chômage. Mais la résistance s'organise, et James Wright, auteur à succès avant cette révolution scientifique, choisit de rejoindre ceux qui, refusant de se soumettre au diktat du test de Zimmermann, se constituent en une sorte de société parallèle, les " Artistes Anonymes ". C'est ce récit sous forme de confession hautement romanesque - quoiqu'assortie d'une réflexion sur le rôle de la science dans nos sociétés, sur la définition de la valeur artistique d'une ?uvre - que nous propose Nicos Panayotopoulos ici, dans un livre drôle et attachant.