Apter Emily S. ; Bensaude-Vincent Bernadette ; Blo
MINUIT
13,50 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782707322470
À la grande époque de la théorie littéraire, on méprisait l?écriture de la vie. Celle-ci s?est bien vengée, et on peut avoir l?impression qu?il n?y en a plus que pour elle, non seulement en littérature, mais aussi en histoire, en philosophie et dans les sciences exactes : de Gide à Derrida, en passant par Pierre Nora, qui n?a eu droit, ces dernières années, à sa, voire ses biographies ? Le public demande des vies : les grandes collections de biographies se portent bien. Les romanciers, eux aussi, racontent des vies, la leur ou celle des autres : écrivains, musiciens, sportifs. Les intellectuels les moins suspects de complaisance envers l?intime se laissent interviewer ou glissent des souvenirs dans leurs essais. Éternel retour du même ? Pas du tout. Car on ne narre plus les existences comme avant. On croit moins à leur cohérence, à leur unité. On conçoit mieux leurs zigzags et on tente de les suivre. Mais c?est plus profondément que le genre, si c?en est encore un, a changé. À côté des biographies d?hommes ou de femmes célèbres, on a vu apparaître celles d?humbles et de sans-grade, et même des « biographies d?objets ». Bien des biographies relèvent du défi ou du tour de force, comme celles qui concurrencent les Mémoires de leur auteur, Chateaubriand ou Malcolm X. La biographie, enfin, a migré hors du livre, vers le biopic cinématographique ou vers ces étranges performances d?art contemporain où des artistes exposent leurs propres nécrologies écrites par eux-mêmes.Ce numéro de Critique, dirigé par Antoine Compagnon et Philippe Roger, enquête sur les formes variées de l?écriture contemporaine de la vie en examinant quelques récits de vie récents, mais surtout en s?interrogeant sur le destin des genres, littéraires ou non, qui traitent de la vie.
A l'heure où les échanges culturels sont véhiculés par un anglais standardisé, même si d'autres langues de portée mondiale commencent à modifier l'équilibre des forces dans la production de la culture, Emily Apter mène une réflexion sur les zones de traduction. Traduire, est-ce perpétuer ou effacer la mémoire culturelle ? Tout est-il traduisible ? A travers une grande variété de champs - de l'"invention" de la littérature comparée par Leo Spitzer et Erich Auerbach à la situation de la littérature algérienne après l'Indépendance, et du rôle politique crucial de la traduction après le 11-Septembre à la fabrique des langues (pidgins, créoles) -, son questionnement est ouvert aux littératures du monde entier. Elle ne traite pas de la seule discipline littéraire, mais des rapports entre les langues. Une nouvelle littérature comparée se dessine ici, celle dont nous avons besoin pour préserver l'"intraduisible" sans renoncer à mettre en relation. Penser la traduction, c'est faire une politique du vivre ensemble. Emily Apter est professeur à la New York University dans les départements de Français et de Littérature comparée. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Quiniou
Notre personnalité est essentiellement mobile et peut passer dans l'instant d'un état contradictoire à l'autre. C'est ce que révèle la Théorie du Renversement Psychologique qui décode nos paradoxes et explicite les schémas qui les sous-tendent. Elle nous éclaire ainsi sur nos motivations et nos prises de décision. Codéveloppée par Michael Apter, cette manière de lire la personnalité, non pas figée dans des traits immuables mais profondément dynamique, a de ce fait des implications fortes en développement personnel. Utilisée en premier lieu en coaching sportif, elle s'implante dans le coaching personnel et professionnel et en management, comme d'ailleurs aussi dans autres champs professionnels, tant elle aide à comprendre le comportement des personnes, adultes et enfants, aussi bien face à un produit que lors d'une d'hospitalisation.
Brisons le tabou de la mère toujours aimante ! L’autrice, ayant eu elle-même une mère toxique, nous dévoile le fruit de ses recherches en la matière : les profils de la mère toxique, les conséquences à court et à long terme sur sa fille, les dynamiques familiales, comment se reconstruire… Il s’agit ici d’un livre complet et introspectif sur un phénomène encore peu connu, mais pourtant récurrent. Une lecture riche et idéale pour se libérer du passé !
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.