Anzieu Didier ; Barrois Claude ; Boureau Alain ; C
FOLIO
13,90 €
Epuisé
EAN :9782070417841
L'amour de la haine : l'amour monstrueux que porte la haine ; l'amour que nous portons à notre propre haine ; l'amour que nous portons à la haine qui nous vise ; et même peut-être, l'amour que nous porte la haine elle-même. Nous sommes trop enclins à penser la haine dans son opposition à l'amour, voire à fonder ce couple d'opposés sur le dualisme des pulsions de vie et de la pulsion de mort. La notion d'ambivalence est alors hâtivement appelée à la rescousse : l'amour cacherait la haine, la haine un amour fou. En ce mélange des contraires, l'ambivalence perd de sa vigueur conceptuelle, et s'estompe le visage de la haine, comme d'ailleurs celui de l'amour. Parler d'amour de la haine provoque la pensée à se saisir de la question de la haine là où elle se pose le plus vivement, là où haine paraît être une exigence impérieuse, une condition vitale. Certains individus, certaines collectivités, à tel moment de leur histoire, semblent bien n'être animés que par un besoin de haïr. On dirait qu'ils n'aiment plus qu'une chose: leur haine. Enfin, invoquer un amour de la haine nous retient d'assimiler hâtivement haïr et détruire, haine et meurtre. La haine n'exige-t-elle pas la présence et la permanence de son objet ? Le raciste trouve son identité dans le mépris de l'autre. L'amant jaloux cesse d'être amant sans la présence d'un rival. L'amour de la haine est à l'origine un numéro de la Nouvelle Revue de Psychanalyse publiée sous la direction de J.-B. Pontalis.
Nombre de pages
512
Date de parution
14/03/2001
Poids
250g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070417841
Titre
L'amour de la haine
Auteur
Anzieu Didier ; Barrois Claude ; Boureau Alain ; C
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
250
Date de parution
20010314
Nombre de pages
512,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les nombreuses contributions de la psychanalyse à l'esthétique se sont surtout attachées à l'interprétation du contenu fantasmatique des oeuvres ou à la psychopathologie des auteurs. Si féconds qu'aient été en leur temps ces travaux, ils laissaient sans réponse les questions que pose toute oeuvre d'art: l'effet de captation qu'elle produit, les affects et les identifications qu'elle suscite, le dévoilement du réel qu'elle opère.Pour saisir de tels effets, on doit interroger moins le produit fini que l'expérience et le processus d'où résulte ce produit. Tout comme le rêve suppose un "travail", non visible, tout comme l'épreuve de la perte engage un douloureux "travail de deuil", l'oeuvre d'art et de pensée est tout entière traversée par un travail créateur. Bien plus, son originalité et son pouvoir sur nous tiennent à ce qu'elle figure ce travail dans sa forme et dans son style. Le corps de l'oeuvre - et non le seul texte - est l'oeuvre elle-même.Trois parties dans cet ouvrage. D'abord, une clinique et une théorie du travail créateur, où le cas de Freud est pris pour paradigme. Ensuite une analyse, menée à partir du Cimetière marin, "poème de la création du poème", qui permet à l'auteur d'y différencier cinq phases: l'état de saisissement, l'appréhension d'un représentant psychique inconscient, sa transformation en code organisateur, la donation d'un corps à ce code, l'affrontement imaginaire puis réel à un publie. Enfin, venant préciser et affiner le modèle théorique, quelques monographies: sur une nouvelle d'Henry James et le dédoublement, sur les contes et codes de Borges, sur la détresse et les toiles de Francis Bacon, sur les romans de Robbe-Grillet et les techniques de la pensée obsessionnelle. Autant de lectures psychanalytiques qui nous font effectuer un aller et retour entre l'opacité de la création et la complexité de l'intelligible.Une "poétique" psychanalytique serait donc possible...
Auteur irlandais jusqu'alors peu connu, Samuel Beckett devint un des plus grands écrivains français dans l'après-coup d'une cure psychanalytique. Didier Anzieu, psychanalyste qui s'est intéressé au processus créateur, a reconstitué le déroulement de cette cure, son impasse, sa reprise, à la fois thérapeutique et littérairement féconde, sous la forme d'une auto-analyse. Il montre que le célèbre soliloque du narrateur beckettien est composé d'associations libres adressées à un psychanalyste fictif. Effectuée par écrit, l'auto-analyse de Beckett, à l'instar de celle de Freud qui explorait le champ de la névrose, met au jour des angoisses qui menacent les bases mêmes de la personnalité humaine. Le lecteur reçoit les textes de Beckett à la manière dont le visiteur reçoit les toiles de Francis Bacon, cet autre Irlandais célèbre comme un coup porté au creux de son âme.
La peau est l'enveloppe du corps, tout comme le moi tend à envelopper l'appareil psychique. Les structures et les fonctions de la peau peuvent donc fournir aux psychanalystes et aux psychologues des analogies fécondes pour les guider dans leur réflexion et leur technique.
Le Groupe et l'Inconscient est le livre le plus important écrit ces dernières années sur la réalité psychique des groupes humains. Paru en 1975, traduit en plusieurs langues, vendu en France à des milliers d'exemplaires, il constitue l'ouvrage de base de la recherche française en matière de psychanalyse groupale. D. Anzieu centre son propos sur la notion d'imaginaire groupal: le groupe a sa psychologie propre, différente, sous certaines conditions et à certains moments, de celle des individus qui le composent. Pour élucider cette psychologie, l'auteur part de l'analogie du groupe et du rêve. Elle conduit à décrire et à situer plusieurs processus imaginaires qui sous-tendent la vie des groupes: l'illusion groupale, le groupe-bouche, les fantasmes de casse, le groupe machine, la résistance paradoxale autodestructrice, les perturbations entraînées par la prévalence de l'imago paternelle ou du surmoi... Des "organisateurs psychiques inconscients", tels que les fantasmes originaires ou l'image du corps propre, sont ainsi dégagés qui structurent l'imaginaire groupal. La présente édition - la troisième - comporte deux ajouts importants. L'ouvrage s'ouvre sur un riche avant-propos dû à René Kaës qui fait la synthèse des dix dernières années de la recherche psychanalytique groupale. Un dernier chapitre expose et illustre la notion nouvelle de "moi-peau groupal", due à D. Anzieu. Avec cette nouvelle édition du Groupe et l'Inconscient, D. Anzieu apporte aux chercheurs, aux praticiens, voire aux usagers des groupes formateurs, thérapeutiques et naturels, le panorama de la vie groupale inconsciente.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys