Annales gabonaises des géosciences politiques - Tome 1. Le conflit russo-ukrainien Représentations e
Revue Du cergep
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EAN :9782342372083
Le 24 février 2022, la Russie a attaqué l'Ukraine, suscitant une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU le 2 mars, condamnant la guerre et exigeant le retrait immédiat des forces russes du territoire ukrainien. Parmi les 54 États africains, 29 ont soutenu la résolution, un s'y est opposé, 16 se sont abstenus, et 8 n'ont pas voté. Le 7 avril, la Russie a été suspendue du Conseil des droits de l'Homme, avec 10 pays africains en faveur, 24 s'abstenant, 9 votant contre, et 11 ne participant pas au vote. Les divergences africaines ont suscité diverses interprétations occidentales, certaines suggérant l'indécision des dirigeants africains entre s'aligner sur les États-Unis et l'UE ou attendre l'issue du conflit. D'autres estiment que l'abstention reflète la crainte de s'opposer à la Russie de Poutine, ou la perçoivent comme un acte de complaisance envers son révisionnisme géopolitique.Ce premier numéro des Annales gabonaises des géosciences politiques expose la perception et l'impact du conflit russo-ukrainien en Afrique tels que appréhendés par des analystes Africains. Ses contributeurs sont : A. BISSUE BI-NZE/ L. MESSIA NGONG/ S. LOUNGOU/ E.E. YOGO/ F. EBOGO.
Nombre de pages
174
Date de parution
17/03/2025
Poids
220g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782342372083
Auteur
Revue Du cergep
Editeur
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20250317
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Sans un minimum de confiance en autrui, les actes en apparence les plus simples et les plus anodins de la vie quotidienne se révèleraient vite impossibles. La question de la confiance apparaît ainsi cruciale pour les sciences sociales. Il leur faut répondre à la question de savoir à qui se fier, comment et pourquoi ? Surtout lorsque, rompant avec l'individualisme méthodologique simple ou avec le holisme, elles tentent d'adopter un questionnement interactionniste, qui fait place à la possibilité du mensonge et de la tromperie. L'outil privilégié de l'interactionnisme a été jusqu'alors la théorie des jeux. Or_ pour celle-ci, le basculement dans la confiance apparaît logiquement impossible à des " égoïstes rationnels ". Il en résulte qu'on ne saurait faire confiance à la théorie des jeux pour analyser la confiance et l'interaction. Et qu'il nous faut tenter de penser une logique du raisonnable qui ne soit pas nécessairement " rationnelle ".
Le sous-titre de cet ouvrage aurait pu être : " Pour contribuer aux cérémonies du cent-cinquantème anniversaire de la révolution de 1848 et du trentième de Mai 1968 ". Ce que ces deux événements ont en commun, c'est l'affirmation d'une spontanéité qui se dresse contre les pouvoirs établis pour ne reconnaître comme légitimes que les institutions issues de la libre association des hommes (et des femmes). " Une seule solution, la révolution ", disait-on en 1968 ! Oui mais, répondait en somme à l'avance, en 1848, Pierre Leroux, l'inventeur du mot socialisme et le prophète lucide de tous les drames qu'allait engendrer une collusion trop étroite du socialisme et de l'étatisme, oui, mais à condition que ce soit la révolution de l'association. Il donnait ainsi naissance à une longue lignée de socialistes associatifs, dont en France Jean Jaurès et Marcel Mauss auront été parmi les plus grands représentants. Or il faut bien reconnaître qu'ils ont toujours succombé face à des forces plus puissantes. Comme si l'association devait systématiquement céder le pas aux syndicats, les syndicats aux partis, les partis aux Etats. N'est-il pas temps, grand temps, d'amorcer un cheminement inverse en partant de la thèse que l'association est au c'ur du rapport social, lorsque celui-ci ne se réduit pas à la contrainte ? Et que, dès lors, elle n'est rien d'autre que la démocratie en acte ? La question se pose d'autant plus qu'il apparaît chaque jour davantage qu'on ne peut plus tout miser uniquement sur les deux grands systèmes spécifiques de la modernité, le marché et l'Etat. Ils ne sont plus en mesure, à eux seuls, de procurer emploi, activité, dignité et estime de soi à tous. D'où la nécesité de faire émerger à côté d'eux et en interaction avec eux, un troisième pilier, à la fois économique, éthique et politique, la société elle-même en somme, dont le fer de lance serait constitué par les citoyens associés. Encore convient-il de ne pas idéaliser et de reconnaître toutes les contradictions auxquelles se heurte l'engagement associatif. Sur tous ces points, sur la théorie et la doctrine de l'association, sur ses déterminants et ses implications sociologiques et économiques, sur ses rapports avec le tiers secteur et l'économie solidaire, ce numéro du MAUSS offre un panorama français et international sans équivalent à ce jour.
En 1989, la chute du Mur de Berlin semblait annoncer la fin du mensonge et des illusions totalitaires. Pendant quelques années, le monde occidental se prit à rêver de la paix perpétuelle qu'amènerait l'extension rapide à toute la planète de l'économie de marché, des droits de l'homme, des technosciences et de la démocratie. D'un universalisme enfin accepté. Aujourd'hui, le cauchemar a succédé au rêve : partout dans le monde, on se massacre allègrement et des Etats se défont au nom de la pureté de la race ou de la religion. L'Occident aurait tort de croire que ce sont là affaires de barbares qui ne le concernent pas. D'abord, parce que le conflit se fait désormais sentir au coeur même des démocraties les mieux ancrées. Et surtout, parce que cet effarant retour de l'ethnocentrisme au Sud et à l'Est semble proportionnel à la secrète violence impliquée par la norme universaliste occidentale. Comme si, derrière l'apparente neutralité de la marchandise, des images et du juridisme, nombre de peuples percevaient un ethnocentrisme paradoxal, celui de l'universalisme du Nord et de l'Ouest, d'autant plus dévastateur qu'il nie toute pertinence des différences culturelles. Dans une situation aussi dramatique, la pensée hésite. Impossible, au nom d'un relativisme irresponsable, d'avaliser les folies purificatrices. Impossible aussi, au nom d'un universalisme aveugle, de méconnaître les ravages produits par la prétention de l'Occident au monopole de la culture légitime. Mais impossible, tout autant, de renoncer à définir des normes éthiques, politiques et culturelles minimales que l'humanité entière soit effectivement susceptible de partager. Entre un relativisme sans principe et un universalisme cannibale, la voie est étroite, mais elle existe. Elle est celle d'un relativisme modéré, d'un " pluriversalisme ". C'est elle que les auteurs de ce numéro de la Revue du MAUSS invitent les lecteurs à explorer avec eux.