Cet ouvrage établit qu'en tant qu'allocutaire d'elle-même et des autres, la femme est un être de langage capable de juger de la vérité de ses paroles, de l'objectivité de ses actes et de l'humanité de ses désirs. Alors que les féministes se contentent trop souvent de justifier de leur capacité à penser à l'instar des hommes, l'auteure l'établit ici comme un fait anthropologique universel, et donc, transculturel. Elle contribue de façon imparable à l'anthropologie philosophique du langage qui a démontré que le vivant humain n'a pu se rendre la vie possible, qu'en s'inventant l'usage du dialogue. Ses résultats permettent de dériver l'esprit à partir de l'usage du langage et du dialogue et montrent comment la vie humaine est réglée par le partage mutuel de la vérité de nos jugements théoriques et pratiques. On peut donc oublier le dualisme cartésien entre esprit et corps qui forçait à respecter l'idéal moral, mais aussi machiste, d'une maîtrise complète de soi et viciait les relations entre hommes et femmes. Car l'usage du jugement s'avère ainsi commun aux deux genres et libère les femmes de tout statut d'infériorité par rapport aux hommes. Le respect de l'équité intellectuelle s'impose par là comme une loi de notre "seconde nature" d'être de langage. Celle-ci exige d'être respectée partout, à la fois dans les échanges intellectuels dans les rapports sociaux.
Nombre de pages
134
Date de parution
28/03/2022
Poids
186g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343254265
Titre
De l'équité intellectuelle entre les genres
Auteur
Angue Medoux Irma Julienne
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
186
Date de parution
20220328
Nombre de pages
134,00 €
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La mondialisation économique produit une dépotentialisation des démocraties et de l'éducation. L'expérimentation de l'être humain qu'elle promeut ne vise que la satisfaction de ses désirs. Sa capacité à les satisfaire y est légitimée ipso facto comme humaine. La nécessité de l'éduquer disparaît donc dans cette expansion illimitée de ses croyances, de ses désirs et de ses volontés. Les institutions d'éducation s'y découvrent impuissantes à forger une culture humaine. Car en Afrique comme en Europe, l'éducation est focalisée sur l'enseignement scientifique et technologique, elle ne peut donc pas forger une formation culturelle des citoyens à la démocratie. Nous sommes pourtant obligés de recourir au dialogue là où les institutions juridiques, morales et politiques ne règlent plus la vie sociale pour nous et ce dialogue nous oblige à nous donner à nous-mêmes cette formation à l'aide des jugements que nous portons sur nos conditions de vie. Dans ce contexte, seule une montée en puissance de l'éducation peut guérir les démocraties néolibérales de leur volonté de puissance en promouvant l'exercice d'un jugement critique dans ce dialogue.
ESSAIS Povilas Aleksandravicius, " La philosophie à l'époque soviétique et après la chute du Mur : situation d'un peuple " ; Maria Kakogiani, " Daniel Bensaïd, Aristote, et le pragmatisme émancipateur ". L'AFRIQUE POSTMODERNE (coordonné par Irma Julienne Angue Medoux) Irma Julienne Angue Medoux, " La résurgence de la pensée critique dans l'Afrique postmoderne " ; Anatole Fogou, " Autorité et pouvoir en Afrique postmoderne : à propos des "théories de l'indiscipline" " ; Léopold Mfouakouet, " Postmodernité, philosophie "africaine", philosophie "occidentale" ou les philosophies de l'histoire en déconstruction " ; Landry NDounou, " L'universalisme différentialiste et les risques du nihilisme en politique (Controverses autour du particularisme des droits et de la démocratie en Afrique) " ; Jean-Rodrigue-Elisée Eyene Mba, " L'émergence du postmoderne en Afrique : problèmes, enjeux et perspectives " ; Léon Matangila, " Le paradoxe politique et la diversité culturelle en Afrique cinquante ans après les indépendances ". SAINT-DENIS A VINCENNES Jacques Poulain, " La critique philosophique en Europe et dans le monde face à la mondialisation et aux terrorismes " ; ETUDES & DISCUSSIONS Thamar Rossi Leidi, " Naturalité de l'histoire et historicité de l'agir humain. La conception de l'histoire de Machiavel " ; Talia Morag, " Réflexions kantiennes sur l'effet de rétroaction dans les modèles scientifiques ". LECTURES Lorène Cayte, " A blanc, à propos d'une série, Jean-François Lyotard (1982) " ; Mounirou Diallo, " Quand la femme africaine s'invente... ! ".
La philosophie du langage s'est développée au 20e siècle comme prima philosophia. L'auteure entend montrer que le vivant humain ne peut se réaliser qu'en forgeant sa faculté philosophique de juger à l'aide du dialogue. Mais il ne peut affirmer ses vérités qu'en jaugeant celles-ci aux effets de bonheur qu'elles transmettent. Cette régulation de l'usage du langage par l'esthétique inhérente à l'usage du jugement de vérité est en effet autant une condition de vie qu'une condition de son bonheur. Le tournant esthétique qu'opère la conception de la philosophie comme esthétique culturelle prétend, quant à elle, que l'usage du langage n'est condition de vie de l'être humain qu'en déployant la dynamique d'harmonisation du monde, de soi-même et d'autrui à l'aide de l'imagination dialogique et du jugement de vérité. Seul l'exercice de ce jugement permet de juger si l'harmonie de vie exprimée dans la pensée et la parole rend aussi heureux les interlocuteurs que celle-ci leur fait partager sa vérité.
Rorty a dû ses succès d'argumentation à ses talents dialectiques. Ils ont fait sa réputation et étendu son influence comme porte-parole d'une communauté culturelle pragmatique en parvenant à transmettre ses doutes et ses questions à toute une génération. Mais cette réputation a contribué à le méconnaître comme philosophe. C'est à cette méconnaissance que met fin le présent ouvrage. Irma Julienne Angue Medoux effectue, en contournant toutes les idées reçues, une performance unique : elle parvient à camper Richard Rorty comme philosophe, presque comme un Socrate contemporain, alors que ses collègues, et parfois lui-même, ne lui reconnaissaient pas la capacité à l'être et déniaient à ses écrits la capacité à exprimer une critique philosophique du temps présent. Or c'est justement comme philosophe du temps présent que l'auteure réussit à lui reconnaître le statut de philosophe, ce statut qu'il a eu effectivement et qu'on ne peut plus lui dénier, une fois qu'on en a été convaincu par l'interprétation que l'auteure nous donne de son oeuvre.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...