Ce que l'on dit des juifs en 1889. Antisémitisme et discours social
Angenot Marc
PU VINCENNES
18,00 €
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EAN :9782903981594
La plupart des historiens de l'antisémitisme ont centré leur attention sur les doctrinaires systématiques de cette idéologie de haine ; d'autre part, ils ont approché leur objet dans une perspective historique traditionnelle, c'est-à-dire généalogique, diachronique. Le présent ouvrage prend le contre-pied de cette démarche ; il étudie la diffusion d'énoncés hostiles aux Juifs dans une coupe temporelle - l'année 1889 - et en parcourant tous les secteurs, tous les genres et les discours établis : la presse des diverses tendances, les propagandes politiques, la littérature, les disciplines scientifiques, sans négliger les formes vulgaires ou ignorées du discours social : roman pour la jeunesse, chanson de caf' conc', pornographie... On immerge en quelque sorte les écrits des antisémites " professionnels " dans cette dissémination générale de stéréotypes et de préjugés. Ce changement de perspective, joint à une méthodologie appuyée sur le concept de discours social, permet à l'auteur de contredire nombre de conclusions généralement admises. En montrant l'antisémitisme comme inscrit dans la doxa, dans le " sens commun " d'il y a un siècle, et en suivant tous les avatars d'énoncés antijuifs, l'auteur aboutit à des propositions nouvelles sur la nature de l'hégémonie dans un état de culture.
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Nombre de pages
195
Date de parution
12/04/1995
Poids
250g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782903981594
Titre
Ce que l'on dit des juifs en 1889. Antisémitisme et discours social
Auteur
Angenot Marc
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
138
Poids
250
Date de parution
19950412
Nombre de pages
195,00 €
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Cet ouvrage fouille les doctrines et les programmes de la deuxième Internationale et débouche sur une réflexion théorique portant sur les notions de mythe et d'utopie, sur le caractère antinomique des idéologies modernes et sur la nature de la foi militante.
Karl Marx est censé avoir livré au monde une science nouvelle, le " socialisme scientifique ". Cette science démontrait la fatalité de l'effondrement prochain du mode de production capitaliste et, dans la foulée, d'une révolution qui conduirait l'humanité au collectivisme et puis au communisme. Cette thèse a soutenu l'espérance militante pendant plus d'un siècle en dépit des polémiques interminables qui l'ont accompagnée. Marc Angenot a choisi de prendre à bras le corps les Grands récits militants de toutes natures des XIXe et XXe siècles ; il repense la question du " socialisme scientifique " en reconstituant l'histoire de la légitimation des remèdes ultimes aux maux sociaux, remontant aux prophètes romantiques fondateurs de " religions de l'humanité ". Il immerge le marxisme et les socialismes révolutionnaires dans cet ensemble idéologique de longue durée et il les fait voir et fait voir le problème de la légitimation politique sous une perspective neuve. Exploitant des données largement ignorées ou oubliées de nos jours, il provoque des confrontations inattendues, réfute des idées toutes faites et montre des enchaînements qui renouvellent l'histoire des idéologies modernes.
Les études littéraires sont le seul domaine des ainsi nommées "sciences humaines" qui commence en écartant - sans jamais s'interroger sur cette mise à l'écart préjudicielle - quatre-vingt-dix pour cent et plus de ce qui peut sembler son objet naturel. Dans les deux siècles modernes, l'écrasante majorité de ce qui s'est donné pour des "romans", ne serait-ce que par cette mention sur la page de titre, de même que les textes versifiés en leur masse se trouvent exclus de toute prise en considération avant de commencer. Il en va de même pour une part plus massive encore du texte dramatique, de Pixérécourt et du mélodrame romantique au théâtre de boulevard. Marc Angenot explore ici certains secteurs de ces dehors de la littérature canonique en recueillant divers essais qui portent sur les genres, les thématiques et les formes les plus dévalués de ce Grand Déchet. Il se place sous l'invocation d'un personnage benjaminien, celui qui va chercher du récupérable, du " gaspillé " dans les gravats et les champs d'épandage : le Crocheteur.
Qui a jamais persuadé son prochain à force d'arguments? Au cours d'une vie, rares sont les moments où l'on se laisse convaincre et où l'on parvient à emporter l'adhésion de notre interlocuteur, préalablement attaché à une opinion autre que la nôtre. La rhétorique, traditionnellement définie comme l'art de persuader par le discours, se révèle être une science qui ne remplit pas l'objectif qu'elle se donne. Les hommes argumentent constamment, et en toute circonstance, mais à l'évidence ils se persuadent assez peu mutuellement. Du débat politique à la querelle de ménage, de la dispute amicale à la polémique philosophique, c'est l'expérience constante que l'on en a. Peut-être, du temps d'Aristote et des sophistes, le rhéteur persuadait-il ses concitoyens à coups de sorites, d'enthymèmes et d'épichérèmes? Il semblerait qu'aujourd'hui cela ne marche plus. Qu'en est-il d'une science, la rhétorique, aussi faillible? Pourquoi, se persuadant rarement, les hommes persévèrent-ils à argumenter? Ils persistent à soutenir des controverses interminables, faites d'échecs répétés. Pourquoi ces échecs? Qu'est-ce qui ne va pas dans le raisonnement mis en discours? Pourquoi lorsque l'on argumente le message passe-t-il si mal? Dans cet essai original et ambitieux, Marc Angenot nous propose d'explorer l'univers de la mécompréhension, d'en analyser les mécanismes, de répertorier les formes du raisonnement logique et celles des errements illogiques. Il éclaire des cas illustres ou méconnus de dialogues de sourds qui marquèrent l'histoire de la philosophie et celle des débats publics. Il en vient ainsi à poser la question de l'universalité de la raison raisonnante et à réexaminer les théories admises sur le sujet.