Avec une méticulosité atrocement obstinée, modeste et mélancolique, l'auteur poursuit l'exploration autobiographique entreprise dans L'enfant miroir, son précédent livre. Il ne nous dissimule aucun des événements liés à son adolescence entre les deux guerres, auprès de ses grands-parents, autrefois concierges dans le quartier du Val de Grâce, et de ses parents, aussi scabreux soient-ils. La précision réaliste est pour Robert André une loi non seulement d'écriture, mais de conscience morale. Il nous raconte ainsi le choc en retour de ses impressions d'enfance, marquées par son attachement passionné à une mère dont il a surpris les infidélités, par d'affreuses scènes de ménage, les brutalités et les maladresses de son père, en contraste avec la douceur anachronique de ses deux grand-mères qui l'enveloppaient de tendresse. Ce choc en retour, tandis qu'il poursuit ses études à Louis-le-Grand où Gabriel Marcel lui révélera la philosophie, va se traduire par maintes difficultés affectives, une expérience homosexuelle suivie par des amours normales bien que toujours inquiètes et menacées, maladivement sensibilisées par cet asthme dont l'adolescent souffrait depuis sa prime enfance. Mais ne serait-ce pas un tel mal, étrangement insaisissable, qui donne à Robert André une sorte de souveraine et douloureuse maîtrise sur un "roman" d'éducation, écrit avec le sang le plus profond de son existence même ...
Nombre de pages
256
Date de parution
06/05/1980
Poids
280g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070207619
Titre
Une passion ingénue
Auteur
André Robert
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
280
Date de parution
19800506
Nombre de pages
256,00 €
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Un homme et une femme, mariés depuis trente-cinq ans, parlent pour Venise. Il ne s'agit pas d'un voyage d'amour, mais de mort. Pierre Rény, atteint d'une maladie incurable, sait que la fin est proche. D'abord, il reste enfermé dans la tranquille chambre d'hôtel de l'île Saint-Georges, mais bientôt la ville splendide et pourrissante, comme par osmose, l'envahit et le force à quitter sa retraite. Tandis que l'égoïste et jadis frivole Henriette est touchée par le caractère sacré des pierres et des eaux mortes, Pierre Rény rétablit un contact étrange et désespéré avec l'homme voluptueux, ambitieux et victorieux qu'il fut. Pendant la nuit la plus insolite, comme s'il était convié à quelque ultime fête sensuelle qui lui permettrait de traverser les frontières interdites, à l'insu d'Henriette, il quitte sa chambre, se laisse guider à travers le réseau des canaux noirs jusqu'à une certaine maison de plaisir. Est-ce le sentiment d'éternité qu'il espère trouver auprès d'une femme jeune et belle, avant que son agonie ne commence ? Tout au long du périple, Venise a multiplié les présages.
Le narrateur s'était proposé, à partir d'une enquête, de recomposer la chronique d'une famille originaire de la Brie française, contrainte par la révolution industrielle d'émigrer vers la région parisienne. Sur cette étude s'est greffée l'histoire de l'amour et de la vie de Juliette Lucile Delphine Grandvilliers. L'auteur subit la fascination de cette créature qu'il s'est attaché avec patience, avec tendresse, à apprivoiser et à suivre dans les zones du rêve et de l'aventure où elle l'entraîne. Amours balancées entre la passion et l'intérêt, maternité, ambition, tout cela mène l'héroïne à la tardive découverte de l'art vocal, d'où le titre emprunté à Schumann.
Toute vie humaine en contient plusieurs, compartimentées, cloisonnées, aveugles les unes aux autres. C'est à la recherche d'un de ces fragments - ses dix premières années - d'une gravité décisive, que se consacre Robert André, à la fois narrateur et sujet. Avec une admirable minutie, le romancier construit patiemment son document autobiographique sur un rythme destiné à mettre en valeur les scènes capitales du passé. Son enfance, dans le quartier du Val-de-Grâce à Paris, s'écoule d'abord auprès de ses parents d'origine modeste, puis auprès de sa grand-mère, concierge du côté des Gobelins. Il souffre d'asthme et de cent complications pulmonaires qui aiguisent violemment sa sensibilité et sa clairvoyance. Il adore sa mère, déteste et redoute son père dont l'unique volonté est d'échapper à la médiocrité de sa classe. Il atteint ainsi l'âge de dix ans. Cette étape correspond à la fin dramatique d'une part de lui-même, au début d'une autre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.