Machines à papier. Innovation et transformations de l'industrie papetière en France, 1798-1860
André Louis
EHESS
35,00 €
Epuisé
EAN :9782713212000
La papeterie française est confrontée dans la première moitié du 19e siècle, comme de nombreuses branches industrielles, à la mécanisation. Cette mutation décisive n'est pas seulement d'ordre technique : elle s'inscrit dans une transformation générale des hommes et de leurs pratiques qui mène, vers 1860, à une nouvelle organisation économique et sociale. C'est une telle flexure majeure qui est au cœur des interrogations de cet ouvrage : comment passe-t-on d'un système technique à un autre ? De l'invention de la machine à papier par Louis Nicolas Robert en 1798 à la multiplication par cinq de la production vers 1860, la modernisation d'une branche n'a rien d'automatique ou d'aléatoire. La machine nouvelle ne s'intègre pas sans un intense effort collectif dans des entreprises profondément renouvelées ; elle ne se diffuse pas sans que soient surmontés de nombreux obstacles techniques ; cause de la mutation, elle en est aussi un effet, en un cycle auto-soutenu. Aussi la mécanisation est-elle au centre d'un processus complexe. Elle obéit à des rythmes et des logiques qui prennent racine dans un ancien régime productif dont l'héritage est contraignant. Avide de capitaux, elle mobilise des financements neufs et variés ; promotrice de nouveaux espaces productifs, elle provoque le remaniement des installations ; ancrée sur les marchés en expansion de la lecture et de la presse, elle suscite l'émergence d'entrepreneurs innovants ; ordonnatrice d'une organisation du travail renouvelée, elle implique une transformation de la composition de la main-d'œuvre. Ainsi une nouvelle géographie et une nouvelle structure des entreprises se sont mises en place, dont la papeterie a gardé des traces jusqu'à nos jours. Grâce à l'exploitation d'archives d'entreprises inédites et rares, le cycle de la mécanisation de la papeterie française, analysé ici concrètement, dans ses hésitations, ses tensions, ses réussites et ses limites, introduit à une histoire globale, technique, économique et sociale, de l'innovation.
Nombre de pages
501
Date de parution
10/01/1997
Poids
800g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713212000
Titre
Machines à papier. Innovation et transformations de l'industrie papetière en France, 1798-1860
Auteur
André Louis
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
800
Date de parution
19970110
Nombre de pages
501,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'abbaye de Fontenay, fondée en 1119 par saint Bernard au nord de la Bourgogne, est le plus ancien témoin de l'architecture cistercienne en Europe. Seconde fille de Clairvaux, le monument constitue l'un des ensembles monastiques les plus complets et conserve aussi la forge médiévale où les moines exerçaient la métallurgie. Vendus comme bien national, en 1790, les bâtiments sont réutilisés pour une usine de papeterie, rachetée en 1820 par Élie de Montgolfier. Les machines envahissent les bâtiments et l'activité industrielle s'étend progressivement dans toutla vallée de Fontenay, jusqu'à ce que l'abbaye soit rachetée en 1906 par le banquier lyonnais Édouard Aynard, époux de Rose de Montgolfier, qui en entreprend une restauration exemplaire. Après lui, pierre à pierre, ses descendants parachèvent la renaissance de Fontenaycouronnée par l'inscription sur la liste du Patrimoine mondial (UNESCO), en 1981. Chaque année, des milliers de visiteurs attestent de sa beauté intemporelle, résultat de trois vies consacrées la première à la prière, la deuxième à l'industrie, la dernière au patrimoine
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.