Au bord des mondes. Vers une l'anthropologie métaphysique
Amer Meziane Mohamad
VUES ESPRIT
20,00 €
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EAN :9782931146071
Second ouvrage de l'auteur qui fait suite à Des empires sous la terre. Histoire écologique et raciale de la sécularisation (La Découverte, 2021). Une discussion philosophique des courants majeurs des sciences humaines actuelles montre qu'une décolonisation des savoirs ne sera possible qu'à condition d'amorcer un tournant métaphysique de l'anthropologie. A la faveur d'un dialogue entre deux courants centraux de la pensée contemporaine, le tournant ontologique de l'anthropologie (Descola, Latour) et l'anthropologie critique postcoloniale (Asad, Saïd), ce livre cherche à ouvrir une nouvelle voie en indiquant la dimension métaphysique que devrait assumer l'anthropologie. Si la discipline s'est récemment habituée à attribuer une subjectivité aux plantes ou aux animaux, en prenant au sérieux les traditions animistes, elle accorde en revanche moins d'égards aux esprits ou aux dieux. Il semble pourtant nécessaire d'élargir le spectre des non-humains qui tiennent une place centrale dans les traditions indigènes. Leurs mondes sont reliés à des réalités qui les dépassent et excèdent le visible. Ce sont de tels " bords " que ce livre invite à penser. Si la " nature " est une fiction coloniale, une construction européenne et chrétienne (Descola), il en va de même pour la " religion " (Asad). Pour se libérer d'une adhésion irréfléchie à ces concepts, la philosophie doit être mobilisée, quitte à réactiver des modes de pensée décriés depuis Kant. Car les réalités auxquelles renvoient ces traditions relèvent bien de la métaphysique. C'est ce que montre par exemple une expérience aussi commune que le rêve qui met en relation avec d'autres formes de réalité. Le livre amorce ainsi une double critique, qui porte aussi bien sur les limites de la modernité que sur les traditionalismes théologiques. Loin de proposer un retour à la religion, la perspective théorique et politique qu'il trace vise plutôt à ouvrir un nouvel horizon en montrant comment, envisagées de manière critique, les traditions spirituelles peuvent constituer des ressources créatives pour notre temps.
Nombre de pages
204
Date de parution
05/05/2023
Poids
262g
Largeur
135mm
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EAN
9782931146071
Titre
Au bord des mondes. Vers une l'anthropologie métaphysique
Auteur
Amer Meziane Mohamad
Editeur
VUES ESPRIT
Largeur
135
Poids
262
Date de parution
20230505
Nombre de pages
204,00 €
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Résumé : On appelle généralement " sécularisation " le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions. C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une " impérialité " hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint - un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement " fanatique ", ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie. Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde " sacré ", et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de " Sécularocène ". C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.
Le MO.CO. consacre une exposition à Kader Attia, l'un des artistes français les plus présents sur la scène internationale. L'ouvrage qui l'accompagne est un catalogue monographique sur cet artiste. Utilisant le dessin, la photographie, la vidéo, la sculpture ou l'installation au gré de chaque projet singulier, K. Attia interroge la société actuelle en donnant une grande part à la poésie et à l'induit, en s'attachant aux situations fragiles, aux peurs, aux traumatismes, au déracinement, aux espoirs de réparation. Le voyage tient également une place importante dans son histoire comme dans son travail, invoquant des cultures marginalisées comme des destins individuels. Pour l'exposition "Descente au Paradis", Kader Attia s'est inspiré de la géographie même du MO.CO., de son parcours du haut vers le bas, du ciel vers la terre et ses profondeurs, en proposant une réflexion sur la réparation et la transcendance qui interroge la notion de verticalité, comme mouvement vital et spirituel. Comme les plaies du passé irriguent les fractures du présent et juxtaposent les époques par un mouvement de va-et-vient, la spiritualité permet d'échapper à l'emprise de l'Histoire. A l'image de la pluie qui ravine et transforme, n'existe-t-il pas une élévation qui se joue dans un flux descendant ? Si les oeuvres de Kader Attia possèdent une portée philosophique et politique forte, Descente au Paradis témoigne également des préoccupations poétiques et esthétiques d'un artiste dont la recherche et la pensée se fondent dans une pratique où la forme et le fond fusionnent en un langage propre. Aux côtés d'oeuvres majeures de l'artiste, l'ouvrage présente des nouvelles oeuvres dont une installation immersive inédite, composée d'un film tourné dans le nord de la Thaïlande et d'une installation composée de bâtons de pluie.
Résumé : "Ce livre ne prétend pas offrir de solutions aux dilemmes moraux concernant la violence institutionnalisée. Il n'invite aucunement à justifier quelque forme de cruauté face à une autre. Son ambition ne saurait être plus opposée : elle est de déranger suffisamment le lecteur pour qu'il ou elle soit capable de prendre de la distance par rapport aux suffisances d'un discours public qui prédétermine nos réponses morales au terrorisme, à la guerre et aux attentats-suicides."
Amedyaz est un poète algérien établi en région parisienne. Un matin, alors qu'il se dirige tranquillement vers la rivière, il est arrêté pour un contrôle d'identité. C'est ainsi qu'il se retrouve au commissariat où il lui sera donné de rencontrer quelques personnages hauts en couleur, profondément humains, souvent plongés dans des situations tragi-comiques. Il y a là, entre autres, Vieux-Loup, le clochard philosophe, qui a fait l'Indochine et l'Algérie. Il y a Sibbous, un jeune issu de l'immigration, qui ne parvient pas à se guérir de son idylle avec une Touarègue du Hoggar. Il y a également Fifi-la-Marelle, la pourvoyeuse de plaisir, résolue à profiter pleinement de la vie après avoir connu une jeunesse malheureuse... A travers les récits des uns et des autres, c'est un regard original qui est jeté sur les rapports entre l'Algérie et la France, le tout dans un style poétique et avec une bonne dose de dérision.
Les habitants des maisons hantées s'inquiètent des présences invisibles qui troublent leur quotidien ; il leur arrive de demander de l'aide pour qualifier ces inquiétantes apparitions. En Angleterre, la Société pour la recherche psychique avait précisément été créée pour répondre à de telles interrogations. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, face aux appels qui lui sont soumis, le jeune enquêteur Donald West affiche un scepticisme inébranlable. Ce dialogue de sourds, confronté à d'autres réponses possibles, permet de mettre en évidence les différents régimes d'explication mobilisés pour rendre compte de ces perturbations de l'expérience commune. La subtile enquête menée à propos de ces enquêtes contradictoires chemine vers une proposition de méthode : les fantômes résistent à la généralisation, ils appartiennent à la texture des lieux qu'ils hantent. Si certaines "intelligences particulières" savent se montrer sensibles à leur présence, c'est qu'elles habitent déjà le monde en étranger.
Cantimpré Thomas de ; Piron Sylvain ; Le Huërou Ar
La Vie de Christine l'Admirable ressemble à un roman gothique d'Italo Calvino, à ceci près que l'ouvrage fut rédigé en 1232 à Saint-Trond en Hesbaye par un jeune dominicain, huit ans après son décès, sur la foi de témoignages recueillis sur place avec la plus grande circonspection. La protagoniste du récit est l'une de ces nombreuses femmes du diocèse de Liège qui avaient choisi de mener une vie sainte sans entrer dans une institution établie. Elle constitue en même temps une anomalie, tant les pénitences qu'elle s'inflige sortent de l'ordinaire et s'apparentent parfois au comportement de chamanes. Son cas invite ainsi à réfléchir à la persistance dans les dévotions médiévales de mémoires plus anciennes. Ses manières étranges, auxquelles Nick Cave a été sensible en lui consacrant une chanson, conduisent à poser la question de la réalité du merveilleux dans l'histoire. L'ouvrage se compose d'une traduction de sa Vie, dont le texte latin fait l'objet d'une édition critique présentée en annexe, de commentaires historiques et d'un essai d'interprétation anthropologique.
Résumé : Qu'est-ce que voir ? Et que voit-on surgir quand on y regarde d'un peu plus près, quand on prête attention à l'expérience de la vision ? A l'occasion de certaines percées dans la trame habituelle des choses, d'ouvertures dans le cours ordinaire du monde, comme un simple coucher de soleil illuminant la ville, l'acte même de voir devient tout à coup sensible. Nous acquérons alors une connaissance intuitive à la première personne qui excède la simple objectivité, pour découvrir la profondeur du réel. Dans un tel regard, le sujet voyant et l'objet vu ne sont plus perçus comme deux pôles opposés et séparés, mais au contraire comme reliés, impliqués l'un dans l'autre. Afin d'explorer ce qui émerge lors de telles expériences, Damien Brohon invite à se tourner vers les enseignements des traditions contemplatives, en particulier ceux du bouddhisme qu'il pratique de longue date. Artiste et enseignant d'arts plastiques, il mène à petites touches une interrogation philosophique sur la nature de la réalité et notre accès à celle-ci - ou comment valider nos expériences intérieures et faire de celles-ci une réelle connaissance, partageable. Destiné à un large public, l'ouvrage est constitué d'une succession de brefs paragraphes où alternent des récits d'événements personnels, des réflexions philosophiques et des exercices proposés à la lecture, auxquels des oeuvres contemporaines servent de supports. Cette interrogation patiente, laboratoire du regard et de l'attention, convie au partage d'un cheminement à travers le visible, vers l'au-delà de toute apparence, de la vision à la contemplation.
Présages, prémonitions, intuitions et déceptions : toutes les cultures humaines ont connu des techniques et des formes d'inspirations autorisant à deviner l'avenir, qui souvent ne se réalisent pas exactement comme prévu. Serions-nous devenus totalement sourds à de telles perceptions, ou cette capacité est-elle seulement enfouie ? L'ouvrage convie à un voyage à travers la mythologie, la littérature et des épisodes de la vie quotidienne. De la tragédie grecque ou des devins des anciennes dynasties chinoises aux rêves prémonitoires de Franz Kafka, mobilisant des descriptions de rituels oraculaires, confessions d'écrivains, souvenirs d'amis, collages émotionnels, le livre dessine par petites touches les figures de cette inéliminable puissance de connaissance de l'avenir.