Qui accueillons-nous dans nos sociétés ? A qui refusons-nous l'asile et le logement ? Ces dernières années, cette polémique a fait rage dans les médias et la sphère publique à l'occasion de la "crise des migrants" – en France, en Allemagne et dans de nombreux autres pays européens. Une lumière crue est jetée quotidiennement sur une réalité régulièrement oubliée : les individus ou les groupes dans le besoin ne trouvent pas ipso facto asile dans un territoire, même gouverné selon des principes dits "humanistes". L'asile doit être négocié. L'asile est demandé, sollicité et argumenté. Les acteurs impliqués développent des stratégies spécifiques, ils négocient, ils concluent parfois des accords et ils doivent bien souvent plaider ou se battre pour obtenir une aide internationale. Ces logiques sont anciennes. Elles sont aussi labiles : il y a quelques décennies encore, c'étaient les réfugiés démunis que l'on répugnait à accueillir, au contraire de migrants porteurs d'un capital financier et social. Les contributions de ce dossier interrogent ainsi l'accueil de l'époque antique à l'actualité la plus brûlante.
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Nombre de pages
198
Date de parution
29/04/2021
Poids
338g
Largeur
160mm
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EAN
9782810707287
Titre
Diasporas N° 36/2020 : Négocier l'accueil. Migrants, réfugiés et sociétés d’accueil, Textes en franç
Dans l?objectif de réinscrire les diasporas et les migrations dans une histoire du temps long, ce numéro élargit les approches contemporaines en abordant également les circulations à l?époque moderne et encore en amont. Un dialogue entre les différentes périodes historiques et les espaces géographiques des migrations et une réflexion sur la définition polysémique du mot diaspora.
Cet ouvrage aborde les migrations par le biais de ses mémoires, approchées de manière à la fois diachronique et synchronique. Diachronique, en saisissant l?évolution des mémoires de migration depuis une trentaine d?années, mais aussi en enquêtant sur des périodes plus anciennes. Synchronique, en montrant la diversité des contextes d?émergence de ces mémoires et en constatant que les usages du passé et la patrimonialisation accompagnent désormais bien des politiques publiques portant sur l'immigration. Les questionnements qui ont guidé la réalisation du colloque international "Mémoires des migrations et temps de l?histoire" en novembre 2012 à Paris, tiennent ensemble les contributions réunies ici. Ils mettent en lumière une pluralité de migrations, fondée à la fois sur la diversité des pays d?origine et des sociétés d?installation, sur l?hétérogénéité des expériences migratoires, sur la variété des raisons du départ, et bien sûr des époques historiques. Pluriel des mémoires également, pour laisser ouverte la définition de ce qui fait mémoire, depuis les souvenirs individuels de l?expérience jusqu?aux politiques mémorielles et aux processus de patrimonialisation. Pluriel enfin des formes de la mémoire, des vecteurs qui les portent et des acteurs mobilisés. Que nous disent ces mémoires ? Quelles sont leurs modalités d?affirmation ? Quels usages sont faits de ces récits du passé ?
Faut-il relire l'histoire des migrations en partant des élites ? Longtemps cantonnée aux prolétaires, la recherche s'est progressivement élargie : des hommes aux femmes, de la grande industrie aux ateliers et aux commerces, de l'immigration à l'émigration, et d'une perspective centrée sur les pays d'arrivée à une approche plus globale. Reste que l'on a rarement questionné, dans la durée, les classes sociales et les mobilités, et réfléchi à ce que l'expérience professionnelle fait aux trajectoires migratoires (et réciproquement). Les migrations d'élite ne sont pas un phénomène nouveau. D'une certaine manière, les "expatriés" , et singulièrement ceux du Brexit, passés au crible de la sociologie, apparaissent comme des héritiers, non comme des pionniers. Par ailleurs, les " élites " ne sont pas une catégorie stable et renvoient à une multitude d'états et de parcours. Qui sont ces élites (politiques, économiques, scientifiques et culturelles) ? Quelles sont les conditions de leur départ ? Qu'apportent-elles aux sociétés dans lesquelles elles s'installent ? En montrant historicité de la migration des " élites " depuis l'époque moderne, ce livre interroge les conditions de ces mobilités en s'appuyant sur des exemples et des aires culturelles variés.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.