On n'est pas seul dans sa peau, disait Henri Michaux. Qu'on le veuille ou non, nous sommes habités : qu'il s'agisse de la divinité ou d'une déité, d'un double obsédant ou d'un double dédoublant, ou encore du simple désir de mener une ''course folle''. Occupés ainsi comme un territoire l'est par l'adversaire, nous avons recours à cette part de nous-même qui à toute doxa résiste. Par des confrontations elle nous enjoint d'exprimer en figures ce qui compte pour nous. Que nous soyons penseur, artiste, cinéaste, espion, romancier ou simple poète, ce sont ces figures qui peuplent nos créations. François Amanecer est poète et essayiste. Après deux ans à Harvard, sa vie professionnelle l'a mené en Espagne, en Italie, en Grèce... Son premier recueil de poésie, Silex I (Ed. Gérard Klopp), est paru en 1996. Depuis, il a publié de la poésie dans les revues Po&sie, Grèges, NUNC, Nouveau Recueil, etc. - ainsi que des essais esthétiques dans les mêmes revues ou dans Etudes, Positif, Kephas, Diogène, Communio. Ses ouvrages les plus récents sont Le Corbeau interrompu, Cri ténu du grèbe (poème en huit chants) et Le tri poétique (essai), publiés aux Editions de Corlevour.
Nombre de pages
192
Date de parution
15/06/2022
Poids
244g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782372091046
Titre
Confrontations
Auteur
Amanecer François
Editeur
CORLEVOUR
Largeur
145
Poids
244
Date de parution
20220615
Nombre de pages
192,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Brille sous la lune le bicorne glacé de l'homme vert-de-gris qui voulut en soi épuiser tout sommeil dissimuler le songe rêvant seulement d'un soleil qui se tînt à son zénith le jour entier sans désemparer mais c'est la nuit - et seul il demeure, seul en soi avec seul l'ennui de qui vit dédoublé. Les étoiles même se sont démultipliées. Il est hors de sa mémoire : barque sans rameurs glissant sur l'étendue noire point de bruissement ni murmure de ressac pas même la simple mémoire du vent ne ferait que l'heure ne fût passée. (L'aube se lèvera muette et sans mémoire)
Ce texte poétique à la structure ouverte ancre le récit dans un passé mythique méditerranéen en même temps qu'intensément actuel (le Cap Corse). A travers la voix de Minoa, qui confie son désarroi, ses doutes, ses perplexités face à la vie et à l'amour, toute une réflexion sur l'écriture est engagée. Pour explorer le monde intérieur qui la fonde et dans lequel elle se débat, la narratrice choisit des modalités d'écriture et des tonalités volontairement diversifiées. L'ensemble épistolaire des Feuillets de Minoa (première partie), est ponctué par de brefs poèmes dont la tonalité sagement érotique rompt avec la prose des lettres tout imprégnées du "sentimentalisme" du XVIIIe siècle. Les Journuits (seconde partie) combinent récits oniriques et prose journalistique. Les Petites fantaisies minoennes (3e partie), brefs textes en vers, jouent le rôle d'intermède ludique. La dernière partie, Chants de Minoa, rassemble des poèmes inspirés par la même ferveur lyrique. Avec en ouverture une sextine écrite selon les règles mises en place au XIIe siècle et en chant final, le "Brame de la Minotaure", l'ouvrage, tendu à l'extrême, constitue une partition surprenante. Si la voix dominante est celle de Minoa, les différents modes d'expression qu'elle emploie pour la faire résonner, rendent compte d'une intériorité polyphonique d'une grande intensité.
John Henry Newman, né à Londres en1801 et mort en 1890, est un théologien et écrivain britannique, converti au catholicisme en 1845. Etudiant à l'Université d'Oxford, il est ordonné prêtre anglican. Ses travaux sur les Pères de l'Eglise le conduisent à analyser les racines chrétiennes de l'anglicanisme et à défendre l'indépendance de sa religion face à l'Etat. Ainsi naît le Mouvement d'Oxford, dont John Newman est l'un des principaux acteurs. Ses recherches et sa conception de l'Eglise l'amènent à se convertir au catholicisme, qu'il voit comme la confession la plus fidèle aux racines du christianisme. C'est au cours de cette période qu'il écrit son célèbre poème Lead, kindly Light. Il part pour l'Irlande afin de fonder une université catholique à Dublin, à la demande des évêques de ce pays. Pour mieux faire comprendre sa conception de l'éducation et de la science, il donne un cycle de conférences : L'Idée d'université, avant de démissionner en 1857 à cause du manque de confiance de la part des évêques irlandais face à son entreprise. Sa conversion au catholicisme est incomprise et critiquée par ses anciens amis anglicans. Il est aussi regardé avec méfiance par une partie du clergé catholique anglais du fait de ses positions considérées comme très libérales. En réaction à des calomnies, John Newman décrit sa conversion au catholicisme dans Apologia Pro Vita Sua. Cet ouvrage change la perception des anglicans à son égard et accroît sa notoriété. L'incompréhension suscitée par la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale conduit Newman à défendre l'Eglise et la place primordiale de la conscience dans sa Lettre au duc de Norfolk. Sa conception de la conscience sera en partie développée lors du Concile Vatican II. Il écrit par la suite la Grammaire de l'assentiment, qui se veut une défense de la foi face au développement du positivisme. Théologien reconnu, il est l'une des figures majeures du catholicisme britannique, avec Thomas More, Henry Edward Manning et Ronald Knox. Il a exercé une influence considérable sur les intellectuels catholiques, notamment les auteurs venus de l'anglicanisme. Ses oeuvres, dont la Grammaire de l'assentiment et l'Apologia Pro Vita Sua, sont une référence chez des écrivains tels que G K Chesterton, Evelyn Waugh ou Julien Green, mais aussi pour des théologiens et des philosophes comme Avery Dulles, Erich Przywara et Edith Stein, qui a traduit en allemand son ouvrage L'Idée d'université.
Ce recueil de poèmes retrace les étapes d'une réconciliation. A l'origine se trouve l'expérience anéantissante du vide et de l'obscur, guidée par la lecture de Jean de la Croix et de maître Eckhart, de Bataille et de Cioran. Les premiers textes sont les traces laissées par un naufrage mystique, les témoins d'une expérience intérieure ravageuse. C'est à partir des tessons verbaux laissés par celle-ci que s'engage alors la reconquête des mots et du monde. Alors peut se clore "l'âge obscur". La quête de réconciliation prend ensuite la forme d'une eulogie retraçant le cheminement de marcheurs découvrant la beauté cabossée du monde. Travail de mémoire et déploiement du verbe avec, au bout du sentier, la reconquête des mots, "en plein vent". Si l'expérience du vide n'est pas une solution, la recherche d'une langue permet de résister aux ombres et de déshumilier la parole.