Nous sommes en guerre", déclare au soir du 13 novembre 2015 le président de la République. Mais quelle est cette guerre injuste ? La contre-histoire du capitalisme que nous proposons ici vise à recouvrer la réalité des guerres qui nous sont infligées et déniées : non pas la guerre idéale des philosophes, mais les guerres de classe, dé race, de sexe ou de genre, les guerres de civilisation et environnementales, les guerres de subjectivité qui font rage au sein des populations et constituent le moteur secret de la gouvernementalité libérale. En nommant l'ennemi (le réfugié, le migrant, le musulman), les nouveaux fascismes établissent leur hégémonie sur les processus de subjectivation politique réduits à des mots d'ordre racistes, sexistes, xénophobes qui attisent la guerre entre les pauvres et entretiennent la philosophie de guerre totale du néolibéralisme. Parce que la guerre et le fascisme sont le refoulé de la pensée post-68, nous n'avons pas seulement lu l'histoire du capital à travers la guerre, mais également cette dernière à travers l'étrange révolution de 68 qui seule rend possible le passage de la guerre aux guerres - et de celles-ci à la construction de nouvelles machines de guerre contre la financiarisation contemporaine. Il s'agit donc de pousser la "pensée 68" au-delà de ses propres limites et de la réorienter vers une nouvelle pragmatique des luttes, en prise sur la guerre continuée du Capital. C'est dire qu'il s'agit surtout de nous préparer à ces batailles que nous devons mener si nous ne voulons pas être toujours vaincus.
Nombre de pages
440
Date de parution
18/10/2016
Poids
554g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782354801441
Titre
Guerres et capital
Auteur
Alliez Eric ; Lazzarato Maurizio
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
137
Poids
554
Date de parution
20161018
Nombre de pages
440,00 €
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On sait peu que Gilles Deleuze a placé l'ensemble de son enseignement philosophique sous une rubrique unique, le "commentaire de textes". C'est ici que la répétition la plus rigoureuse va de pair avec la plus grande différence, "une affaire de double", expliquait-il. On tient là à la fois la procédure constitutive de la pensée deleuzienne et la seule manière conséquente de s'y rapporter, c'est ce qui explique peut-être l'absence de tout grand livre sur la philosophie de Deleuze, l'une des plus inventives et des plus fortes du siècle. Conjuguant le cum du commentateur avec l'inter de l'interprète, c'est donc un effet de commentaire que nous propose ici Eric Alliez avec La signature du monde, ou qu'est-ce que la philosophie de Deleuze et Guattari ? Il ne s'agit pas d'abord, à partir de leur dernier livre - Qu'est-ce que la philosophie ? - Ed. de Minuit, 1991 -, de qualifier cette philosophie à référence transdisciplinaire (vitalisme, empirisme supérieur, matérialisme historique...), Eric Alliez entreprend avant tout d'en produire le "bilan-programme" du point de vue d'un concept devenu le sujet de ses propres opérations dans son actualité la plus immédiate de rivalité avec "la" science. Quitte à ce que cette dernière, confrontée dans sa pratique la plus contemporaine aux nouvelles exigences de ce qu'il faut bien appeler une philosophie de la nature, redécouvre ses attaches avec un paradigme processuel traditionnellement rapporté à l'"art". La question de la philosophie, considérée dans son rapport à la science et à l'art, manifeste l'urgence d'une théorie de la pensée qui sache diagnostiquer dans nos devenirs les conditions ontologiques de son expérience réelle. La Signature du monde, ou qu'est-ce que la philosophie de Deleuze et Guattari ? ou : qu'appelle-t-on penser aujourd'hui ?
Entre Aristote et Duns Scot, ou du lieu des choses à la capitale du temps. Entre deux supposés " commencements " de la métaphysique, c'est sous cet intitulé que l'on reprend le fil des Récits de la conquête du temps qui ont constitué le premier volet de la recherche. À partir d'une histoire du temps, son ambition première était de se confronter à la question d'une archéologie philosophique de la modernité - ou des modernités : le pluriel valant a minima pour décrochage de sa positivité naïve. Examinant ici la question du " tournant " scotiste dans le contexte du renversement de l'aristotélisme et des genèses heurtées de l'ontologie classique-moderne, on découvrira ce qui, venu de cet autre Moyen Age, nous est encore chroniquement présent. Car Duns Scot, à l'échelle de l'histoire de la philosophie,* engage la révolution copernicienne du sujet et de l'objet ; à l'échelle du monde, il fait époque de la disparition du lieu des choses dans un temps potentiel qui va rencontrer avec l'horloge mécanique son objective représentation. Est ainsi conquis un horizon métaphysique conduisant à la réalisation de l'identité de l'être et du temps abstraits. Marquant le seuil d'une idéelle modernité, la réalité nouvelle de ce principe d'identité est d'un Nouveau Monde. Ce Nouveau Monde est celui de la Capitale du Temps. " C'est peut-être cette introduction de rythmes profonds dans la pensée, en rapport avec les choses et les sociétés, qui inspire le travail d'Alliez les choses, les sociétés et les pensées sont prises dans des processus qui deviennent comme les conditions d'une histoire du temps " (Gilles Deleuze, extrait de la préface des Temps capitaux, t. 1, Récits de la conquête du temps, Ed. du Cerf, 1991).
Eric Alliez ne se propose pas d'exposer des conceptions du temps ni même d'analyser des structures temporelles. Il parle de conduites du temps : on dirait que la pensée ne peut saisir le temps qu'à travers plusieurs allures, qui composent précisément une conduite, comme si l'on passait d'une allure à une autre, suivant des occurrences déterminables. Et plus encore, on passera d'une conduite à une autre, dans des milieux et à des époques différentes, qui mettent en rapport le temps de l'histoire et la pensée du temps. Bref, des conduites multiples du temps, dont chacune réunit plusieurs allures. Dans chaque conduite, certaines allures se font étrangères, aberrantes, presque pathologiques. Mais il se peut que, dans la conduite suivante, elles soient normalisées, ou trouvent un nouveau rythme qu'elles n'avaient pas précédemment. C'est peut-être cette introduction de rythmes profonds dans la pensée, en rapport avec les choses et les sociétés, qui inspire le travail d'Alliez : [...] les choses, les sociétés et les pensées sont prises dans des processus, sans lesquels les conduites et les allures resteraient arbitraires ; et c'est la force du livre d'Alliez de découvrir et d'analyser de tels processus d'extension, d'intensification, de capitalisation, de subjectivation..., qui deviennent comme les conditions d'une histoire du temps. " Gilles Deleuze.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.