La cité du rire. Politique et dérision dans l'Athènes classique
Allard Jean-Noël
BELLES LETTRES
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EAN :9782251450919
« Le rire est le propre de l'homme » selon Rabelais. On pourrait même jurer qu'il est le propre de notre époque. Après tout, l'humour et la dérision sont partout, sur la scène comme sur les bancs de l'Assemblée Nationale, en passant évidemment parnos écrans. Le rire, une passion moderne ...Son omniprésence dans l'Athènes de l'époque classique suffit à démentir ce postulat : la parrhèsia ? la liberté de tout dire ? y était portée comme un étendard, loin du politiquement correct de nos contemporains. C'est d'ailleurs là que, pour la première fois, des penseurs comme Platon ou Aristote, ont pris le rire au sérieux.Cet ouvrage les prend au (bon) mot. Son but ? Démêler les liens charnels qu'entretiennent dérision et politique dans la cité démocratique. Jean-Noël Allard fait dialoguer Aristophane et Bourdieu, Démosthène et Habermas, Xénophon et Durkheim ; et dessine le portrait d'une communauté profondément structuréepar le rire.Entre joutes verbales et plaisanteries subtiles, invectives tribuniciennes et railleries démagogiques, caricatures comiques et injures dionysiaques, le lecteur découvrira, sans ironie, l'un des fondements oubliés de la démocratie : la moquerie comme art de vivre, la dérision comme institution.Table des matières : IntroductionUne histoire du rire. Sérieusement ...La dérision : un « objet d'histoire non identifié »La dérision et le politique : un mariage prolifiqueDiscours de la méthode, méthode du discoursLa dérision à la carteConceptions grecques de la dérisionI. L'univers grec de la dérision1. Le rire et l'outrage2. Les ambiguïtés de l'humourII. Platon et la dérision : de l'utilité d'une pratique mauvaise1. L?« anthropologie austère » de Platon2. Le rire de moquerie : un plaisir malsain3. Le philosophe face à la dérision4. Une dérision encadrée dans Les LoisIII. L'éthique aristotélicienne du rire1. Le rire et la « vie bonne »2. La nécessité du « juste milieu »3. La dérision comme un « outrage éduqué »4. La dérision : le lien de la citéIV. Xénophon et le pouvoir du rire1. Cyrus, le roi plaisantin2. Charis et dérision3. La « réciprocité déséquilibrée » du rireLitiges judiciaires et dérisionI. La dérision : source de conflits violents ...1. La vengeance : corollaire de la dérision2. La violence, odieuse face à la dérision ...II. Des lois contre la dérision ...1. Les lois sur l'injure (kakègoria)2. La loi sur l'outrage (hubris)III. La dérision : un comportement réprouvé par les juges1. Le plaideur en victime de la dérision2. La dérision et le mépris du peupleLa censure des pratiques de dérisionI. Le « bien parler » des orateurs1. L'euphèmia : un impératif ...2. L'encadrement de la parole à l'AssembléeII. Les limites de la parole comique1. La « licence » comique : objet historiographique2. La comédie face aux lois sanctionnant l'injure3. La censure de la comédieLes usages de la dérision à l'Assemblée et dans les tribunauxI. les formes de la dérision du prétoire1. La dérision au sein des tribunaux2. La dérision à l'AssembléeII. La dérision : quelle nocivité pour l'orateur ...1. La dérision et l'èthos2. L'echthra : prétexte à dérisionIII. Les enjeux rhétoriques de la dérision dans le prétoire1. Réfuter2. Plaire3. DénigrerIV. Affronter la dérision1. Au tribunal : la rhétorique de l'antidérision2. À l'Assemblée : l'orateur face au thorubosLa fabrique de la dérision judiciaireI. Typologie des motifs de la dérision judiciaire1. Les (in)conduites2. Le « passé qui ne passe pas »3. La fange des origines4. « Quoi ma gueule ? » : la dérision par les apparences et les alluresII. De la scène au tribunal : les fondements comiques des railleries judiciaires1. Le plaideur en acteur de comédie2. Le plaideur en spectateur de comédieIII. La rumeur : terreau de la dérision du prétoire1. Athènes : la cité des « ragots »2. Le préjudice de la mauvaise réputationLa didactique démocratique de la dérision comiqueI. Satire comique et débat démocratique1. L'incidence politique de la comédie : un objet de débat2. Le poète en éducateur3. Le discours comique et l?« espace public »II. Le « metechein » dans le discours comique1. La folie de la justice2. Le sycophante : un antimodèle3. La politique comme salaireIII. Discours comique et souveraineté du peuple1. Le peuple versus « Le peuple »2. Le citoyen : « un spectateur » ...IV. La fabrique de l'auditeur avisé1. Les artifices de la technè rhètorikè2. La paratragédie : un instrument d'apprentissage politiqueLes enjeux de la dérision des hommes politiquesI. L'excès de pouvoir : Périclès, une taille de trop ...1. Périclès et son temps2. Périclès, tyranII. La démagogie, une mauvaise politique ...1. Le « démagogue » : un homme d'État d'un genre nouveau ...2. Profil comique du « démagogue »3. La satire d'une démocratie pervertie ...4. Le démagogue : fauteur de troublesIII. Des penchants voluptueux des orateurs comme problème politique1. Des m'urs au politique2. Plaisirs et comportements élitaires3. L'intempérance : un problème de gouvernement4. Dépenses privées, coût public5. Retour à Périclès : les amours au détriment de la cité ...Le pouvoir du peuple par la dérisionI. Homme politique : un rôle qui prête à rire1. La raillerie des hommes politiques : un attribut de l'ancienne comédie2. Les hommes politiques dans la comédie moyenneII. La dérision comique : un instrument de pouvoir1. La dérision des puissants au service de la démocratie : le témoignage du Vieil Oligarque2. Dérision et « pouvoir symbolique »3. L'appropriation de la dérision par les citoyens ordinairesIII. Graver le ridicule : la question des graffitis injurieux1. Une pratique politique du graffiti ...2. Les « ostraka injurieux »Régulation sociale et dérisionI. La justice par la dérision1. Le rire pour châtiment : punition et dissuasion2. Peines et raffermissement de l'idéologie civique3. Les peines infamantes : un brouillage statutaire ...II. La comédie pour service d'ordre1. Le « fouet public »2. La déviance en spectacle3. Découpages sociaux et comédie : l'exemple des femmes4. La comédie comme un « carnaval »5. Rire au spectacle comique : une katharsis ...III. Les pratiques rituelles de dérision : une lecture sociale1. Le « rire rituel » : des enjeux cultuels aux enjeux sociaux2. Le rire rituel comme un spectacle3. Les carnavals comme grille de lecture4. Rire pour Déméter : la piste de « l'inversion »Conclusion généraleBibliographieI. Sources, éditions, commentairesSources littérairesSources épigraphiques et papyrologiquesII. Bibliographie généraleIndex des principales figures historiquesRemerciementsNotes Biographiques : Docteur et professeur agrégé d'histoire, Jean-Noël Allard enseigne au lycée Paul Éluard de Saint-Denis ainsi qu'aux universités de Paris 1 et Paris 8. Il consacre principalement ses recherches à l'anthropologie du politique en Grèce ancienne.
Nombre de pages
473
Date de parution
14/01/2021
Poids
648g
Largeur
153mm
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EAN
9782251450919
Titre
La cité du rire. Politique et dérision dans l'Athènes classique
Auteur
Allard Jean-Noël
Editeur
BELLES LETTRES
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153
Poids
648
Date de parution
20210114
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473,00 €
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Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Émilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce « grand coeur catholique », qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot « prophétie ». Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un « théâtre dont la scène est le monde », épouse en une langue sublime les contours de l'Écriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l?Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
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Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3