Alberti Leon Battista ; Carraud Christophe ; Lenoi
MILLON
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EAN :9782841371525
L'Alberti latin est aussi peu représenté en France que l'Alberti italien; le De re aedificatoria fut pourtant traduit très tôt en français, vers 1550 : mais cet effort ne s'est guère étendu à d'autres oeuvres. Si les textes capitaux liés à l'Alberti théoricien de la peinture et de la statue ont été traduits, notamment au XIXe siècle, son activité littéraire reste pour l'essentiel connue des seuls spécialistes. L'image que l'on se fait d'Alberti est donc aussi tronquée que répandue; destin paradoxal d'une oeuvre où l'on voit avec raison " le sommet du premier humanisme ". Il se peut que le De commodis nous fournisse l'une des raisons d'un tel destin, en nous donnant à déchiffrer une pensée extraordinairement novatrice et pour ainsi dire en bataille, d'autant plus intéressante pour nous que ce bref traité, écrit vers 1430, nous fait rencontrer Alberti au premier moment de son itinéraire intellectuel: or, cet itinéraire, saisi ici à son stade pourtant inchoatif, se place d'emblée sous le signe d'une réflexivité à la fois virtuose et inquiète; l'analyse inédite qu'Alberti nous donne des conditions de l'" intellectuel " au XVe siècle révèle la complexité et la sinuosité ironiques de sa propre vision du monde. État des lieux mordant et insatisfait de l'étude et de la pratique des lettres, de l'exercice de la pensée et des circonstances où celle-ci peut se déployer, dans une société incontestablement nouvelle - voilà ce que le penseur sans doute le plus impressionnant du XVe siècle entend proposer: au moment d'entrer lui-même dans la " carrière " des lettres, il demande aux humanités la réponse qu'elles ont à donner à la question de la situation faite à l'intelligence dans un monde politique et social inédit. Rien d'étonnant à ce que ses interrogations puissent être reprises par tout " intellectuel " et se poser avec une acuité particulière à notre temps. L'accès facilité à une oeuvre aussi réfléchie que déroutante permettra à tout lecteur de bonne volonté de méditer à son tour sur les conditions effectives de la pensée et le statut qu'on reconnaît à l'activité de l'esprit.
Nombre de pages
230
Date de parution
29/01/2004
Poids
385g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782841371525
Titre
Avantages et inconvénients des lettres
Auteur
Alberti Leon Battista ; Carraud Christophe ; Lenoi
Editeur
MILLON
Largeur
150
Poids
385
Date de parution
20040129
Nombre de pages
230,00 €
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Nouvelle traduction du texte en latin d'Alberti (1404-1472) par Danielle Sonnier. Introduisant l'esprit rationaliste dans l'esthétique, il engage une réflexion sur le beau, la place des artistes dans la cité et se détache du projet purement religieux...
Les Ludi matematici présentent, sous forme de 20 problèmes récréatifs, la résolution de questions pratiques concernant l'architecture, le génie civil ou militaire, la topographie, la navigation, qu'un homme d'un certain statut social, à l'aube de la Renaissance, peut rencontrer dans ses activités ou dont il peut être simplement curieux. Les Ludi illustrent, bien avant Galilée, le recours systématique à une mathématisation de la connaissance de la nature, et la conviction, très caractéristique de la Renaissance, que les sciences les plus abstraites sont capables d'accroître la puissance de l'homme dans sa volonté d'exploiter la nature à son profit. Les Ludi offrent au lecteur moderne un reflet de cette tradition de pratiques, de savoirs et de savoir-faire des ingénieurs, architectes, artilleurs, etc., rarement attestée par écrit et négligée, pour le moins, dans les ouvrages actuels d'histoire des sciences.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.