Figure majeure de la Belle Epoque, Renée Vivien, disparue il y a tout juste cent ans, ne s'est aventurée dans le XXe siècle que pour y déposer une oeuvre en vers et en prose qui rayonne encore. Ce volume commémoratif marque le renouveau des études vivienniennes et consacre la postérité de cette "exilée de Mytilène" tournée vers l'intériorité et le monde hellénique, qui a largement alimenté sa mythologie personnelle. L'ouvrage rassemble les contributions de spécialistes de Renée Vivien et de la littérature de la fin du me siècle, comme celles d'amateurs éclairés. II propose des documents inédits tels que son journal de jeunesse, des extraits de sa correspondance, des témoignages divers, des photos tirées de collections privées. Il permet, entre autres, de repenser sa relation à la fiction et au masque, à la photographie et au monde de l'édition, de mesurer l'importance, sous sa plume, de certains modèles littéraires, depuis Sappho jusqu'à Dante, de la Bible aux fleurs du mal ; enfin, de la faire revivre parmi ses consceurs, amies et amantes, et de la resituer dans la production féminine de son temps, dont elle se démarque en privilégiant Lesbos et les amours saphiques. Gageons que, grâce à ces approches croisées et novatrices, Renée Vivien entrera dans le panthéon des muses modernes où elle a pleinement sa place.
Nombre de pages
230
Date de parution
08/06/2009
Poids
415g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296087231
Titre
Renée Vivien à rebours. Etudes pour un centenaire
Auteur
Albert Nicole G.
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
415
Date de parution
20090608
Nombre de pages
230,00 €
Disponibilité
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Personnalité hors du commun, Virginia Oldoïni, comtesse de Castiglione, vécut plusieurs existences avant de disparaître à l'orée du XXe siècle: conspiratrice, diplomate en jupons, esthète, courtisane émancipée, épistolière, pionnière de la photographie, transformiste à sa façon, elle se joua des identités et des apparences sous couvert de les cultiver... L'excentrique comtesse, dont les autoportraits ont aujourd'hui leur place dans les grands musées, fut avant l'heure un mythe moderne. Née en 1837 dans une famille de l'aristocratie piémontaise, la comtesse de Castiglione aurait pu connaître le destin sulfureux des courtisanes du Second Empire qui, une fois leur splendeur passée et leur pouvoir caduc, retombèrent dans l'anonymat. Or Virginia de Castiglione était d'une autre trempe. Dotée d'une éducation soignée dans un milieu politisé, la jeune cousine de Cavour, remarquée tant pour sa beauté que pour son habileté, avait été choisie pour séduire l'empereur des Français et le rallier à la cause de l'unité italienne. Au-delà de toute espérance, l'émissaire florentine sut convaincre Napoléon III qui ne résista pas aux charmes de "la plus belle femme de son siècle". Dès lors, sa popularité de ce côté-ci des Alpes était assurée. Elle y contribua activement: par l'extravagance de ses costumes de bal et de ses déguisements qui scandalisaient non sans éblouir, la comtesse devint une égérie à la fois adulée et haïe de ses contemporains. Déclinant son image dans d'innombrables mises en scène, elle se lança dans une oeuvre photographique avec la complicité de Pierre-Louis Pierson et fit réaliser d'elle-même plus de 450 portraits afin de célébrer sa gloire puis sa déchéance. La fin de la comtesse sera celle d'une artiste narcissique, incomprise et perdue dans sa folie.
Peu à peu, je me réveillai. Et j'ai compris que Lorély demeurait indifférente à toute ma passion, à toute ma tendresse. Le temps, loin de la fléchir, la figeait dans sa froideur. Mes pas, ma voix, ma présence, l'excédaient. Elle ne m'aimait point, ne m'aimerait jamais, jamais...