Poèmes et dessins. Edition français-anglais-allemand
Albers Josef ; Fox Weber Nicholas ; Mabille Pierre
UNES
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EAN :9782877042208
Poèmes et Dessins" est un des trois livres publiés par Josef Albers, et le plus rare. Depuis sa publication en 1958, le livre n'a connu que deux rééditions (la dernière par la Tate Modern en 2006). Livre secret, comme à contre-courant de l'image de coloriste laissée par Albers, il alterne des poèmes sensibles, introspectifs et combinatoires avec les dessins en noir et blanc des "constellations structurelles" dans lesquels les lignes obliques font bouger le regard dans une infinité de volumes possibles. Albers y pose un regard doux et souvent drôle sur les choses, comme un enfant surpris par les propres combinaisons de son jeu, et déploie ses textes en pensées parfois aussitôt contredites, en observations minutieuses, en images modestes, au fil de poèmes qui invitent, tout comme les lignes hypnotiques de ses dessins, à la clarté du jour et à l'amour des variations et du dissemblable. Quand Albers réalise ce livre avec Norman Ives comme designer graphique, il s'agit d'une des premières tentatives de création d'un objet où textes, dessins, graphismes et fabrication sont entièrement maîtrisées par l'auteur/artiste avec des moyens pauvres. L'intention n'est pas de faire un ouvrage de bibliophilie, mais au contraire d'exploiter les nouveaux moyens industriels, dans une volonté de démocratiser l'accès à l??uvre, quelques années avant les premiers livres d'artiste de Ed Rusha, avec lesquels il partage également l'aspect sériel. Cette démarche novatrice est animée par l'idée artistique, plutôt que littéraire, que l'articulation des textes, formulations visuelles de jeux logiques du langage, posent les questions albertiennes fondamentales de l'écart entre savoir et voir. Cette édition est la première traduction dans une langue tierce de "Poems and Drawings". Elle comporte deux parties : la première présente le fac-similé intégral de l'édition définitive réalisée par Josef Albers en 1961, dans lequel les traductions s'agencent en caractères gris selon une transposition graphique en correspondance avec les dessins ; puis un « Appendice » rassemble un choix de poèmes épars en anglais, leur version allemande par Albers quand elle existe et leur traduction française, suivis d'un appareil critique éclairant le contexte de ce projet littéraire et artistique unique dans l??uvre de Josef Albers. La couverture du livre reprend également à l'identique la maquette, l'impression en sérigraphie et la jaquette de l'originale.
Nombre de pages
132
Date de parution
19/02/2021
Poids
532g
Largeur
245mm
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EAN
9782877042208
Titre
Poèmes et dessins. Edition français-anglais-allemand
Auteur
Albers Josef ; Fox Weber Nicholas ; Mabille Pierre
Editeur
UNES
Largeur
245
Poids
532
Date de parution
20210219
Nombre de pages
132,00 €
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Dans sa perception visuelle une couleur n'est presque jamais vue telle qu'elle est réellement telle qu'elle est physiquement. Cette constatation fait de la couleur le moyen d'expression artistique le plus relatif. Pour utiliser efficacement les couleurs il est indispensable d'admettre que la couleur trompe continuellement. A cet effet, il ne faut pas commencer par étudier les systèmes de couleurs préétablis. Il faut d'abord apprendre qu'une seule et même couleur appelle des lectures innombrables. Au lieu d'appliquer mécaniquement ou de simplement sous-entendre des lois et des règles d'harmonie, on produit des effets de couleur distincts en admettant l'interaction des couleur en obtenant, par exemple, que 2 couleurs différentes aient l'air identiques, ou presque. Le but de ce type d'étude consiste à développer par l'expérience à force de tâtonnements une capacité de voir la couleur. Cela signifie, précisément, voir l'action de la couleur aussi bien que ressentir les relations de couleur.
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Mangeurs distraits ou compulsifs, adeptes des diètes exigeantes ou de la malbouffe continuelle... Pris dans le rythme effréné du quotidien, la plupart des gens n'accordent pas à leur alimentation l'attention qu'elle mérite, alors même que beaucoup la voient comme un problème. Cet ouvrage propose une alternative, une manière de se nourrir simple et pourtant radicalement différente : manger en pleine conscience. La clé ? Prendre le temps de savourer les aliments et d'observer ses habitudes alimentaires avec lucidité, mais aussi accepter ses propres écarts avec bienveillance. Très pratique, cet ouvrage constitue un véritable manuel à compléter vous-même, enrichi de nombreux conseils et d'activités ludiques et variées. Il vous aidera à développer concrètement une attitude positive envers la nourriture et envers vous-même, pour enfin vous sentir bien dans votre assiette... et dans votre corps.
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.
Pessoa Fernando ; Deluy Henri ; Hourcade Rémy ; Ho
Dans la mythique malle de Pessoa retrouvée après sa mort, parmi les milliers de manuscrits, une enveloppe, sur laquelle il est simplement écrit « Quatrains ». À l'intérieur de l'enveloppe, 325 poèmes. Les premiers datent de 1907 et 1908, et sont les tout premiers que Pessoa, âgé de 20 ans, écrit en portugais. Avant cela, il n'avait publié que quelques poèmes en anglais. Un acte de naissance donc, dans sa langue maternelle, pour celui qui a passé une grande partie de son enfance en Afrique-du-Sud, et qui dira plus tard que sa « patrie est la langue portugaise ». Mais la grande majorité des quatrains sont rédigés entre juillet 1934 et août 1935, soit à la toute fin de sa vie, Pessoa disparaissant en novembre 1935 à l'âge de 47 ans. Quatrains donc, tout simplement, et non pas « au goût populaire », sous-titre ajouté artificiellement par les éditeurs de la première édition portugaise, Georg Rudolf Lind et Jacinto do Pradho Coelho, et repris depuis. Précision inutile, dans le quatrain est constitutif de la culture portugaise. Pessoa le dit lui-même en 1914 : « qui fait des quatrains portugais communique avec l'âme du peuple ». Le mètre court, la rime, autant que le sujet, volontiers courtois, ancrent le quatrain dans la tradition de la « romance » et de la poésie des troubadours, « orale ou écrite, savante ou naïve », comme le souligne Henri Deluy dans sa préface. Pessoa s'inscrit donc ici dans une histoire ancienne, où s'épanouit toute la variété de son écriture. Dans ces poèmes où il apparaît et disparaît tour à tour, Pessoa joue avec une virtuosité absolue de la « gravité dans la légèreté » selon Deluy, brodant et répétant à l'infini les thèmes traditionnels de l'amour éconduit, des ?illets accrochés à la poitrine, des pots de basilic aux fenêtres, des peignes oubliés, des signes de la main restés sans réponse, des baisers refusés. Tout est vrai et tout est faux, la simplicité est complexe, la naïveté surjouée, la complainte se pare de mauvaise foi, on retrouve le goût de l'illusion cher à l'auteur aux multiples hétéronymes, qui sans cesse s'efface derrière son ?uvre, allant jusqu'à rejeter ici l'intime pour se fondre dans le grand mouvement collectif de l'identité portugaise. Poèmes d'amour, ces Quatrains sont avant tout un espace de jeu, où la beauté formelle, la mélodie, permettent seules de capturer la volatilité du sens, rejoignant là l?« Éventail » de Mallarmé. C'est comme danser autour de rien, « rien » qui est chez Pessoa, nous le rappelle Henri Deluy, « source et fin de toute chose ».
Comment se comprendre ? C'est la question que pose Hester Knibbe livre après livre. Par les mots, par les gestes, par le temps. Par l'observation des silhouettes dans la foule humaine, chaque être dans son destin, ses mouvements, sa douleur. Par intimité corporelle, par intimité du foyer. Par l'histoire, les coutumes et les pierres. En une suite de séquences qui sont autant d'approches d'une humanité infirme, Considérant la maison tente de frayer un chemin à travers le « multiple inintelligible » qui nous entoure, fait de ruines, de multitude, de symboles des plus anciens aux plus immédiats. Sourds et aveugles, chacun dans sa poussière ou son fardeau, nous cherchons « comment faire langue », inventons des jargons, nous approchons à tâtons, créons des espaces de proximité pour se comprendre, se déchiffrer, s'appréhender. Knibbe observe nos intimités de son regard qui se tient comme toujours dans son ?uvre sur une ligne de tension entre violence et douceur, entre tendresse et dureté. Ses poèmes portent une densité archaïque, tout ici est toujours très ancien, hérité des gestes des bergers, des artisans, des pêcheurs et des moines. La profondeur du passé transparaît dans les gestes les plus simples, dont la simplicité n'est pas altérée par le temps, alors que nous sommes soumis à la brutalité et à la soudaineté des départs, des disparitions, que la permanence du temps même ne peut empêcher. Au milieu de l'abandon et du silence, du danger et de la peur, la maison du titre apparaît comme un refuge précaire contre la cacophonie d'un monde qui compte « trop peu de bonheur pour chacun », où l'amour apparaît dans toute sa porosité, et sa corporéité, tant le rapport à l'autre est matière corporelle, entre contamination et sécrétion. Dans toute cette pesanteur du temps et des corps, la légèreté vient du rêve, et de cette drôle de distance entre l'âme et la chair, et si le rêve ne résout rien de l'énigme de vivre, il contribue à nouer « une alliance entre ce qui est et ce qui n'est pas écrit ». « Mon amour nous sommes sans réponse », dit Hester Knibbe, et c'est vrai. Mais dans cette succession infinie d'humains et d'animaux, de pierres et d'histoires, de vivants et de morts, l'amour est peut-être une réponse, l'amour est peut-être une maison.