Après une préface de Catherine Coquio qui introduit admirablement Yassin al-Haj Saleh, le recueil s'ouvre sur trois textes ayant pour thème central les dimensions relatives de la liberté, analysée au prisme du "moi" , de la "maison" , de la prison (l'auteur parle de "prison consentie" , gage d'une certaine forme de liberté), de l'exil, et des formes multiples de "l'illiberté" : "la liberté dont jouit le monde de l'exception au-dessus de la loi, écrit-il, est intrinsèquement liée à l'illiberté que subit le monde de l'exception en-dessous de la loi". Ces trois textes relèvent d'une réflexion philosophique et politique complexe, mais sont écrits dans une langue concrète, sans jargon. Puis, dans un long entretien passionnant, Yassin al-Haj Saleh répond aux questions précises et informées de Catherine Coquio et Nisrine Al-Zahre. Avec, en arrière-plan constant de sa réflexion, "l'hermétique absence de Samira" (son épouse, enlevée avec trois autres militants des droits de l'homme dans la zone insurgée de Douma le 9 décembre 2013) et la dévastation de son pays par la guerre et la dictature des Assad, il aborde des questions diverses : l'apparition en Syrie d'une nouvelle écriture, masculine et féminine (il parle d' "écriture peuplée"), directement issue de l'expérience de la guerre et de la prison et comparable à la "littérature de témoignage" liée à la Shoah ; son espoir dans l'avènement d'une communauté qui donne du sens à la souffrance (il relève l'origine commune, en arabe, de ces deux mots) ; la nécessité de combattre le nihilisme du pouvoir dictatorial comme celui des islamistes ; l'analogie de l'organisation de la révolution syrienne avec celle de la Commune ou avec le modèle "conseilliste" ; sa lecture critique d'Hannah Arendt ou de Giorgio Agamben ; l'impératif d'écrire une "tragédie de l'oubli" ...
Nombre de pages
160
Date de parution
15/01/2025
Poids
264g
Largeur
136mm
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EAN
9782373670233
Titre
Sur la liberté : la maison, la prison, l’exil… et le monde
Résumé : Ce recueil d'articles jamais réunis en un seul volume propose une analyse en profondeur de la crise syrienne dans ses dimensions locale, régionale et internationale par l'intellectuel syrien le plus en vue de nos jours. Ancien prisonnier politique (1980-1996), Yassin Al-Haj Saleh est actuellement réfugié politique en Turquie, où il dirige un centre de recherches.
Alhaj Wissam ; Dot-Pouillard Nicolas ; Rébillard E
Résumé : Moins connu que le Fatah ou le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique palestinien (MJIP) est un acteur central de la scène politique palestinienne. Retraçant l'histoire du mouvement depuis les années 1970, les auteurs montrent comment une poignée de jeunes intellectuels ont mobilisé des référents à première vue incompatibles, le nationalisme et l'islamisme, pour les mettre au service de la cause palestinienne. Ce faisant, ils racontent une histoire souterraine du mouvement national palestinien, où les cadres habituels, qui opposent trop souvent les chiites aux sunnites et les laïcs aux islamistes, s'effacent au profit d'une lecture originale des relations entre la gauche révolutionnaire et l'islam politique. La trajectoire de cet "islamisme paradoxal" offre de nouvelles perspectives sur le monde arabe et musulman. Car l'histoire du MJIP est aussi celle d'un réseau transnational qui relie les Territoires palestiniens, l'Egypte, la Syrie, l'Irak, le Liban, etc. Ces nouveaux éclairages nous plongent au coeur des plus récents événements qui secouent la région : les opérations militaires à Gaza et au Liban, les affrontements entre le Hamas et le Fatah, les tensions entre l'Iran et les pays du Golfe, les divisions autour de la crise en Syrie... Grâce à leur connaissance intime de la région, les auteurs ont mené une vaste enquête de terrain leur permettant de recueillir de nombreux témoignages inédits. Et d'offrir un autre regard sur la Palestine et le Proche-Orient.
La vie extraterrestre existe-t-elle ? Si oui, à quoi peut-elle ressembler ? Où se trouve-t-elle ? Existe-t-il d'autres êtres conscients ? Qu'arriverait-il s'ils nous trouvaient ? Nous nous sommes tous un jour posé ces questions. Le physicien théoricien Jim Al-Khalili, accompagné d'une équipe d'experts - dont certains ont consacré leur vie à découvrir la vérité - tentent ici d'y répondre. Préparez-vous à un voyage extraordinaire, où vous croiserez les blocs de glace et les lacs d'hydrocarbures de Titan, rencontrerez de minuscules créatures à huit pattes pouvant survivre dans l'espace et découvrirez ce que disent les neurosciences des phénomènes d'enlèvements extraterrestres. Au fil des pages, vous entrerez dans l'esprit d'une pieuvre, estimerez la probabilité de découvrir une civilisation extraterrestre, et comprendrez en quoi le calcul quantique pourrait détenir le secret de la vie. Un livre aussi fascinant qu'instructif. Il passionnera tous ceux qui ont déjà regardé le ciel étoilé en se demandant : sommes-nous seuls ?
Il s'agit de la première monographie consacrée à Anne-Marie Schneider. L'ouvrage trilingue (français, anglais, espagnol) se compose d'une séquence de plus de deux cents oeuvres organisée chronologiquement, selon une mise en page suscitée par le mouvement de l'oeuvre (le passage progressif du dessin à la peinture). Il s'accompagne d'un texte de Jean-François Chevrier et d'un DVD des 4 films de l'artiste. Il servira de catalogue à l'exposition du Museo Centro Reina Sofia (Madrid) en novembre 2016. 288 pages dont une séquence de 300 reproductions d'oeuvres (dessins, peintures, photogrammes), suivies d'un texte de Jean-François Chevrier en trois langues (français, espagnol, anglais).
Enfantillages outillés : le premier mot dirait plutôt le jeu, le second plutôt le travail, ou du moins l'activité utile. Mais il y a rime intérieure... Quels enfantillages ? Ceux de quarante enfants de la vallée de la Dordogne, leurs gestes, leurs pensées d'enfants. Quels outils ? Ceux du dessin, de la photographie, de la gravure. Pour quoi faire ? Pour dessiner et photographier des machines. Les machines attirent les enfants.
Fernand Deligny écrit Lettres à un travailleur social en 1984-1985. Depuis le début des années 1970, il a publié une dizaine de livres qui portent sur la "tentative" des Cévennes avec des enfants autistes. Il s'est éloigné des travailleurs sociaux. Ceux-ci lui reprochent son écriture "hermétique" et voudraient le voir renouer avec l'esprit militant des aphorismes de Graine de crapule (1945). Deligny répond sans répondre. S'adressant à "un travailleur social quel qu'il soit", c'est précisément dans cette langue "en tant qu'outil" qu'il veut persuader les travailleurs sociaux de penser leur tâche. Sa proposition est politique : il pointe les risques d'une liberté indexée sur l'individualisme, et d'une psychologie organisée autour de l'hypostase du "sujet absolu" et de la "conscience de soi". Dans des pages que ne renieraient pas les critiques actuelles les plus radicales sur l'école, il met en garde contre les formes de l'"apprendre" qui négligent les "faits hérétiques", les faits "chiendent", ceux qui résistent à la "sélection". Il suggère de respecter le hasard, et le tacite, dont il reprend la notion à Ludwig Wittgenstein. Il interroge un commun coutumier, indissociable de la pratique qui consiste à "asiler" l'humain, celui en qui la mémoire d'éducation n'aurait pas totalement supplanté la mémoire d'espèce... Dans une postface généreuse et éclairante organisée en trois parties, Pierre Macherey répond en quelque sorte, lui, à l'inquiétude du travailleur social. Dépliant l'écriture de Deligny sans l'expliquer, proposant de lui reconnaître son étrangeté, il souligne la parenté entre la langue et les thèmes abordés : I'"entre", de préférence aux grandes totalisations ; l''"énigme", qui appelle le silence. Puis il analyse l'une des lettres, dont il dégage en particulier le thème de l'"aller ligne" - formule reprise à Henri Michaux -, en montrant qu'elle conduit Deligny de "la simple évocation d'une file d'enfants" à des considérations de portée "tendanciellement cosmique". Il propose enfin un florilège de citations de Lettres à un travailleur social, associées et commentées de manière à en faire apparaître clairement la trame et les principales lignes de force.