En guerre pour la paix. Correspondance Paul d'Estournelles de Constant - Nicholas Murray Butler 1914
Akhund Nadine ; Tison Stéphane
NUVIS
21,00 €
Epuisé
EAN :9782363671714
Vous, Américains, vous avez condamné et exécuté, il y a plus d'un siècle, l'impérialisme britannique ; l'Europe ensuite a condamné et exécuté l'impérialisme napoléonien ; elle va maintenant condamner et exécuter l'impérialisme germanique ; profitez de cette triple expérience pour en finir, dans votre pays, avec l'impérialisme, et pour rendre à l'Europe cet incalculable service de lui donner votre bon exemple". Paul d'Estournelles à Nicholas Butler, le 11 septembre 1914 De l'été 1914 à la conclusion du Traité de Versailles (1919) le Français Paul d'Estournelles de Constant (1852-1924, prix Nobel de la Paix 1909) et l'Américain Nicholas Murray Butler (1862-1947, prix Nobel de la Paix 1931) s'écrivent régulièrement. Ils tiennent une chronique saisissante de la guerre au quotidien en France comme aux Etats-Unis tout en analysant la mutation du monde. Ce sont deux hommes d'influence et deux témoins prodigieusement informés. Leur but ? Lutter contre le militarisme, le nationalisme et la violence faite aux populations civiles. Proposer aussi un projet visionnaire d'organisation mondiale, afin de conjurer la brutalisation de la société et les déchaînements de la guerre totale du terrible XXe siècle dont ils ont la confondante et douloureuse intuition.
Nombre de pages
541
Date de parution
19/01/2022
Poids
600g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782363671714
Titre
En guerre pour la paix. Correspondance Paul d'Estournelles de Constant - Nicholas Murray Butler 1914
Auteur
Akhund Nadine ; Tison Stéphane
Editeur
NUVIS
Largeur
155
Poids
600
Date de parution
20220119
Nombre de pages
541,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Paul d'Estournelles à Nicholas Butler, le 11 septembre 1914 De l'été 1914 à la conclusion du Traité de Versailles (1919) le Français Paul d'Estournelles de Constant (1852-1924, prix Nobel de la Paix 1909) et l'Américain Nicholas Murray Butler (1862-1947, prix Nobel de la Paix 1931) s'écrivent régulièrement. Ils tiennent une chronique saisissante de la guerre au quotidien en France comme aux Etats-Unis tout en analysant la mutation du monde. Ce sont deux hommes d'influence et deux témoins prodigieusement informés. Leur but ? Lutter contre le militarisme, le nationalisme et la violence faite aux populations civiles. Proposer aussi un projet visionnaire d'organisation mondiale, afin de conjurer la brutalisation de la société et les déchaînements de la guerre totale du terrible XXe siècle dont ils ont la confondante et douloureuse intuition.
Certains êtres ont une destinée extraordinaire ; on s'aperçoit après leur mort que cette destinée aura été totalement improbable, que leur vie n'aurait jamais dû être ce qu'elle a été. Mozart est de ceux-là : de tous les grands compositeurs, il est sans doute celui qui aura eu la destinée la plus invraisemblable, et sa vie a fait de lui ce qu'il est devenu : un génie unique en son genre. D'autres êtres ont une vie tragique. Ils ont accumulé incompréhensions et désillusions ; ils ont traversé crise sur crise et cela les a marqués de plus en plus profondément. Mozart est aussi de ceux-là : il est mort ruiné, discrédité et vilipendé par la haute société viennoise. Pourtant, il a écrit pendant ses deux dernières années, pathétiques à plus d'un titre, quelques uns de ses plus beaux chefs d'oeuvre. Certains êtres enfin ont une mort rédemptrice. Ils ont quitté le monde pauvres, déchus, calomniés. Mais ils sont devenus immenses après leur mort. Mozart est encore de ceux-là : il est assurément l'un des compositeurs les plus universellement célébrés. Ce livre relate la vie de Mozart telle qu'elle fut, débarrassée des légendes, des parti-pris et des clichés qui encombrent souvent ses biographies. Il la resitue dans son contexte, ce non-dit du texte dans lequel se trouve, selon l'auteur, la clé de ce que certains commentateurs appellent encore "l'énigme" Mozart. Car sa destinée extraordinaire, sa vie dramatique, son apothéose ne peuvent être pleinement comprises et appréciées qu'en se situant historiquement au moment où il a vécu, et géographiquement là où il a vécu. On saisit alors pleinement combien sa musique, éminemment humaine, est tragi-comique comme il en a été de son existence. Mozart pleure et rit tout à la fois ; il se désespère et garde espoir en même temps. Cette humanité-là est omni-présente dans les oeuvres considérables qu'il nous a laissées et c'est la raison pour laquelle on ne peut pas ne pas les aimer : comme l'a écrit Stendhal, le nom de Mozart ne périra pas tant qu'il se trouvera des âmes sensibles. La recherche concernant Mozart et ses oeuvres continue d'être très active. Des documents de première importance ont été découverts au cours de ces dernières années, dont l'auteur a tenu le plus grand compte dans son travail. Ils rendent plus actuelle et plus nécessaire que jamais cette biographie novatrice et remarquablement documentée, qui montre à quel point Mozart, en dépit de toutes ses vicissitudes, était en avance sur son temps. Ce livre devrait être lu et médité par celles et ceux qui ne peuvent se passer de sa musique, soit parce qu'ils l'écoutent, soit parce qu'ils la jouent. Et il devrait leur permettre de mieux l'écouter, de mieux l'apprécier - et, sans doute aussi, de mieux l'interpréter.
Un fil conducteur relie Mozart à Beethoven et Beethoven à Chopin. Il ouvre le passage de la perfection classique à l'introspection romantique. Mozart incarne l'équilibre : sa musique, limpide et fluide, cache une grande complexité sous une élégance souveraine - car elle suggère plutôt qu'elle affirme. Chez lui, l'émotion reste toujours contenue par la raison, la clarté, la mesure, même dans ses moments les plus dissipés. Comme une lumière sereine qui voudrait structurer le monde à jamais, Mozart marque l'apogée du classicisme musical. Beethoven brise cet équilibre en reprenant l'héritage formel des musiciens classiques pour le reconstruire à sa guise, non sans violence ni coups d'éclat. Sa musique n'est plus un miroir de l'élégance mais le cri de l'homme face à son destin. Sa dialectique musicale répond aux bouleversements politiques traversés par l'Europe. Elle substitue à la grâce mozartienne une puissance rythmique et architecturale grandiose qui frise parfois la grandiloquence. Chopin, enfin, développe la pureté mélodique de Mozart en l'imprégnant de la subjectivité beethovénienne. Concentrant tout son génie sur le piano, il écrit une musique qui évoque davantage les confidences qu'on distille à ses intimes que l'héroïsme déployé sur les champs de bataille. Cette musique exprime ses passions et ses états d'âme, scandés par le rythme de ses sentiments. Elle n'est que poésie. En ce sens, après Chateaubriand, Byron et Lamartine, Chopin marque l'apogée du romantisme musical. En seulement quelques décennies, la scène musicale est ainsi métamorphosée, qui passe de la clarté universelle de Mozart à l'énergie monumentale de Beethoven puis à la poésie délicate et inspirante de Chopin.