La guerre de 1914-1918 a été un choc mondial. Ce chaos destructeur est paradoxalement à l'origine du développement de la vision prospective et prophétique du phénomène de l'Evolution de Pierre Teilhard de Chardin. Effondrement et engendrement, telle est la pensée régénérante de Teilhard qui perçoit dans les bouleversements de cette époque, avec ce qu'ils ont d'effrayant et d'inquiétant : les douleurs d'un monde en genèse. Au coeur de l'Evolution tâtonnante, la problématique du changement, tiraillée entre les forces d'union créatrice et les forces de désunion, est permanente. L'expression de la pensée de l'évolution de Teilhard et de ses conséquences sur la perception du futur, avec l'ancrage sur le couple conflit-coopération, la constance de la guerre mais aussi les espérances géopolitiques de convergence dans la Noosphère, ont été longuement développées dans plusieurs conférences réunies ici. La mise en perspective des événements et des conflits de cette Grande Guerre montre comment Teilhard avait bien compris les mécanismes à l'oeuvre dans ce long combat, toujours actuel, des forces d'union et de désunion. A l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, l'Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin a organisé à Reims le colloque international dont voici les Actes. La venue à Reims en 2017, 100 ans plus tard, a été l'occasion de rendre hommage au grand jésuite et a constitué un acte mémoriel important. Reims est en effet devenue ville emblématique, avec Verdun, de la réconciliation franco-allemande, au moment de la visite conjointe du Chancelier Adenauer et du Général de Gaulle, le 8 juillet 1962, annonçant la signature d'un traité d'amitié (Traité de l'Elysée), l'année suivante.
A l'heure où le Royaume-Uni peine à se séparer de l'Union européenne qu'il a intégrée il y a presque un demi-siècle, on peut s'interroger sur ses rapports plus précis avec la France. Bien entendu, il paraît légitime de se demander d'abord pourquoi le général de Gaulle s'était, à deux reprises, opposé à son entrée dans le Marché commun, mais aussi pourquoi, juste après lui, Georges Pompidou lui en avait ouvert les portes. Mais il faut remonter plus loin. Les deux pays sont en effet les seuls en Europe à avoir eu une histoire aussi parallèle, avec d'importants points communs mais aussi de fortes oppositions. A partir d'un substrat celtique romanisé plus ou moins semblable et des apports germaniques, des moments originaux ont marqué leurs relations : conquête de l'île par les Normands en 1066, présence anglaise en France jusqu'à la guerre de Cent Ans, période napoléonienne symbolisée par Waterloo, Entente cordiale officialisée en 1904 et soutien, aussi réel que difficile, de Churchill à la France libre. Quant à l'évolution politique interne, elle s'est vite différenciée, avec, en Grande-Bretagne, une représentation nationale et locale associant au pouvoir un nombre de plus en plus important de personnes.
Créée dans le grand élan culturel du romantisme, la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers est l'héritière de l'Académie royale disparue en 1793. Elle a tenu son rang au coeur de la vie culturelle de la ville et du département de sa création, en 1828, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en 1946. L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'Angers en est aujourd'hui la descendante. A cette époque, ses membres appartiennent à l'élite de l'Anjou catholique et conservateur. Ils possèdent des terres et des hôtels en ville, ils tiennent une place sociale dominante, ils exercent des responsabilités territoriales ou politiques, locales ou nationales. Ils sont médecins, juristes, professeurs, ingénieurs, artistes, écrivains, historiens, et ont, ensemble, laissé une oeuvre considérable, toujours visible. Ils investissent tous les domaines. Celui de l'Agriculture et de la Botanique avec le Comice horticole à l'origine de l'épanouissement floral et arbustif de la province, l'Art et l'Histoire, avec le roi René ressuscité par David d'Angers et le comte de Quatrebarbes, et Godard-Faultrier qui enrichit ses Musées, et inventorie ses monuments , le sauvetage de l'Apocalypse par Mgr. Angebault, et l'engagement déterminant du chanoine Urseau, font de la ville la capitale de la tapisserie en France , les Lettres brillent avec René Bazin, redécouvert aujourd'hui. Et avec eux, un nombre impressionnant personnalités de grande valeur, les Pavie, Léon Cosnier, Guillaume Bodinier, et tant d'autres dont les noms, trop souvent méconnus, sont restés sur les plaques de nos rues , et dans les pages de ce livre...
Si de nos jours la violence religieuse est davantage le fait des dérives islamiques, l'on ne peut occulter qu'elle est et qu'elle a aussi été le fait des autres religions. Par conséquent, lorsque l'on assiste à un déferlement de la violence commise au nom de l'islam que ce soit par le terrorisme politique, ou par l'attitude des Etats soumis à la Charia, il est de la responsabilité de tous les acteurs religieux, et plus particulièrement ceux des religions monothéistes, de s'interroger sur les causes profondes d'un tel phénomène. Comment d'un côté se revendiquer d'un Dieu d'amour, favoriser un discours de paix, et de l'autre se taire devant la violence commise au nom de ce même Dieu ? C'est autour de cette question que, sans être le représentant d'aucune synagogue, d'aucune chapelle, ni d'aucune mosquée, Hervé élie Bokobza nous livre une réflexion en lien avec le judaïsme. Cet essai, qui se veut sans compromis et sans parti pris, prend acte de la présence des textes violents dans la Torah, qui peuvent servir de justification aux crimes commis en son nom, particulièrement en Israël. A travers une analyse fouillée, l'auteur s'engage à montrer à partir de la cohérence même des écrits religieux qu'il est possible de contrecarrer le discours de ceux qui instrumentalisent les textes pour justifier les pires violences.
L'attentat de la rue Saint-Nicaise, perpétré le 3 nivôse an IX (mercredi 24 décembre 1800) contre le Premier Consul Bonaparte, s'il a été souvent évoqué, n'a jamais fait l'objet d'une étude exhaustive. Trois raisons permettent de le regretter. D'abord, en dehors de la personne de Bonaparte, il a eu pour but de provoquer, sans discrimination, le plus grand nombre de morts, blessures et dégâts, et donc de frapper les consciences à propos d'une situation politique et religieuse. Avec de tels caractères, cet attentat apparaît alors comme le premier attentat terroriste - dans son acception moderne - de l'Histoire de France. Ensuite, il existe une distance entre la vérité judiciaire et la vérité ordinaire. Si certains faits avaient été mis en lumière au cours du procès, une tout autre sentence pénale aurait été probablement rendue à l'égard de certains et, peut-être, des personnes non incriminées auraient été poursuivies. Enfin, c'est une enquête très moderne, basée sur des techniques scientifiques, qui a été conduite par la police à la suite de ce crime odieux, sans doute pour la première fois. Cet essai captivant et nouveau décrit dans le détail la préparation et l'exécution de l'attentat. rapporte et analyse les débats politiques internes (dont certains ont eu un écho dans les délibérations consécutives aux attentats qui ont frappé la France ces dernières années) et mesures de répression qu'il a suscitées, retrace l'enquête de police et le procès qui ont suivi, dresse le portrait des protagonistes les plus importants, pose les questions qui ne l'ont pas été à l'époque et esquisse les réponses que suscitent toutes les interrogations, cerne la part de vérité ordinaire que ne recouvre pas la vérité judiciaire.