Le concept de domination constitue l'une des plus hautes crêtes de cristallisation des débats qui animent le champ des sciences sociales et bien au-delà, toutes les réflexions sur la nature des rapports qui font et défont les sociétés. Il continue de donner lieu à de multiples controverses sur le pouvoir, les relations sociales où il prend forme ainsi que les subjectivités et les désirs ambivalents qu'il suscite. Plutôt que de revenir de manière abstraite sur ces débats, ces figures anthropologiques de la domination se proposent d'aborder, depuis des terrains contrastés (en Inde, au Pakistan, en France, au Mali et en Roumanie), les contradictions actuelles de la domination, en faisant une large part à la réflexivité, à l'épistémologie et aux positions en miroir des chercheurs et des acteurs.
Les mineurs boliviens doivent leur surnom de "ministres" à la révolution de 1952 qui propulsa leurs dirigeants syndicaux au rang de Ministres du gouvernement. Mais leur surnom évoque aussi leur allégeance envers la divinité diabolique du minerai qui convertit les mineurs en véritables "Ministres du diable". Pour ces travailleurs des ténèbres, l'extraction minière est une activité ritualisée qui tient du parcours initiatique où le christianisme syncrétique des populations andines se conjugue à d'anciennes pratiques chamaniques : possédé par la divinité des filons, le mineur devient lui même diable et s'unit sexuellement à la mine pour produire le minerai.
Cet ouvrage a pour objet la prostitution chinoise au Cameroun. Il est fondé sur des investigations anthropologiques menées de 2012 à 2015 auprès des travailleuses du sexe chinoises, des clients et prostitués camerounais. L'approche employée met en lumière les trajectoires de vie des protagonistes, ainsi que l'organisation du marché du sexe dans les villes de Yaoundé et de Douala. L'ouvrage révèle également l'influence des prostituées chinoises sur l'imaginaire de la sexualité des Camerounais.
Comment concilie-t-on mort, ivresse et jeu dans les Andes boliviennes ? Accompagnés de rituels d'inversion, de transgression ainsi que de travestissement identitaire, les jeux funéraires ont des pouvoirs performatifs sur la "vie" après la mort du défunt pour lui permettre d'accéder au monde des morts. Ils apportent la joie nécessaire au défunt pour quitter ce monde et le guident dans son épopée ; ils permettent à la famille et aux personnes dans la douleur de surmonter momentanément leur tristesse.