L'année 1907, où commence cette Correspondance, est pour Freud une année capitale : elle marque la fin de son isolement, le début de ce qui allait devenir le mouvement psychanalytique. Abraham joue un rôle de premier plan au sein de ce mouvement dont la finalité est double : propager la science psychanalytique déjà assurée de ses principes mais qui ne cesse de conquérir de nouveaux domaines - d'où l'importance des publications, de l'enseignement, de la création des sociétés locales ; maintenir la cohésion du groupe tout en favorisant la recherche individuelle, dans un champ qui, plus que tout autre, exclut le critère du " bon sens ". Tâche difficile, qui suppose plus d'une révision déchirante et à laquelle excelle Abraham, souvent plus lucide que Freud à reconnaître, chez un Jung ou un Rank, la déviation naissante. En ce sens, l'histoire de la psychanalyse - ce volume en est un témoignage saisissant - a une valeur exemplaire pour tous ceux qu'intéressent la formation et le fonctionnement d'un mouvement révolutionnaire, porté au départ par un petit groupe, et dont le progrès dépend moins, comme on le croit, de la diffusion pure et simple de ses idées dans un milieu hostile, que de la résolution de ses conflits internes. Document historique de premier ordre, la Correspondance Freud-Abraham est aussi une discussion scientifique riche, précise, un dialogue psychanalytique, à la fois sérieux et enthousiaste, que suscite une occasion toujours renouvelée : un traitement en cours, une hypothèse théorique, un projet de revue ou même - mais, cette fois, Freud est réticent - de film. En Abraham, Freud sut d'emblée qu'il avait trouvé un disciple qui ne serait pas un fils - futur rebelle - mais un maître.
Nombre de pages
410
Date de parution
13/02/1969
Poids
460g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070231171
Titre
Correspondance. 1932-1960
Auteur
ABRAHAM/FREUD
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
460
Date de parution
19690213
Nombre de pages
410,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La correspondance qu'ont échangée Karl Abraham et Sigmund Freud jusqu'à la mort du premier a paru dans cette même collection en 1969. Malheureusement, à l'époque, nous ne disposions que d'une édition partielle, les responsables de l'édition allemande ayant jugé nécessaire de "caviarder" certaines lettres ou certains passages de celles-ci. En outre, cette première publication était loin de satisfaire les légitimes attentes d'un lecteur exigeant. Avec cette nouvelle édition d'une correspondance enfin complète, c'est véritablement un nouveau livre qui est proposé au lecteur. L'année 1907, où commence cette Correspondance, est pour Freud une année capitale: elle marque la fin de son isolement, le début de ce qui allait devenir le mouvement psychanalytique. Abraham joue un rôle de premier plan au sein de ce mouvement dont la finalité est double: d'une part, propager la science psychanalytique déjà assurée de ses principes mais qui ne cesse de conquérir de nouveaux domaines - d'où l'importance des publications, de l'enseignement, de la création de sociétés locales; d'autre part, maintenir la cohésion du groupe tout en favorisant la recherche individuelle, dans un champ qui, plus que tout autre, exclut le critère du "bon sens". Tâche difficile, qui suppose plus d'une révision déchirante et à laquelle excelle Abraham, souvent plus lucide que Freud à reconnaître, chez un Jung ou un Rank, la déviation naissante. Document historique de premier ordre, la Correspondance Freud - Abraham est aussi une discussion scientifique riche, précise, un dialogue psychanalytique, à la fois sérieux et enthousiaste, que suscite une occasion toujours renouvelée: un traitement en cours, une hypothèse théorique, un projet de revue ou même - mais, cette fois, Freud est réticent - un projet de film. En Abraham, Freud sut d'emblée qu'il avait trouvé un disciple qui ne serait pas un fils - soumis ou rebelle - mais un maître à son tour.
Commentaires Avec L'Homme Moïse et la religion monothéiste, Freud signe en 1939 son dernier livre. Après Totem et Tabou (1913) et l'hypothèse du meurtre originel, il est aux prises une fois de plus avec une figure paternelle qui cette fois porte un nom, Moïse, et qui s'inscrit dans la lignée de ses propres origines juives. L'ouvrage se présente comme une enquête historique sur la véritable identité du père du judaïsme et sur l'éventualité de sa fin tragique, mis à mort par son peuple. Sa théorie du fait religieux développe l'hypothèse du parricide primitif. Il met finalement en perspective toute l'histoire de la religion biblique et rend compte de la nécessité du passage du judaïsme au christianisme. Dans ce qu'il appelle lui-même son "roman historique", Freud répond indirectement à l'antisémitisme de son temps. En inventant au peuple juif une origine déicide, il lui prête sa propre irréligiosité, et il s'identifie à lui. Les Juifs et les psychanalystes seraient haïs pour les mêmes raisons : ils ont osé tuer le père. --Emilio Balturi --Ce texte fait référence à l'édition Poche .
Freud Sigmund ; Ferenczi Sandor ; Abraham Karl ; P
En septembre 1918, à Budapest, le V` Congrès international de psychanalyse est notamment consacré aux névroses de guerre. Parmi les intervenants, Sandor Ferenczi et Karl Abraham, qui, ayant servi depuis le début de la guerre en tant que médecins, ont pu faire d'étonnantes observations. Et ce qu'ils disent des traumatismes psychiques est suffisamment important pour que Freud, qui signe l'introduction aux Actes de ce colloque, ait éprouvé le besoin d'en reparler longuement deux ans plus tard, en 1920, dans Au-delà du principe de plaisir... Gageons que ce livre intéressera les historiens travaillant sur la guerre et les sorties de guerre, mais aussi les psychiatres, psychanalystes, psychologues, travailleurs sociaux et humanitaires qui accueillent, écoutent, aident et soignent aujourd'hui les militaires et les civils confrontés aux nouvelles formes de violences de guerre.
Freud Sigmund ; Ferenczi Sandor ; Abraham Karl ; P
En septembre 1918, le Ve Congrès international de psychanalyse est consacré aux névroses de guerre. Parmi les intervenants, Sándor Ferenczi et Karl Abraham, qui, ayant servi depuis le début de la guerre en tant que médecins, ont pu faire d'étonnantes observations. Et ce qu'ils disent des traumatismes psychiques est suffisamment important pour que Freud, qui signe l'introduction aux Actes de ce colloque, ait éprouvé le besoin d'en reparler longuement deux ans plus tard, en 1920, dans "Au-delà du principe de plaisir". Gageons que ce livre intéressera les historiens travaillant sur la guerre et les sorties de guerre, mais aussi les psychiatres, psychanalystes, psychologues, travailleurs sociaux et humanitaires qui accueillent, écoutent, aident et soignent aujourd'hui toutes celles et ceux qui sont confrontés aux nouvelles formes de violence de guerre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.