"L'idée d'un marché s'ajustant lui-même était purement utopique". Historien et anthropologue de l'économie, Karl Polanyi (1886-1964) est l'un des premiers penseurs à intégrer au sein d'une même critique de l'utopie libérale qu'est la société de marché les conséquences sociales et écologiques de son imposition. L'économie n'est plus au service de la société, mais le marché régit désormais toutes les sphères de la vie humaine. C'est cette inversion, fondée sur notamment sur le mythe d'un marché autorégulateur, que dénonce avec force Polanyi. A l'heure où il devient nécessaire d'imaginer une transition écologique et démocratique de l'économie, son oeuvre éclairera celles et ceux qui ne se résignent pas à la marchandisation générale de nos sociétés".
Abdelkader Benarab est un universitaire connu pour ses publications sur la culture et la littérature du Maghreb et d'Afrique. Il a collaboré à l'ouvrage Maghrébins de France aux éditions Privat, qui a reçu le prix de la sélection Amitié franco-arabe. Son dernier ouvrage sur Frantz Fanon, aux éditions Alfabarre, en 2010, bénéficie de traductions arabe, anglaise et espagnole.
Abdelkader Benchamma s'affranchit des frontières entre le dessin classique, le graphisme et la bande dessinée et nous plonge dans un univers tantôt aérien, tantôt tellurique, où les éléments de la nature prédominent.
Ier décembre 1944, camp de Thiaroye, en périphérie de Dakar. Des tirailleurs sénégalais, faits prisonniers par les Allemands lors de la guerre et récemment rapatriés, réclament le paiement de leur solde. Un droit qui leur était promis depuis des mois. La réponse est sanglante et d'une violence inouïe : des centaines d'entre eux sont rassemblés sur une esplanade du camp, froidement mitraillés puis jetés dans des fosses communes. Pourtant, dès le lendemain, les autorités coloniales et militaires prétexteront une rébellion armée des tirailleurs et feront état de trente-cinq morts. Entre mensonge d'Etat et fraude scientifique, l'historienne Armelle Mabon mène depuis dix ans un véritable combat pour réhabiliter ces hommes et les faire reconnaître comme victimes d'un crime d'Etat. A l'heure des commémorations pour les quatre-vingts ans de ce massacre, ce livre est d'autant plus nécessaire que la France s'obstine à refuser de regarder en face de l'héritage raciste de la colonisation.
Méga-bassines, entrepôts logistiques, fermes-usines... Si les projets d'infrastructures polluantes se multiplient, nombreuses sont aussi les luttes qui s'y opposent en dénonçant leurs conséquences nocives. Contre des aménageurs guidés par la logique du profit, le recours au droit s'avère nécessaire et efficace. Mais l'outil juridique effraie et s'en saisir est complexe. Aussi, en suivant le déroulé typique d'un recours juridique, ce manuel illustré explore tous les cas possibles, présente les différents acteurs et les étapes clés afin que chacune et chacun, au sein d'un collectif ou non, puisse défendre un territoire menacé. Un livre illustré par Elsa Lecarpentier.
Comment se pose la " question migratoire " pour le peuple qui compte le plus grand nombre de réfugiés dans le monde ? Ce titre se concentre sur l'exil syrien, en premier lieu vers le Liban. La Syrie est le pays qui a le plus de réfugiés internationaux au monde ; en 2016, 5,5 millions de personnes avaient fui le pays. Ce que nous appelons en Europe " crise des réfugiés " est, au Liban, une crise nationale. En décrivant une réalité très différente de la situation européenne par son intensité et ses enjeux, ce livre permet de renouveler notre compréhension de la prétendue crise à laquelle nous serions confrontés. Il revient sur les liens entre Libanais et Syriens ; il étudie aussi des parcours jusqu'en Turquie, en Allemagne et en France. Le qualificatif et le statut de " réfugié " occultent souvent la diversité des profils, des expériences ; face aux discours qui nous parlent des migrants dans leur ensemble, ce livre nous invite à considérer chaque cas comme une histoire unique.