Anthologie de la jeune poésie russe. Lauréats et finalistes du prix Début
Zeytounian-Beloüs Christine ; Slavnikova Olga ; He
CIRCE
19,00 €
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EAN :9782842424480
La poésie russe connaît depuis quelques années un essor spectaculaire. Une nouvelle génération émerge, pour laquelle la période soviétique relève des souvenirs d'enfance, même si elle reste assez souvent une source d'inspiration. Cette anthologie rassemble une cinquantaine de poètes, tous lauréats ou finalistes du prix "Début", créé en 2000 par une fondation privée, qui a permis de découvrir et de promouvoir nombre de jeunes talents, choisis par un jury prestigieux parmi plusieurs dizaines de milliers de manuscrits affluant de tous les coins - parfois fort reculés - de Russie et d'ailleurs (le prix a notamment récompensé des poètes russophones d'Ukraine et du Kazakhstan). Aujourd'hui, les plus âgés viennent seulement d'atteindre la quarantaine, et ce sont des auteurs désormais reconnus dont beaucoup ont déjà publié plusieurs recueils et reçu d'autres prix littéraires. Leurs styles sont extrêmement variés et vont du minimalisme au baroque, en passant par l'ironie, l'absurde et le slam ; certains honorent la prosodie classique, d'autres jouent avec les formes et les sons, optent pour le vers libre ou la prose poétique, mais toutes ces voix nouvelles, différentes et originales, témoignent de la vitalité sans cesse renouvelée de la poésie russe, qui a toujours été le nerf et le coeur de toute la culture d'un pays où les mots, dans leur splendeur ou leur dénuement, continueront encore longtemps à l'emporter sur les choses.
Nombre de pages
210
Date de parution
05/04/2018
Poids
224g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782842424480
Titre
Anthologie de la jeune poésie russe. Lauréats et finalistes du prix Début
Auteur
Zeytounian-Beloüs Christine ; Slavnikova Olga ; He
Editeur
CIRCE
Largeur
121
Poids
224
Date de parution
20180405
Nombre de pages
210,00 €
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Kiev, 1997. Dans le studio qu'il vient d'acheter, Nikolaï Sotnikov, découvre Kobzar, un livre de Taras Chevtchenko considéré comme le chef-d'?uvre du grand poète et patriote ukrainien. Dans les marges, figurent au crayon les multiples annotations d'un homme mort dans des conditions suspectes. Dans un document que ses amis ont glissé dans son cercueil, il écrivait avoir découvert une chose précieuse pour le peuple ukrainien. Nikolaï se rend la nuit au cimetière, et après avoir procédé à une exhumation clandestine, récupère cette lettre. Écrite en 1851, elle accusait Chevtchenko, alors soldat à Mangychlak, Kazakhstan, d'avoir caché quelque chose dans le sable. Veilleur de nuit dans un entrepôt d'aliments pour bébés, Nikolaï se rend compte que cette activité masque un trafic de drogue et il est obligé de quitter Kiev. Il en profite pour rallier Mangychlak afin de percer l'énigme Chevtchenko. En chemin, il rencontre une jeune Kazakh, la belle Goulia, qui va l'accompagner dans un périple jalonné de rencontres dont la plus surprenante sera sans doute celle d'un gentil caméléon. Foisonnant roman d'aventures, ce voyage initiatique du narrateur à la recherche d'un trésor qui reste ici symbolique, trouvera sa récompense. Maniant la parabole et l'humour, Andreï Kourkov, d'une écriture limpide et attrayante, proclame la vanité des nationalismes et dresse un portrait des anciennes républiques soviétiques gangrenées par les trafics et la corruption. Original ! --Claude Mesplède
Le tailleur de pierre Krylov et l'énigmatique Tania, depuis leur rencontre sur un quai de gare, cherchent à préserver leur amour des contraintes de la société et du temps. Mais Krylov doit composer avec d'autres réalités: dune part, il dépend toujours de son ex-épouse Tamara, une oligarque richissime; d'autre part, il participe à une expédition illégale dans le but d'exploiter un gisement de diamants dans les montagnes de l'Oural. Ainsi, son destin est lié inexorablement à celui de la Russie. Dans un climat lourd de menaces et d'angoisse, la grande ville ouralienne où vit Krylov se prépare à fêter le centième anniversaire de la révolution d'Octobre, nous sommes en 2017. L'événement révèle une société à jamais divisée, incapable de tirer les leçons du passé et prête à s'embraser à nouveau. Les défilés militaires en costunes d'époque donneront le signal d'une confrontation sanglante entre Rouges et Blancs... 2017 est un grand récit polyphonique, roman d'amour et fresque historique, qui fonctionne aussi comme une anti-utopie fantastique de la société russe. Finesse psychologique, force tragi-comique et dimension mythologique font de ce livre une oeuvre d'une extraordinaire maturité.
«Faire la paix avec les Tchétchènes, ils ne seraient pas contre non plus. Une très longue paix? Les Tchétchènes sont des gens comme les autres. Les soldats pourraient aller à la pêche. Il paraît qu'il y a beaucoup de poisson dans les rivières de montagne, du bon poisson, pas bien gros, il est vrai. Malgré tout, l'opinion générale penche du côté de la guerre.» Alexandre Jiline est commandant de l'armée russe en Tchétchénie, chargé de l'approvisionnement des troupes en essence. Un poste stratégique, qui lui permet de se livrer à un trafic de barils avec l'ennemi tchétchène. Mais Jiline a aussi bon c'ur, et les villageois l'apprécient pour cela. En signe de respect, ils transforment alors son prénom en Assan : dans le folklore tchétchène, Assan est une idole de la période préislamique du Caucase qui incarne la vengeance. Mais son histoire personnelle prend un tournant décisif quand il décide de prendre sous son aile deux jeunes soldats devenus inaptes au service en les planquant dans un de ses dépôts de carburants... Assan évoque avec brio la sale guerre de la Russie en Tchétchénie, mais ce cadre contemporain, très précis, contient aussi un roman universel qui dépeint avec force les contradictions de tout être humain dans des situations extrêmes.
Les dix récits ici rassemblés ont comme point commun l'élément ferroviaire : quoi de mieux en effet qu'un voyage en train pour raconter une histoire ? On y croise donc un malheureux porteur de chapka qui, pour une étrange raison, s'attire les foudres des femmes partageant son compartiment ; la veuve d'un mafieux poursuivie par son mari défunt jusque dans le train-couchettes où elle fuit avec son amant ; un assassin qui comprend peu à peu que celle qui l'aime follement l'a pris en filature depuis des semaines et risque bien de découvrir la vérité ; deux soeurs qui réparent la locomotive de leurs ancêtres avec une singulière conception de l'intérêt général...
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.