Du charme dissimulé dans le quotidien au régime esthétique atypique de l'imagerie scientifique, de sa capacité inouïe à penser le vivant jusqu'à ses innombrables applications littéraires, philosophiques, techniques, historiques et artistiques, la beauté se révèle être un terrain intellectuel pluridisciplinaire particulièrement fécond. L'Abécédaire de la beauté ici présenté multiplie les axes de réflexion sur cette notion aussi galvaudée qu'insaisissable, mais qui, selon les 43 contributions réunies dans cet ouvrage, demeure au centre de nos recherches les plus actuelles et les plus vives. L'ambition n'est pas de réaliser une synthèse impossible des recherches sur la beauté, mais de collectionner les points d'accès multiples d'une pensée collective en train d'émerger. A l'inverse d'une encyclopédie, l'abécédaire joue de l'aléatoire des entrées et de l'arbitraire des lettres pour mettre au défi, à chaque fois, la notion de beauté et voir en quoi elle est un levier de questionnements et de perspectives nouvelles de recherches. Chaque entrée est conçue non pas comme une synthèse rétrospective mais comme une interrogation prospective. De Frédéric Worms (V comme vitale) à Elie During (F comme futur) en passant par Emmanuelle Pouydebat (Z comme zoo-esthétique), les textes composant cet abécédaire croisent des approches issues de domaines aussi variés que la sociologie, la physique, l'esthétique ou la philosophie. L'Abécédaire de la beauté est le fruit de l'activité de recherche et de formation de la Chaire Beauté·s de l'université PSL. Une vingtaine de thématiques sont accompagnées d'illustrations d'Icinori, conçues spécifiquement pour le projet.
Nombre de pages
245
Date de parution
09/09/2022
Poids
668g
Largeur
162mm
Plus d'informations
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EAN
9782490077731
Titre
Abécédaire de la beauté
Auteur
Zernik Clélia ; Jaricot Justin
Editeur
B42
Largeur
162
Poids
668
Date de parution
20220909
Nombre de pages
245,00 €
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Loin de revenir à une interprétation culturaliste et zen du cinéma de Yasujirô Ozu, cette étude philosophique révèle la déraison perceptive à l??uvre dans ses films, dont témoigne leur actualité toujours vive. Au travers d'une observation approfondie des variables perceptives qui construisent ses images, du potentiel subversif de ses narrations, de la présence fantomatique de la guerre, le texte tisse des allers-retours entre la réception critique d'hier et les reprises d'Ozu aujourd'hui, à la fois dans le cinéma (Takeshi Kitano, Hirokazu Kore-eda, Shô Miyake) et dans l'art contemporain (Michiko Tsuda, Ho Tzu Nyen, Meiro Koizumi, Rinko Kawauchi). Au croisement de la philosophie, de la psychologie de la perception et de l'esthétique comparative, l'analyse révèle comment Ozu maîtrise l'art de la double vue, où l??il affectif et l??il optique se conjuguent pour faire remonter le fond à la surface.
Une série de 31 chapitres pris sur le vif et décrivant les éléments indiscernablement les plus étrangers et familiers du Japon. L'ouvrage, de format inédit, est imprimé en deux couleurs, et muni de vignettes et de ciuls-de-lampe. Couverture cartonnée à rabats.
Première impression forte que nous procure la vision des Sept Samouraïs: le générique du début du film défile en larges lettres blanches sur un fond noir. Chaque nom «tombe» sur l'écran massivement, laissant une empreinte profonde, appuyée par une musique aux percussions sourdes et au rythme martelé. Les signes sont épais, le trait vigoureux. Et Gilles Deleuze disait que c'était de cette manière qu'il fallait comprendre le style d'Akira Kurosawa, comme un caractère mat et compact. Ici la lettre n'est pas signe qui disparaît sous son sens, mais un sceau imprimé comme au fer rouge. Les symboles se mettent peu à peu à former des figures géométriques régulières. Ainsi se caractérise la présence dans les films de Kurosawa. Apparaître à l'écran, c'est déjà être engagé dans un jeu de forces, marquer sa puissance, avoir un poids.«Au XVIe siècle, époque de guerre civile, des guerriers dévastent les campagnes. Partout ces bandits sans pitié oppriment les paysans.»Ce film de 1954 se déroule au Japon, pendant la période Sengoku (1490-1573), époque sanglante durant laquelle se développent des mouvements d'autonomie rurale. Sous la menace de brigands, un petit village de paysans apprendra, avec l'aide de samouraïs, à se défendre et à s'autogérer.En reprenant une trame historique, Akira Kurosawa inscrit son film dans la tradition japonaise du jidai-geki ou film d'époque. Toutefois, il prétend en renouveler le cadre et les schèmes: «Un film d'action peut n'être qu'un film d'action. Mais quelle chose merveilleuse s'il peut en même temps prétendre peindre l'humanité.»Présence des corpsLe cinéma de Kurosawa est avant tout un art des corps. Dénudé, désirant, fébrile ou en mouvement, les destins qu'il met en scène sont autant d'aventures ou de métamorphoses du corps.Dans nombre de ses films, les premiers plans d'un personnage le présentent de dos, comme s'il était d'abord une masse pesante, plus ou moins musculeuse ou débile, plus ou moins agitée ou sereine, et bien moins un visage. Dans Les Sept Samouraïs, le premier plan de Toshiro Mifune le montre de dos grattant son échine courbée, comme un personnage qui ne sait pas se tenir. Au contraire, Barberousse, dans le film éponyme, également joué par Mifune, apparaît pour la première fois de dos dans la plus grande immobilité et dans la plus grande fermeté, comme une puissance intraitable. Kurosawa s'attache à singulariser la présence corporelle de chacun, comme celle par exemple de l'enfant fou dans Dodeskaden (1970), au haut front et à la démarche mécanique. Dans Les Bas-Fonds (1957), dans Le Garde du corps (1961), les personnages sont à la limite du monstrueux. Les uns, un fichu sur la tête, ne laissent voir qu'une face osseuse, les autres ont un crâne ou un ventre si protubérant qu'ils déséquilibrent toute leur silhouette. (...)
Transparence de sa baie vitrée, reflets du flipper et chromage des machines à bière et à boissons chaudes, le café multiplie les éclatements et les faux raccords dans notre environnement. Seuil entre un espace public, celui de la rue et de la ville, et un espace privé et intime, celui de nos habitudes et de nos trajets quotidiens, le café est un espace-tampon qui déréalise le monde et nous déporte sans cesse. Ce café-mobile qui reflète les heures de la journée et les saisons de l'année, qui échappe aux grandes institutions et qui reste confiné à la précarité du quotidien, a permis au cinéma d'ouvrir les écrans aux "petits riens" de l'existence qui font l'air du temps. Et ce n'est pas un hasard si le café-bistrot se trouve être le décor privilégié du cinéma de la Nouvelle Vague. Le café, lieu de perdition de la jeunesse, de la paresse et de l'oisiveté, du temps qui passe et du temps perdu, devient le catalyseur parfait d'un cinéma qui se détourne de l'action et s'ouvre à une sentimentalité de comptoir, aux ambiances et aux climats, à cette vibration particulière du quotidien.
Largement tributaire des possibilités qu?offrent la photographie, la programmation, les procédés d?impression, de diffusion, de reproduction, notre environnement visuel est traversé de part en part par la technique. Pourtant ces opérations sont bien souvent maintenues dans l?ombre de questions plus nobles portant sur les graphistes, leurs démarches et les formes qu?ils produisent. Le rôle historique et opératoire de la technique ne semble pas encore avoir été étudié dans le champ du design graphique avec autant d?assiduité que dans d?autres domaines. Les différentes contributions de cet ouvrage montrent selon plusieurs éclairages complémentaires, que la technique n?est pas réductible à des opérations quantifiées ou à des objets fonctionnels, mais qu?elle revêt plus largement une dimension anthropologique beaucoup plus ancienne et profonde que ce que nos environnements technologiques ne laissent imaginer. La technique croise des pratiques, des normes, des habitudes et des « manières de faire », c?est-à-dire tout une somme de choses qui font partie intégrante des processus de création sans forcément y apparaître explicitement. Interroger la fabrication, la conception et les outils en design graphique, c?est tenter de redonner une lisibilité à ces questions pour mieux comprendre les formes visuelles de notre environnement quotidien. Cet ouvrage témoigne de la multiplicité des approches possibles sur le sujet et de la fertilité d?une thématique qui reste encore largement à défricher, au croisement du design, des études visuelles et des humanités numériques.Table des matières : sommaire Introduction Quelques éclairages non techniques sur la technique Vivien Philizot Mémoire des techniques Trous de mémoire Témoignage de Jean-Noël Lafargue Les révolutions techniques et leurs conséquences sur le dessin de lettres Indra Kupferschmidt Politiques numériques Faire avec ? Pour une pratique informée des programmes Kevin Donnot Le design de la transparence : une rhétorique au c?ur des interfaces numériques Loup Cellard, Anthony Masure Pourquoi le design. Une évidence problématique dans le domaine des humanités numériques Nicolas Thély Dynamiques visuelles Le regard captif. Montage et économie de l?attention, aux origines du concept moderne de graphisme Max Bonhomme Du diagramme circulaire au réseau : comment bien digérer un camembert ? Fabrice Sabatier Formes de l?invention Formes, concepts, matières : quels place et rôle pour le numérique et la technique Bruno Bachimont La technique est-elle sédimentaire ? Entretien entre Pierre-Damien Huyghe et Vivien Philizot Conclusion Design graphique. Projet pour un glossaire Vivien Philizot
La gentrification des esprits est un retour captivant sur les « années SIDA » et l'activisme d'ACT UP dans le New York des années 1980 et 1990. Sarah Schulman, elle-même new-yorkaise et militante de la cause LGBT, se souvient de la disparition, pratiquement du jour au lendemain, de la culture rebelle queer, des loyers à bas coûts et du prolifique mouvement artistique qui se développait au c'ur de Manhattan ; remplacés par des porte-parole gays conservateurs, ainsi que par le consumérisme de masse. Sarah Schulman décrit avec précision et engagement le « remplacement d'une communauté par une autre » et le processus de gentrification qui toucha ces quartiers concomitamment à la crise du SIDA. Schulman fait revivre pour nous son Lower East Side tel qu'elle l'a connu. Elle emplit les pages de ce livre de la réminiscence vivace de ses ami?e?s de l'avant-garde queer, autant que de l'ombre inquiétante des premières années de la crise du SIDA, telles que vécues par une politiste. Les souvenirs personnels s'entremêlent à une analyse percutante des deux phénomènes, et du poids invisible qu'ils font aujourd'hui peser sur la société américaine. Schulman rend compte de son expérience en tant que témoin de la « perte de l'imagination » de toute une génération, et des conséquences entraînées par cette perte.