Li Guangtou et Song Gang ne sont pas de vrais frères mais leurs destins se sont de longue date trouvés liés pour le meilleur et pour le pire. Enfants, puis adolescents pendant la Révolution culturelle, ils atteignent l'âge adulte au moment où la Chine entre dans l'ère tumultueuse des "réformes" et de l""ouverture'. La solidarité, cimentée par les épreuves, qui les unis-sait jusqu'alors se fissure et leurs chemins, pour un temps, se séparent: tandis que Song Gang, l'intellectuel"doux et loyal, est rapidement dépassé par son époque, Li Guangtou, le"brigand', tirera le meilleur parti des bouleversements sociaux et économiques en cours. A travers ce couple de "faux" frères, c'est près d'un demi-siècle d'histoire chinoise qui défile sous nos yeux, des années 1960 et 1970, marquées par la répression morale et les atrocités politiques, à l'époque contemporaine, où les énergies individuelles se libèrent dans un désordre épique. Le "loser" et le "battant" résument à eux seuls une transition vécue par des millions de Chinois dans la fièvre et le désarroi. Li Guangtou, à la fois rustre et ingénieux, brutal et généreux, et avant tout doué d'une force de vie et d'un culot sans limites, est le cligne représentant des entrepreneurs de la Chine contemporaine, et le "bourg des Liu', microcosme où se reflètent les grands événements des dernières décennies, s'élève à la hauteur des grands lieux mythiques que l'imagination littéraire est susceptible de créer. Avec ce roman qui contient l'expérience de toute une génération, celle de la faim, de la violence, celle de la frénésie économique et des grandes migrations, des ascensions fulgurantes et des naufrages individuels, Yu Hua a écrit une véritable odyssée de la Chine, de Mao aux Io. Le public chinois ne s'y est pas trompé, qui a fait un triomphe au livre. Biographie: Né en 1960 à Hangzhou (Zhejiang), Yu Hua a commencé à écrire en 1983. Ont été traduits en français: Vivre! (Le Livre de poche, 1994; Babel, 2008), porté à l'écran pur Zhang Yimou et primé au Festival de Cannes en 1994. Un monde évanoui (Philippe Picquier. 1994) et, chez Actes Sud, Le Vendeur de sang (1997), Un amour classique (2000), Cris dans la bruine (2003) et 1986 (2006)."
Nombre de pages
716
Date de parution
09/04/2008
Poids
805g
Largeur
146mm
Plus d'informations
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EAN
9782742774371
Titre
Brothers
Auteur
Yu Hua ; Pino Angel ; Rabut Isabelle
Editeur
ACTES SUD
Largeur
146
Poids
805
Date de parution
20080409
Nombre de pages
716,00 €
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Du jour où Xu Sanguan apprend qu'on peut gagner de l'argent en vendant son sang commence pour lui une vie nouvelle. C'est en effet à cet expédient qu'il devra son mariage, une union bientôt assombrie par la révélation de la bâtardise de son premier fils. Et c'est à cette pratique qu'il recourra ensuite - parfois au péril de sa vie -, chaque fois que le destin viendra frapper les siens. Comme dans son précédent roman, Vivre ! , Yu Hua a choisi de suivre une existence humaine dans ses vicissitudes - ici au cours des trente années qui suivent l'instauration du nouveau régime avec la mise en place des communes populaires et la Révolution culturelle. L'histoire politique cependant n'est pas le véritable sujet du livre : ce qui fascine Yu Hua c'est l'acharnement de ses personnages à survivre, envers et contre tout, sous le signe du sens de l'honneur, de la piété filiale et du dévouement, au sein d'une misère partagée et comprise par tous. Se réconcilier avec soi-même et avec le milieu naturel et humain dont on est issu - après tant de mensonges, de violences, de lavages de cerveau et de haine de soi -, tel est le propos de Yu Hua. De tous les jeunes écrivains chinois d'aujourd'hui, il est sans aucun doute celui qui a su le mieux maintenir la balance entre la tonalité nécessairement sombre et critique de son époque, marquée par le traumatisme de la Révolution culturelle, et l'humanisme - ou pour exprimer les choses en termes bouddhistes la "compassion" - sans lequel une littérature ne saurait longtemps subsister.
Résumé : Dans les récits de Yu Hua, l'atmosphère est menaçante, lourde de pluies comme de crimes. Dans les récits de Yu Hua, il y a une force destructrice à l'?uvre, des meurtres, des suicides, des viols. La maladie et la folie sont au rendez-vous. Mais les lieux naturels sont magnifiques : la berge de saules pleureurs dans Erreur au bord de l'eau est d'un calme enchanteur, comme celle d'Un monde évanoui, où les pêchers exhibent leurs fleurs roses. Les deux récits publiés ici se lisent comme des polars. Dans le premier, l'inspecteur Ma Zhe tente de résoudre trois meurtres. Un fou qui ricane bêtement sème la terreur. Mais il y a encore la fille à la barrette rouge, le jeune homme suicidaire. Dans le second récit, sous une pluie qui ne cesse même pas dans les rêves, des personnages sans nom vivent dans un monde peuplé d'hallucinations, de fantômes, des prédictions d'un vieux devin, de rêves prémonitoires. Depuis Vivre ! adapté au cinéma par Zhang Yimou et primé au festival de Cannes en 1994, Yu Hua s'inscrit résolument dans modernité littéraire chinoise.
Un enfant de quatre ans, en provoquant accidentellement la mort de son cousin, déclenche une série de vengeances qui anéantira une famille entière. Un jeune lettré, candidat aux examens impériaux, qui traverse sur son chemin une ville florissante et y rencontre, comme en rêve, une merveilleuse jeune fille, retrouve quelques années plus tard une terre dévastée, en proie à la famine, et la jeune femme transformée en viande de boucherie... Un personnage à l'identité incertaine nous parle d'une présence féminine qui le hante, peut-être celle de Yang Liu, la jeune fille morte en lui léguant ses yeux... Dans un café, deux hommes ont assisté à un meurtre. Leur relation épistolaire, nourrie d'hypothèses sur les mobiles de ce crime, s'achèvera en tragédie... Oniriques et cauchemardesques, ces "petits romans" ont fait connaître Yu Hua à la fin des années quatre-vingt. Par leur écriture où se lit parfois l'influence d'un Kafka ou d'un Borges, ils imposent d'emblée la vision d'un authentique créateur. Car cette oeuvre angoissée, écrite au lendemain d'une période dramatique de l'histoire chinoise qu'elle désigne sans la nommer, allie la puissance de l'imaginaire à la profondeur de la réflexion métaphysique.
Résumé : Un enfant mal aimé quitte un jour son village natal, Nanmen, pour être confié à un couple sans descendance. Cinq ans plus tard, son père adoptif étant mort et la mère partie au loin, il retourne à Nanmen. Entre ces deux bornes temporelles, que les réminiscences du narrateur ne cessent de repousser, se tisse l'écheveau compliqué et souvent douloureux des relations familiales et communautaires au sein d'une bourgade chinoise : les frasques du père avec une veuve joyeuse, la lutte sourde que se livrent le père et le grand-père, la folie de la mère adoptive et la vengeance terrible du père adoptif surpris en flagrant délit d'adultère, la recherche fervente de l'amitié et les bouleversantes révélations de l'adolescence. Yu Hua signe ici un roman d'une facture magistrale où la narration, variant les points de vue, fait resurgir les personnages sous un éclairage sans cesse différent et rendu plus cru par l'anticipation de leur mort. Dans ce carrousel de la mémoire, chaque scène, au lieu d'être emportée par le flux du temps, semble s'éterniser, chaque attitude devient poignante, chaque geste irrémédiable. Mêlant l'humour à la farce et la mélancolie au pathétique, Yu Hua, tel un peintre, cerne d'un trait lumineux tous ces êtres confrontés à la difficulté d'exister.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.