Jeux, modes et masses. La société française et le moderne 1945-1985
Yonnet Paul
GALLIMARD
27,90 €
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EAN :9782070705542
Dans le moderne, faire voir le plus moderne; à l'intérieur du contemporain, donner à concevoir le plus proprement contemporain: telle est l'ambition de ce livre. Le tiercé, ou les voies imprévues de l'adhésion aux rituels de la démocratie; le jogging, ou la réponse par le corps à la crise; la vague rock, ou l'invention de l'internationale adolescente; le compagnonnage animal, ou l'épreuve des limites de l'humain; la société automobile, ou le basculement dans l'univers de la mobilité; la généralisation de la mode, ou l'entrée dans une nouvelle logique du paraître: autant d'échantillons du grand changement qui, depuis 1945, n'a pas seulement révolutionné niveaux et modes de vie, mais créé littéralement une autre société. Ils sont analysés ici sous un double éclairage: dans leur signification universelle, en tant qu'expressions de la société démocratique de masse, et du point de vue des résistances spécifiques de la société française à la modernité. Contre les préjugés « critiques » inspirés par un élitisme archaïsant, en rupture avec une sociologie académique engoncée dans des catégories d'un autre âge, un effort pour regarder et pour penser sa société dans son mouvement même.
Nombre de pages
380
Date de parution
14/01/1986
Poids
426g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070705542
Titre
Jeux, modes et masses. La société française et le moderne 1945-1985
Auteur
Yonnet Paul
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
426
Date de parution
19860114
Nombre de pages
380,00 €
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Ce Voyage dérangeant se déroule en trois étapes. Il commence par l'exploration scrupuleuse de ce que l'auteur appelle un "antiracisme de nouvelle génération" apparu au cours des années quatre-vingt, parallèlement à la montée de l'extrême droite xénophobe. Sa nouveauté redoutable, est-il montré, est précisément d'installer la notion de "race" qu'il prétend au départ combattre. N'est pas "antiraciste" qui veut ; encore faut-il apprendre à déjouer les pièges d'un problème qui détourne et retourne les meilleures intentions. L'utopie de substitution que développe S. O. S. -Racisme est ensuite envisagée comme un révélateur de la conjoncture idéologique française au cours d'une décennie marquée par le double effondrement de l'espérance prolétarienne et de l'encadrement catholique. Ce sont enfin quarante-cinq ans d'histoire qui sont remis en perspective à la lumière de l'effondrement du roman national que Paul Yonnet diagnostique au coeur des fantasmes et des angoisses dont la cohésion collective fait aujourd'hui l'objet. La France parviendra-t-elle à faire le deuil de son roman national ?
Résumé : Le temps libre est aujourd'hui le temps de vie le plus long. Mais la fin du travail n'aura pas lieu. Au demeurant, si le travail devait disparaître, le loisir, dans son acception moderne, disparaîtrait avec lui : la demande sociale est une demande de temps de contrainte et de temps de loisir alternés ; la force de travail et ce que l'auteur dénomme la force de loisir tirent leur existence et leur sens de mécanismes d'épuisement et de reconstitution réciproques. Paul Yonnet explore de façon minutieuse et quasi ethnographique les différentes activités que le développement de la force de loisir a suscitées. Il réserve un traitement particulier à des phénomènes déjà abordés dans Jeux, modes et masses et revisités quinze ans après : l'esthétique rock, la médiatisation des rituels du rire, le déclin du tiercé. Toutes ces analyses mènent au même point. Elles mettent en lumière la reconstitution du lien social qu'opèrent les pratiques de loisir. A une époque où la religion, la famille, l'entreprise, le travail, l'action publique ou syndicale ne contribuent plus, ou contribuent moins qu'auparavant, à maintenir la cohésion collective, c'est le loisir qui devient le principal champ d'activités où s'expérimente le sentiment d'être ensemble. Loin de se dissoudre dans le temps libre, le lien social s'y retrempe et s'y vivifie. Telle est la politique d'un loisir, ni frivole ni futile, où se mesure dorénavant la capacité des hommes à poursuivre une vie en société digne de ce nom.
Du milieu du XVIIIe siècle à nos jours, la mortalité maternelle a été divisée par 131, et la mortalité infantile par 69. A présent, dans les sociétés développées, les enfants qui naissent et leurs mères sont assurés de vivre. L'enfant désiré est le point de rencontre de ce repli de la mort, déplacée vers la vieillesse, et d'une longue histoire de contention puis de réduction de la fécondité, un processus propre à l'Europe de l'Ouest, marqué par trois stades: le recul de l'âge au mariage; la chute de la fécondité à l'intérieur du mariage (réponse au recul de la mortalité infanto-juvénile); la mise au point de techniques efficaces de prévention des naissances non désirées. Alors, la société n'a plus besoin du mariage comme opérateur de la réduction de la fécondité et il n'est plus nécessaire d'interdire les relations sexuelles précoces pour garantir la collectivité contre l'excès des naissances. C'est la logique de l'enfant désiré qui façonne l'individu moderne et organise sa psychologie. De "cellule de base" de la société, la famille devient la "cellule de hase" de l'individu. Articulant les savoirs de nombreuses disciplines, cet ouvrage, qui rend intelligible ce qu'on appelle l'individualisation, en constitue, à tout point de vue, une nouvelle définition.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.