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Le Moïse de Freud. Judaïsme terminable et interminable
Yerushalmi Yosef
GALLIMARD
22,50 €
Épuisé
EAN :9782070730216
L'homme Moïse et la religion monothéiste occupe dans l'ouvre de Freud une place particulière. Texte le plus contesté pour sa reconstruction des origines du judaïsme, du christianisme et de l'antisémitisme, il suscita les plus fortes hésitations chez son auteur même, qui balançait à le qualifier - était-ce un roman historique ou l'analyse appliquée à l'Histoire ? -, voire, alors que triomphait le nazisme, à le publier. Il répondait pourtant chez Freud à la double et impérieuse nécessité d'obéir à l'injonction qui lui avait naguère été faite par son père de revenir à la Bible et d'expliquer pourquoi, bien qu'incroyant, il se sentait si juif. Concluant qu'un "caractère national" peut se transmettre "indépendamment d'une communication directe et de l'influence de l'éducation par l'exemple", Freud posait donc que la "judéité" se perpétuait "dans le sang et dans les nerfs" indépendamment du judaïsme, que la première était interminable quand le second pouvait être terminé. Mais la vraie conclusion à laquelle était parvenu Freud, s'interroge Yosef Hayim Yerushalmi, ne serait-elle pas plutôt que la psychanalyse, cette "affaire juive" dont parlait son fondateur, était le prolongement du judaïsme dépouillé de ses manifestations religieuses illusoires, bien que conservant ses caractéristiques monothéistes fondamentales ? Somme toute, "juif sans Dieu", comme il aimait à se définir, Freud ne voyait-il pas dans la psychanalyse un judaïsme sans dieu ?
Nombre de pages
276
Date de parution
23/04/1993
Poids
294g
Largeur
143mm
Plus d'informations
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EAN
9782070730216
Titre
Le Moïse de Freud. Judaïsme terminable et interminable
Auteur
Yerushalmi Yosef
Editeur
GALLIMARD
Largeur
143
Poids
294
Date de parution
19930423
Nombre de pages
276,00 €
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Zakhor, en hébreu, « souviens-toi! ». Cette injonction récurrente dans la Bible suffit à justifier la réputation du peuple juif d'être par excellence le peuple du souvenir, élu par un Dieu qui s'est historiquement révélé à lui comme « le Dieu de ses pères ». Mais alors, pourquoi l'histoire, récit des événements réellement advenus, ne joua-t-elle pour ainsi dire aucun rôle dans le judaïsme? Pourquoi les historiens ne furent-ils jamais les premiers dépositaires de la mémoire collective juive du passé, pourtant essentielle à travers les âges? Ce grand livre, par la vaste culture comparatiste de son auteur, s'adresse à celles et à ceux - Juifs ou non - qui s'interrogent sur l'histoire et la mémoire nationale ou collective, sur l'ambiguïté de leurs rapports. Une société de modernité ne réserve pas nécessairement à l'histoire la place essentielle qu'on lui croyait acquise."La mémoire a d'autres canaux. Telle est l'une des conclusions de ce remarquable essai d'intelligence de l'histoire."
De la Cour d'Espagne au ghetto italien, tel fut le singulier destin de Fernando Cardoso, médecin marrane et apologiste juif. Né en 1604 au Portugal, élevé en Espagne, Cardoso, grâce à de brillantes études, devint médecin à la Cour de Philippe IV. Intellectuel respecté, il connut les plus grands de son temps _ dont Lope de Vega _ qui le tinrent pour l'un des leurs. Comme nombre de descendants de Juifs convertis de force, Cardoso menait une existence ouvertement chrétienne et clandestinement juive. En 1648, au faîte de sa gloire, il quitte brusquement l'Espagne et se réfugie en Italie. A Venise d'abord, dans le ghetto de Vérone ensuite, où il finira ses jours, il professe publiquement le judaïsme. Signant désormais Isaac Cardoso, il publie l'un des plus beaux textes de l'apologétique juive : Las Excelencias de los Hebreos. A travers cette biographie peu commune, Yosef Hayim Yerushalmi a profondément renouvelé la vision du marranisme. Pour la première fois, l'histoire des Crypto-Juifs d'Espagne et du Portugal n'était plus saisie dans une seule dimension _ espagnole ou juive _ mais dans le contexte des structures sociales, de la culture et de l'antisémitisme chrétiens de la péninsule ibérique et d'un judaïsme alors bouleversé par des courants messianiques. Elle révélait les mille canaux par lesquels la culture juive irriguait l'identité du marranisme. Cette enquête historique modèle, pistant les hommes, traquant les faits ignorés ou refoulés, découvrant des archives inédites, mesurant la véritable ampleur d'un des phénomènes clés de l'histoire du judaïsme et de l'histoire hispano-portugaise, fait, depuis sa publication en langue anglaise, figure de classique. Yosef Hayim Yerushalmi est professeur à l'Université Columbia, où il occupe la chaire Salo Wittmayer Baron d'histoire, de culture et de société juives et où il dirige le Centre d'études juives et israéliennes. Membre de l'American Academy of Arts and Sciences, membre honoraire de l'Academia Portuguesa da História, il est notamment l'auteur de Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, dont la publication en langue française (1984) fut saluée comme un événement.
L'oubli est fondateur, autant que la mémoire, dont il n'est pas le contraire. Et les usages de l'oubli ne sont jamais neutres. Les textes réunis ici, après le colloque qui s'est tenu à Royaumont en 1987, en sont l'illustration. Dès la définition même du mot oubli apparaît la richesse et la diversité de ce qu'il recouvre. De quoi ou de qui peut-il être l'alibi? En quoi est-il indispensable, par exemple, à la constitution et à la continuité d'une communauté spirituelle? Pourquoi vivons-nous aujourd'hui encore sur un héritage politique qui fait une part centrale à l'oubli collectif et institutionnel à travers l'amnistie? Est-il paradoxal de considérer l'oubli comme inséparable de la transmission culturelle en philosophie comme en art? Quel usage les historiens, particulièrement dans l'époque contemporaine, font-ils de l'oubli, eux qui pensent avoir à faire plutôt avec la mémoire? Autant de questions qui, loin d'exclure la polémique, la ravivent d'un texte et d'une pensée à l'autre pour mieux enrichir cette réflexion sur les usages de l'oubli.
L'homme Moïse et la religion monothéiste occupe dans l'oeuvre de Freud une place particulière. Texte le plus contesté pour sa reconstruction des origines du judaïsme, du christianisme et de l'antisémitisme, il suscita les plus fortes hésitations chez son auteur même, qui balançait à le qualifier, était-ce un roman historique ou l'analyse appliquée à l'Histoire? voire, alors que triomphait le nazisme, à le publier. Il répondait pourtant chez Freud à la double et impérieuse nécessité d'obéir à l'injonction qui lui avait naguère été faite par son père de revenir à la Bible et d'expliquer pourquoi, bien qu'incroyant, il se sentait si juif. Concluant qu'un « caractère national » peut se transmettre « indépendamment d'une communication directe et de l'influence de l?éducation par l'exemple », Freud posait donc que la « judéité » se perpétuait « dans le sang et dans les nerfs » indépendamment du judaïsme, que la première était interminable quand le second pouvait être terminé. Mais la vraie conclusion à laquelle était parvenu Freud, s'interroge Yosef Hayim Yerushalmi, ne serait-elle pas plutôt que la psychanalyse, cette « affaire juive » dont parlait son fondateur, était le prolongement du judaïsme dépouillé de ses manifestations religieuses illusoires, bien que conservant ses caractéristiques monothéistes fondamentales? Somme toute, « juif sans Dieu », comme il aimait à se définir, Freud ne voyait-il pas dans la psychanalyse un judaïsme sans dieu?
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.