Le volume Science et tradition hermétique se compose de trois textes de Frances Yates encore inédits en français, qui portent sur un des sujets de prédilection de la grande historienne anglaise dont Allia publie par ailleurs les Fragments autobiographiques: le rôle joué par la tradition hermétique et la pensée magique dans l histoire des idées, en Europe, à la charnière de la Renaissance et du XVIIe siècle. On s imagine volontiers que l hermétisme a constitué un obstacle au développement de la pensée scientifique: contre cette idée reçue, Frances Yates montre que sur certains points essentiels, la tradition hermétique a au contraire amorcé le changement dans les mentalités qui a rendu possible l émergence de la science moderne. C est peut-être de la connaissance occulte du cosmos et des pouvoirs que le mage de la Renaissance prétendait détenir que dérive l ambition qui caractérise la science classique: connaître les secrets de la nature pour la maîtriser, doter l homme de moyens pour agir sur elle et pour la transformer. Et l intérêt nouveau porté alors aux mathématiques, envisagées comme la clé du réel, n est pas sans rapport avec la Cabale et les pouvoirs qu elle attribuait aux nombres... Le long essai qui ouvre le volume propose une synthèse lumineuse sur ces questions aussi complexes que passionnantes; il offre une sorte de condensé des idées que Frances Yates a développées dans son grand ouvrage Giordano Bruno et la tradition hermétique. Il est suivi de deux articles plus brefs, mais non moins stimulants, montrant que même deux grandes découvertes qui semblent emblématiques de la rationalité moderne, l héliocentrisme de Copernic et la physique de Newton, ont probablement été influencées dans une certaine mesure par la pensée hermétique. Biographie de l'auteur Frances A. Yates (1899-1981) a été l une des figures majeures de l histoire de l art et des idées au XXe siècle: avec Panofsky et Gombrich, elle a animé l Institut Warburg après son installation à Londres dans les années trente. Ses principaux ouvrages, à commencer par L Art de la mémoire, ont été traduits en français (Gallimard, Dervy, PUF, Belin).
Nombre de pages
86
Date de parution
20/03/2009
Poids
92g
Largeur
102mm
Plus d'informations
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EAN
9782844853097
Titre
Science et tradition hermétique
Auteur
Yates Frances
Editeur
ALLIA
Largeur
102
Poids
92
Date de parution
20090320
Nombre de pages
86,00 €
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Résumé : L'art de la mémoire inventé par les Grecs, transmis par Rome, est passé dans la tradition occidentale. Frances A. Yates l'étudie depuis l'Antiquité jusqu'à la forme occultiste qu'il prit à la Renaissance et au début du XVIIe siècle. L'histoire de l'organisation de la mémoire touche des points fondamentaux de l'histoire de la religion et de la morale, de la psychologie et de la philosophie, de l'art et de la littérature ainsi que de la méthode scientifique. Mais l'apport principal de cet ouvrage tient sans doute à ce qu'il jette les bases historiques et méthodologiques de ce que pourrait être une histoire de l'imagination dans le monde occidental.
Dans Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, recueil de poésies en prose publié en 1790, William Blake exprime sa méfiance vis-à-vis de la conception religieuse manichéenne de la vie. En Enfer, la sagesse des démons triomphe sur celle des anges. L'Ame et le Corps ne sont pas deux entités distinctes. Le poète proclame au contraire l'unité humaine, et un nouvel ordre moral dans lequel le vice et la vertu ne feraient qu'un. Mêlant prose et poésie, humour et cynisme, il en vient à écrire une véritable apologie du Mal, à l'encontre des opinions de son époque qui encensait la Raison. Moderne tant par ses idées que par son style hybride, William Blake se détache ici des conceptions religieuses pour proclamer une vision novatrice de la vie, pleine de lucidité.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".
Je me demande si je l'aime et je suis forcé de répondre : Non, je lui reproche de m'avoir châtré, c'est vraiment peu de chose, mais enfin... Et puis elle m'a mis au monde et je fais profession de haïr le monde. " Dans une langue à la beauté froide, Albert Caraco évoque la mort de sa mère. Vivant à l'écart de ses contemporains, celui dont la "vie entière est une école de la mort" préfère aux illusions de l'amour et de la procréation une "sainte indifférence". Quelques éclairs percent pourtant à travers ce texte aussi cruel que lucide. Les souvenirs heureux qui subsistent, le portrait pudique de la mère, le récit déchirant de son agonie. Dans cette méditation sur l'anéantissement, Caraco livre sa vision obsédante des mères et des fils, des femmes et des hommes, et de leur impossible rencontre.