Une institution sans condition. Brève histoire du Collège international de philosophie
Cassin Barbara ; Clarini Julie ; Gendreau-Massalou
EDITIONS MF
10,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782378040741
Publié à l'occasion du quarantième anniversaire du Collège International de Philosophie, ce livre en retrace pour la première fois son histoire afin de rendre compte des conditions historiques d'où procède cette institution paradoxale, en décrire les principales mutations et en indiquer la situation actuelle. Cette histoire est retracée par Julie Clarini sur la base de nombreux documents et d'entretiens inédits avec, en particulier, des textes, des fondateurs François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye, Dominique Lecourt, ou encore d'Alain Badiou et Vladimir Jankélévitch. Il est accompagné d'une préface de Barbara Cassin et Michèle Gendreau-Massaloux, qui sont également à l'origine du projet, ainsi que d'une postface du directeur actuel Alain Patrick Olivier évoquant le moment présent en rapport à l'avenir, au passé. Le Collège international de philosophie est né, il y a quarante ans, en 1983, pour répondre à une commande du Président de la République François Mitterrand et du ministre Jean-Pierre Chevènement. Ses missions sont définies dans le texte fondateur, dit Rapport Bleu. Sa fonction explicite est de développer la recherche philosophique dans un esprit d'ouverture, en dehors des systèmes cloisonnés ; de contribuer au rayonnement international de la philosophie ; de participer au développement des connaissances scientifiques comme des productions artistiques ; de réfléchir de façon critique sur les paradigmes scientifiques et d'assurer les transferts entre les sciences ; d'étendre l'étude de la philosophie au-delà de l'enseignement secondaire. Le Collège ignore les frontières, s'étend sur des terres inconnues, des domaines, ouvre un espace de liberté, trace des sillons pour reconfigurer le champ du pensable. Le Collège se forme dans un moment politique singulier de l'histoire intellectuelle française. Il répond à une demande de l'Etat, mais il répond également à d'autres aspirations venues, en particulier, du monde enseignant et du monde étudiant contestataire. Le texte de Julie Clarini sur l'histoire du Collège montre combien celui-ci procède de l'esprit de résistance, issu des mouvements de pensée, des mouvements des corps, des tentatives et désirs d'institutionnalisation, contre et dans l'université, après l'événement Mai 1968. Quarante ans après, rien n'est acquis, tout demeure à inventer semblablement aux premiers jours.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
168
Date de parution
07/03/2024
Poids
134g
Largeur
55mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782378040741
Titre
Une institution sans condition. Brève histoire du Collège international de philosophie
Auteur
Cassin Barbara ; Clarini Julie ; Gendreau-Massalou
Editeur
EDITIONS MF
Largeur
55
Poids
134
Date de parution
20240307
Nombre de pages
168,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
La sophistique hante la philosophie. Elle la met hors d'elle.Dès l'aube présocratique, les sophistes, ces «maîtres de la Grèce» dont parle Hegel, sont des professionnels du langage, monnayant leur art de persuader des juges, de retourner une assemblée, de former à la rhétorique et à la démocratie. Ils font ?uvre politique, quand la philosophie veut faire ?uvre de connaissance. Or, ce fait d'histoire, Platon, puis Aristote le transforment en effet de structure : campant à jamais le sophiste en mauvais autre du philosophe, le premier l'expulse hors de la vérité et de la philosophie, le second hors du sens et de l'humanité.Depuis lors, en Occident, de Kant à Heidegger et Apel, comme par le biais d'Arendt, de Perelman et de Lacan, la sophistique fonctionne en opérateur par excellence de délimitation de la philosophie. Deux conceptions du logos s'opposent : l'ontologie, pour laquelle il s'agit de dire, de penser, de démontrer ce qui est ; la logologie, dont les performances, produisant l'énonciation sous l'énoncé, le signifiant sous le signifié, obligent à entendre combien l'être n'est qu'un effet du dire.Prenant appui sur les textes sophistiques eux-mêmes qu'elle traduit ou retraduit, Barbara Cassin modifie la perception traditionnelle de l'Antiquité et, du coup, celle des rapports entre Antiquité et Modernité : elle restaure ce qu'il conviendra désormais d'appeler notre héritage sophistique.
Ce livre, délibérément multilingue, est un ouvrage de traduction et sur la traduction. Il poursuit le geste du Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles publié il y a dix ans, à présent réinventé en d'autres cultures. Il constitue un manifeste à la fois philosophique et politique pour la diversité des langues. La traduction, comme savoir-faire avec les différences, devient visiblement l'un des meilleurs paradigmes, sans doute aujourd'hui le plus fécond, pour les sciences humaines.
Avec le plus petit et le plus inapparent des corps : telle est la manière dont le sophiste Gorgias désigne l'opération du logos, du discours , qui est pour lui un grand tyran, capable d'agir sur les autres en les persuadant, et sur le monde en le fabriquant et le transformant. Barbara Cassin, philosophe et philologue, spécialiste de la Grèce ancienne, a choisi de mettre en récit un certain nombre de ces opérations de discours et d'en montrer les effets, constitutifs d'une vie. Cette série de courts textes dessine ainsi une ligne de vie, en ses points singuliers et pourtant généralisables. Une vie de femme, avec souci de soi et souci du monde, qui n'a d'autre consistance à son tour, réelle et fictive, que le récit qui en est fait. Cette oeuvre littéraire, une prose simple et violente, est le bord même de la philosophie. Elle se lit comme un roman ou comme un conte où l'érotisme a sa place, mais elle est construite pour bousculer les genres littéraires et les disciplines universitaires, plus inclassable encore qu'une femme-philosophe dans un monde encore et toujours platonicien.
Dans Poudreuse, invitation à suspendre le temps pour penser au-delà de nos positions, de nos générations et de nos traditions, la poésie fait surgir des ruines l'espoir d'un renouveau, d'une vitalité retrouvée et d'une communauté imprévisible qui ne demande qu'à être reconnue pour se manifester. Dans un rapport étroit à l'oralité, par la polyphonie de répliques qui pourraient converger en une seule et même voix, l'écriture piège les "solistes" du libéralisme. L'autrice débusque leurs mobiles, leurs manies, leurs tactiques, tandis que la neige - métaphore du système qui nous ensevelit ? -, à la manière du temps qui passe, imperturbable dans sa chute et implacable dans sa manière de recouvrir le réel, vient traverser cette "chronique imparfaite [de l'époque], à l'impératif hors mode, demandant au temps de l'écrire".
Xixi, une adolescente chinoise, vit dans un village de riziculteurs quand une longue période de sécheresse conduit le gouvernement à mener des opérations militaires de géo-ingénierie pour modifier le climat. Son existence va être bouleversée par une conjonction d'événements politiques, familiaux et climatiques. Dans ce poème composé en plusieurs mouvements, Xixi partage réflexions et visions face à la déliquescence du climat. Elle incarne les troubles et les désirs d'une jeune génération qui va devoir s'émanciper et penser les conditions écologiques du futur. Xixi est un poème composé en plusieurs mouvements, qui s'attache à développer des préoccupations actuelles du monde contemporain : place des non-humains, actions et rôles des humains quant à la biosphère, usages collectifs du vivant. La voix principale est celle d'une adolescente ; on suit l'émergence de cette singularité étrange et lucide, confrontée aux violences climatiques et humaines. Xixi s'interroge sur un monde en guerre où l'on cherche à contrôler le ciel et ensemencer les nuages, elle observe les vies minuscules que les humains oublient de protéger, elle est attentive aux relations qu'elle entretient avec l'environnement. Sa prise de conscience écologique s'affirme tout au long du poème, oscillant entre phases candides, incisives, méditatives et oniriques. Sans céder au catastrophisme, Xixi ouvre des imaginaires positifs, dessine un horizon utopique où explorer de nouveaux possibles.
Résumé : Veules-les-Roses est d'abord et avant tout un texte joyeux et drôle. Ce qui n'est pas si courant dans le monde de la poésie contemporaine. Mais il n'est pas que cela. Il est aussi une promenade, ou plutôt une déambulation au milieu du territoire rural : l'histoire de personnes qui entendent visiter Veules-les-Roses sans jamais y parvenir. Ils n'y vont pas mais consultent les cartes, égrènent les noms, évoquent les morts, racontent des histoires, bref peuples ce territoire d'images, de récits, de projets qui sont autant de couches que la poésie ajoute à ce qui, au départ, n'était qu'une simple visite touristique. Une augmentation réjouissante et profonde du territoire. Conçu pour être lu et mis en scène, le texte devient ici un livre sans rien perdre de sa verve folle et de son rythme ultra syncopé.
Deux poètes et performeurs poétiques s'attaquent au développement personnel. L'enjeu est moins la critique du genre en tant que tel que de l'idéologie qu'il dissimule : l'injonction au bien-être. Et il ne s'agit pas de théoriser mais de s'exercer. Ou plutôt de pratiquer des contre-exercices dans le but de se non-développer ou de s'anti-développer ; voire de s'oublier comme personne, de quitter radicalement la perspective du personnel, de sortir de soi. Comment ? Par la poésie. En détournant, jouant, décalant, délirant, etc. , autrement dit en travaillant de l'intérieur les expressions toutes faites, les phrases déjà écrites, la rhétorique quelque fois subtile de la psychologie positive. La poésie comme arme d'une guérilla psychique qui vient au secours de ceux qui ne veulent pas être meilleurs et plus heureux. C'est ce que proposent David Christoffel et Maël Guesdon dans leur livre bien nommé : Le Bien-être par la poésie, sous-titré Manuel de contre-culture psychique. Ou comment (re)faire de la poésie une pratique. En détournant les manuels de développement personnel, c'est bien un contre-manuel qu'ils ont écrit. Une autre manière de faire aujourd'hui de la poésie, en redonnant au genre une puissance d'action sur ses lecteurs dont on ne l'imaginait plus capable. Pensé sous la forme d'une suite d'exercices psychiques et poétiques, ce manuel d'un nouveau genre fera du lecteur le praticien d'une nouvelle discipline : la poésie appliquée ou l'art d'oublier ses problèmes en expérimentant sur soi et la langue et sur soi par la langue. C'est aussi, enfin, un livre où l'on apprend beaucoup dans la mesure où il entreprend à sa manière une véritable archéologie du discours mélioratif du XIXe siècle à nos jours.