Dans l'histoire de l'humanité, une étape importante a été franchie avec l'émergence des langues de culture. Celles-ci se distinguent aussi bien des parlers locaux, qui évoquent un monde clos, que des langues de service, utilisées pour traiter d'une réalité posée d'emblée comme globale, par leur capacité illimitée d'enrichissement expressif, combinant l'élan de différenciation interne avec le souci d'intégration des influences externes. Elles acquièrent ainsi une dimension à la fois particulière et universelle. En tant que totalités individuelles, elles ont été un puissant vecteur de développement des consciences nationales. C'est sur cette base que se sont constitués, notamment en Europe, les différents systèmes d'éducation modernes. Or la convergence des projets éducatifs européens repose, paradoxalement, sur la divergence des évolutions historiques dont ils sont issus. Enracinés dans des langues de culture formées les unes au contact des autres, grâce au rapport différencié qu'elles entretiennent avec l'héritage des langues anciennes (le grec, le latin, mais aussi l'hébreu), ils visent, chacun, une figure singulière de l'universel. Inutile donc - et même dangereux - de vouloir les unifier au moyen d'un langage purement fonctionnel, fût-ce un code scientifique ou, plus banalement, une langue de service. Ce livre se présente comme une analyse programmatique des conditions requises pour mettre en oeuvre un véritable tronc commun d'éducation européenne Respectueux des langues de culture qui sous-tendent le dialogue des individus et des sociétés, il fait de la culture des langues le principe d'initiation à toute forme de connaissance partagée et d'intégration réussie. Biographie de l'auteur Pierre Judet de La Combe, né en 1949, est helléniste. Après avoir, à Gille, dirigé le Centre de Recherche Philologique fondé par Jean Bollack et créé l'équipe "Savoirs et Textes", il est aujourd'hui Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), où son enseignement porte sur la poésie grecque et sur l'histoire de l'herméneutique littéraire ancienne et moderne. Il a publié récemment un commentaire de l'Agamemnon d'Eschyle et participé, comme traducteur, à plusieurs productions théâtrales (Prométhée, Les Perses, Médée, Agamemnon). Heinz Wismann, né en 1935 à Berlin, philosophe et philologue, est spécialiste d'herméneutique et d'histoire des traditions savantes. Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris) et ancien directeur de l'Institut protestant de recherches interdisciplinaires de Heidelberg il a travaillé principalement sur la pensée antique (Parménide, Héraclite, Démocrite, Platon), la postérité du criticisme kantien (Humboldt, Schleiermacher Dilthey, Cassirer, Benjamin) et sur la théorie de la connaissance historique.
Nombre de pages
242
Date de parution
09/09/2004
Poids
276g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782204076029
Titre
L'avenir des langues. Repenser les humanités
Auteur
Wismann Heinz ; Judet de La Combe Pierre
Editeur
CERF
Largeur
135
Poids
276
Date de parution
20040909
Nombre de pages
242,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Présentation de l'éditeur "Tous les hommes vastes et profonds de ce siècle aspirèrent au fond, dans le secret travail de leur âme, à préparer cette synthèse nouvelle et voulurent incarner, par anticipation, l'Européen de l'avenir", écrit Nietzsche en 18 85. C'est à cette tâche qu'Heinz Vismann s'est consacré en interrogeant les traditions intellectuelles qui, dans leurs différences et leurs contradictions, constituent la culture philosophique et scientifique contemporaine. Depuis plus de trente ans, dans ses différentes fonctions - enseignement, édition, conseiller au ministère de la Recherche, etc. -, Wismaumi a joué en France un rôle décisif dans la vie culturelle et intellectuelle, où il s'est attaché à transmettre et à reconstruire des traditions à l'époque oubliées : les présocratiques (1 léraclite), l'idéalisme allemand (Cassirer, Benjamin), etc. I :intérét de son parcours intellectuel est indissociable de sa fréquentation de tous les milieux culturels, savants, politiques, tant français qu'européens. Ce livre écrit connue mie conversation, s'appuyant sur le récit d'une vie, tait de digressions opportunistes, de répétitions, de fulgurances et de ruptures, plaide tout entier pour une pensée jamais arrêtée, jamais cantonnée dans une limite.. la fois livre de philosophie et témoignage, on retrouve dans ces pages si généreusement disparates toute la rigueur et l'exigence morale d'un grand humaniste. D'Homère à Nietzsche, de Platon à Kant, de la philologie à la musique, de la langue au texte, c'est ce tissage de la pensée qui Heinz Wismauur évoque avec un savoir et un talent exceptionnels.
Démocrite n'est pas un matérialiste au sens ordinaire; ses atomes ne sont pas des corps - les trois études ici réunies offrent leurs éclairages croisés pour réfuter l'idée reçue, depuis plus de deux mille ans. Et la tradition ainsi forgée perdure aujourd'hui encore, aveugle au fait que les atomistes - Démocrite et Leucippe - n'avaient nullement en tête des corpuscules ou des molécules préfigurant Dalton et l'atomisme du XIXe siècle. La théorie platonicienne des idées a d'emblée refusé la concurrence insupportable avec l'identification des atomes à des «idées» - d'où l'impressionnant silence de Platon à l'égard de Démocrite. Plus visiblement polémique, Aristote a ensuite systématiquement retraduit les concepts démocritéens en les privant tous de leur sens dynamique: cette retraduction est allée de pair avec une interprétation qui voulait faire de Démocrite un adversaire aisément réfutable. Or, malgré l'état déficient des sources - aucun ouvrage de Démocrite ne nous est parvenu -, l'auteur mène une enquête extrêmement précise, à la fois philologique et philosophique, et parvient à reconstituer ce que la réception a voulu étouffer ou fausser à travers les citations dont elle usait. Au terme de sa lecture insistante, l'auteur révèle l'atomisme antique sous un jour très différent, mais d'autant plus proche de nos spéculations contemporaines.Heinz Wismann, philologue et philosophe, est spécialiste d'herméneutique et d'histoire des traditions savantes. Directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences sociales, il a travaillé principalement sur la pensée antique (Parménide, Héraclite, Démocrite, Platon), la postérité du criticisme kantien (Humboldt, Schleiermacher Dilthey, Cassirer, Benjamin) et sur la théorie de la connaissance historique. Il a été directeur de la collection «Passages» aux Éditions du Cerf de 1986 à 2007.
Les quarante-neuf contributions que réunit ce volume (actes d'un colloque international tenu à Paris en 1983) font le point sur l'état des études benjaminiennes et surtout prennent la véritable mesure d'une oeuvre complexe, à un moment où le déclin des querelles idéologiques s'accompagne en France d'un regain d'intérêt pour celle-ci.
Heinz Wismann aime la philosophie et la musique, la philologie et le football, Héraclite et Kant, la France et l'Allemagne, et il n'aime rien tant que penser, non pas seulement en français ou en allemand, en grec ou en latin, mais bien entre les langues, entre les lignes. C'est là qu'il évolue, en funambule, et fait de la capacité de se tenir à l'écart de soi un art de vivre et de penser, librement, loin de tous les schémas imposés. Dans les pas d'un penseur et passeur hors du commun qui a su, en cinquante ans de pérégrination à travers l'Europe, transmettre et reconstruire différentes traditions oubliées - des philosophes présocratiques à la philosophie allemande - pour mieux décrypter le rapport au monde des grandes nations occidentales, ce livre rassemble une oeuvre considérable, inclassable, plurielle, qui explique que Heinz Wismann occupe aujourd'hui une place de tout premier plan dans le monde de la philosophie et de la pensée contemporaines.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...