... suspendu aussi longtemps que cette prose résistera ou parera à la chute inéluctable, attendant et espérant que tout en bas rentre dans un ordre acceptable, dans quelque disposition convenable ou respectable, attendant que les mots ainsi que les jambes s'arrangent mieux que l'arbitraire des vers latins afin de recevoir cette descente, cette catastrophe, c'est moi qui flotte dans l'air des centimètres ou bien des lieues au-dessus de lui, machine orbitale et rudimentaire volant stratosphériquement autour d'un père qui ne pouvait plus jamais s'échapper de son propre corps et de son attache mécanique mais qui veut que je descende avec toute la certitude d'un substitut fiable, la sensation atterrissant là et au moment où il sait s'y préparer, il me lance à la façon du chasseur parti bien loin au galop au galop au galop, il me fait battre l'air tout dactylique et immatériel avant de retomber doucement sur lui, mes petites jambes qui n'atteignent qu'à ses genoux, je sens la chaleur de l'un et j'apprends, moi aussi, à aimer l'acier froid de l'autre, le choc métallique de la prothèse qui est là au premier abord et jusque dans un lointain avenir inénarrable de mon histoire." (Prothèse 1). Les cinq textes publiés dans ce volume forment le deuxième et dernier volet d'un cycle d'essais où des questions discursives et mécanico-technologiques, celles de l'artificialité et de l'articulation, se posent rigoureusement en écho, à la fois à travers une série d'analyses (Derrida, Greenaway, Roussel, une conjonction philologique et chirurgicale du XVIe siècle) et dans le récit récurrent d'un père unijambiste.
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Nombre de pages
260
Date de parution
21/10/1998
Poids
429g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782718605050
Titre
PROTHESE. Tome 2, Paris 1976, Genève 1978
Auteur
Wills David
Editeur
GALILEE
Largeur
151
Poids
429
Date de parution
19981021
Nombre de pages
260,00 €
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Des fantômes hantent ces pages, les fantômes de témoins disparus. Leur passage est annoncé par un propos du poète Paul Celan : "Nul ne témoigne pour le témoin". C'est à partir de ces vers que Jacques Derrida demande ce que "témoigner" veut dire dans un séminaire de l'année 1992-1993. Poursuivant la problématique ouverte l'année précédente ayant pour motif l'affaire du "secret", le philosophe questionne ici l'expérience de ce qui est pour lui l'acte le plus quotidien des êtres parlants - car "chaque fois que je parle je témoigne dans la mesure où tout énoncé implique "je te dis la vérité, je te dis ce que je pense, je témoigne devant toi"". Témoigner devant un tribunal ne serait donc qu'un cas particulier de ce principe de fiabilité ou de crédibilité, d'engagement envers l'autre fondé sur la foi en l'autre, sur la structure du serment, que le nom de Dieu soit prononcé ou non, que cela ait lieu dans une situation judiciaire ou dans un engagement passionnel, voire une banale conversation. Le principe sera testé dans des circonstances diverses qui vont du grand paradigme qu'est la Shoah (représenté tant par la poésie de Celan que par le film de Claude Lanzmann) au procès de Rodney King (qui avait lieu à Los Angeles à l'époque), de l'énoncé "je t'aime" à des discussions sur Descartes, Husserl, Heidegger et Blanchot. Au coeur de ces recherches se trouvent la distinction entre témoigner et prouver, la possibilité "nécessaire" du parjure, et le dilemme d'un moment unique que le témoin doit éprouver puis répéter en le racontant, dilemme retrouvé dans le témoignage vidéo et d'autres médiations modernes qui ne cessent de démontrer la contemporanéité et la pérennité des enjeux abondants du volume.
Marilyn est sans doute l'une des icônes les plus admirées et les plus influentes du XXe siècle - titre de gloire qu'elle ne partage qu'avec Audrey Hepburn - sur le plan de la mode et du style qu'elle a essentiellement contribué à libérer. Malgré la sophistication de son apparence, il y a en elle quelque chose d'informel - comme si elle venait juste de sortir du lit et d'enfiler une robe - qui s'oppose à la rigidité des années 1940. Ce peut être une boucle de cheveux qui roule au-dessus des yeux, une bretelle qui glisse de l'épaule, ou encore, l'absence de tout bas et sous-vêtements - rien ne semble prémédité même si, bien sûr, tout l'est. Quelques années plus tard, Brigitte Bardot portera cette nonchalance un peu plus loin. Toutefois, c'est Marilyn qui propulsera la société vers l'ère de la libération sexuelle" - David Wills.
Comment écrire une prothèse ? Une prothèse, une "prothèse", une Prothèse ? Non seulement écrire sur la prothèse, sur les questions philosophiques, littéraires, et autres qu'elle soulève, mais écrire en même temps sur le vif ? Ecrire (sur le vif de) la prothèse ? Un texte-prothèse ? Un corpus scriptural quelconque aurait du mal à le supporter, à venir à bout des multiples divisions et articulations que cela engendrerait. Surtout si l'idée de la prothèse sous son aspect le plus général — concept, thème, histoire — se trouvait hantée par le retour syncopé d'un membre artificiel particulier, voire familier, la jambe de bois du père. Cela reviendrait à créer une monstruosité rhétorique à l'égal de la machine de fer portée par la chair humaine, d'une mutation cybernétique, ou de la douleur fantôme dont les spasmes ponctuent une cuisse endeuillée tout au long d'une vie. Prothèse génère, à travers une série d'analyses (un vers de Virgile, un tableau, des romans de science-fiction, la théorie freudienne), un texte dont le modèle de fonctionnement est cette jambe de bois, la conjonction et l'articulation de deux langues, l'érudite et l'idiolecte, afin de poser une série de questions sur la priorité supposée de l'une sur l'autre, ou de la facticité supposée de l'une par rapport à l'autre, essayant chaque fois de traiter de l'étrange familiarité qui habite le corps prothétique dans toutes ses formes, à commencer par celle que constitue la pratique de l'écriture.
Dès les années 1950, Audrey Hepburn a su séduire le public grâce à sa personnalité atypique dans le monde du cinéma - un air enfantin, un regard de biche, et une allure merveilleusement quotidienne. Dans les années 1960, elle se mua en icône sophistiquée et instigatrice de tendances, à la carrière d'actrice, de mannequin et de star inégalée, avant d'endosser le rôle de marraine des enfants défavorisés. Conservateur et ardent défenseur de la photographie, David Wills a réuni l'une des plus grandes collections privées de photographies d'Audrey Hepburn dans le monde. Dans Audrey: les années 60, il rassemble les oeuvres exceptionnelles des photographes fétiches de la star - Richard Avedon, Bert Stem, Cecil Beaton, Douglas Kirkland, William Klein, Terry O'Neill, Howell Conant, Bob Willoughby, Pierluigi Pratulon, Bud Fraker et tant d'autres - pour livrer une galerie époustouflante qui rend hommage à l'icône la plus adulée et la plus éternelle de cette décennie de tous les changements. Au coeur de cet ouvrage: Des images rares et classiques restaurées à partir de leurs pellicules et négatifs d'origine. Des clichés promotionnels et des instantanés inédits issus des tournages de Diamants sur canapé, Charade, My Fair Lady, Comment séduire un millionnaire et Voyage à deux. Des extraits inconnus et des photos rarement vues des sessions mode de Vogue, pour certaines jamais republiées depuis leur tirage d'origine. Des portraits secrets par Bert Stem, Cecil Beaton, Douglas Kirkland, William Klein, Howell Conant, Bob Willoughby, Pierluigi Pratulon et bien d'autres. Conjuguant plus de deux cents photos historiques avec des citations d'amis, de photographes, de stylistes,de collaborateurs, et d'Audrey elle-même, Audrey: les années 60 évoque de manière inoubliable la beauté intemporellede l'actrice et son style toujours admiré.