Aujourd'hui, il est à nouveau question de l'éthique. Il y aurait urgence, dit-on. Mais, si l'attente du monde moderne à l'endroit de la pensée éthique est sans précédent, Bernard Williams doute que les idées de rationalité que nourrit la philosophie morale contemporaine puissent y répondre. L'idéal éthique de la modernité marque, en effet, les limites mêmes de la philosophie : il est nécessairement général et abstrait - il légifère indistinctement pour chacun et en toute situation -, rationnel et réfléchi - il pense la vie au-delà de ses occasions effectives et particulières en des termes explicitement énonçables et communicables à autrui. Or, montre Bernard Williams, il y a une objectivité possible de l'éthique, fondée sur la vie sociale, enracinée dans les convictions et les pratiques partagées de la communauté à l'intérieur de laquelle chacun trouve les termes de son expérience éthique. La question de Socrate : "Comment doit-on vivre ? ", au commencement de l'éthique, devient aujourd'hui celle de l'individualisme dans un monde que l'individu n'a pas créé et que sa Raison ne comprend et ne contrôle pas totalement. L'interrogation de la pensée éthique se déplace d'une réflexion sur ses fondements philosophiques à une réflexion sur le rapport que l'individu éthique entretient avec la société à laquelle il appartient, une société qui non seulement fournit la situation dans laquelle il vivra la réponse apportée à la question de Socrate, mais qui en outre l'a instruit dans la culture qui le dispose à donner à la question un type de réponse plutôt qu'un autre. Cette réflexion sur l'éthique est aux antipodes des courants dominants - le fondamentalisme d'Aristote ou de Kant, l'utilitarisme, les théories morales contemporaines. Sera-t-elle entendue ?
Nombre de pages
243
Date de parution
22/11/1990
Poids
285g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070721344
Titre
L'éthique et les limites de la philosophie
Auteur
Williams Bernard ; Lescourret Marie-Anne
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
285
Date de parution
19901122
Nombre de pages
243,00 €
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Philosophe parmi les plus influents de sa génération dans les pays anglo-saxons, Bernard Williams fut aussi un mélomane passionné, auteur d'articles, d'essais et de conférences qui, pour n'être pas de son champ de spécialisation, ne s'en distinguent pas moins par la justesse de leur approche et l'acuité de leurs aperçus. Il s'y attache autant à décrire les conditions historiques des oeuvres qu'à apprécier leur portée philosophique et leur organisation thématique. Articulés autour d'un ensemble de réflexions sur les opéras de Mozart et de Wagner, ces essais s'intéressent aussi aux oeuvres de Verdi et Puccini, à Richard Strauss, Debussy, Janacek et Michael Tippett. Deux aspects de la création musicale sont d'une importance fondamentale pour Bernard Williams: d'une part, les exigences de la composition, de la représentation et de la mise en scène d'opéra, de l'autre, la puissance et l'immédiateté de sa prégnance émotionnelle, la capacité de la musique à toucher d'un même mouvement le coeur et l'intellect, données essentielles pour une forme esthétique qui tend, par son projet même, et hors de toute référence ponctuelle à Wagner, vers l'ouvre d'art totale. Biographie de l'auteur Bernard Williams, mort en 2003, a été titulaire des chaires de philosophie à l'université de Cambridge et à l'université de Californie à Berkeley, ainsi que de la chaire de philosophie morale à Oxford. Il a également été membre du conseil d'administration de l'English National Opera.
Sciences exactes et sciences humaines sont, de nos jours, traversées par des conflits de vérité. Les uns, affichant leur attachement à la véracité, veulent crever les apparences pour atteindre les constructions et les motivations réelles qui se cachent derrière elles. Ainsi, l'ambition des sciences physiques de dévoiler la vérité serait infondée, eu égard aux forces de la société qui contrôleraient leurs activités: la sociologie de la connaissance serait mieux placée pour dire la vérité de la science que la science ne l'est pour dire la vérité du monde. A côté de cette exigence de véracité, il existe une défiance tout aussi généralisée à l'égard de la vérité: celle-ci existe-t-elle ou n'est-elle que relative, subjective? Le soupçon se porte alors particulièrement sur l'histoire: des récits, longtemps présentés comme exprimant la vérité du passé, sont dénoncés comme tendancieux, idéologiques, voire apologétiques. Mais les tentatives faites pour remplacer ces distorsions par "la vérité" se heurtent à leur tour aux mêmes objections. Car toute attaque contre quelque forme spécifique de vérité, historique ou autre, s'appuie sur des propositions qui demandent elles-mêmes à être considérées comme vraies. Les notions de vérité et de véracité peuvent-elles être refondées solidement afin que notre manière de comprendre la vérité, et les chances que nous aurions de l'atteindre, puisse répondre à notre besoin de véracité? Bernard Williams, qui voit là un problème fondamental de la philosophie d'aujourd'hui, nous aide à sortir de ces dilemmes devenus impasses. Pour cela, il raconte une généalogie - celle qui aurait poussé l'humanité, dès ses premières formes d'organisation sociale, et jusqu'aux démocraties contemporaines, à donner consistance à deux grandes notions: l'exactitude et la sincérité. Ce livre n'a rien d'un traité dogmatique. Disciple de Socrate plus que de Kant, Williams, à l'heure où chacun voit le midi de la Vérité à la petite porte de sa communauté d'appartenance, nous invite à partager une vie commune. Car, cette fois encore, le philosophe tient que la seule question qui vaille n'est pas "Que dois-je faire?" mais "Comment vivre?".
Le dos de Marion Brando et la chemise de Baby Doll ont nourri les fantasmes de tant de cinéphiles qu'on en vient à oublier que Tennessee Williams est avant tout un grand écrivain américain trop négligé en France: ses nouvelles sont des chefs-d'?uvre de baroque, de tendresse et d'ambiguïté; des personnages qu'aurait pu dessiner Norman Rockwell y trouvent une fin délicieuse dans les cinémas mal famés et tous les clichés du Sud y sont pulvérisés avec une minutieuse et prodigieuse perversité.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.